La sécurité des personnes embarquées : de la balise à l'éclairage

Dimanche 23 juin 2019 à 6h35

Sur le marché, on trouve des balises EPIRB (obligatoires en navigation hauturière au-delà de 60 milles), mais qu’en est-il de la protection individuelle des équipiers ? Le choix est important, cela va des balises aux systèmes d’éclairages individuels mais, attention, tous n’ont pas leur place à bord.

Point primordial : on ne s'équipe pas pour répondre à une législation mais pour être secouru en cas de problème. ©P. Contin / Navicom
Sur le marché, on trouve des balises EPIRB (obligatoires en navigation hauturière au-delà de 60 milles), mais qu’en est-il de la protection individuelle des équipiers ? Le choix est important, cela va des balises aux systèmes d’éclairages individuels mais, attention, tous n’ont pas leur place à bord.

Pourquoi s’équiper d’un système individuel de détresse ?

Lorsqu’un équipier tombe à la mer, il faut le localiser rapidement et le temps pour le récupérer est très court. Un bateau moteur faisant route à 20 nœuds parcourt 617 m à la minute, un voilier à 8 nœuds 247 m. Si la personne tombée à l’eau est équipée d’un système automatique qui se déclenche dès la chute, le temps de réaction de l’équipage peut être rapide. Si, en plus, on connaît la position de l’homme à la mer cela ne peut que faciliter le repérage. En solitaire, le problème est différent, il n’y a personne à bord pour recevoir la détresse. Dans ce cas, il faut se tourner vers des balises dont le signal peut être reçu par des services de secours ou d’autres navires.

Le marché de la sécurité du plus simple au plus complexe

Du feu à retournement, de l’éclairage individuel, du bracelet connecté, aux balises AIS, en passant par les balises satellites PLB, le choix est important. Mais un point est primordial, on ne s’équipe pas pour répondre à une législation mais pour être secouru en cas de problèmes. Sur le marché, y compris dans le catalogue des accastilleurs, sont proposés des produits dits de sécurité qui ne devraient pas être présents, mais, aux yeux des autorités, ils sont conformes.

Les feux à retournement et à déclenchement automatique

Les feux à retournement standards équipés de piles, bien que conformes, sont peu fiables. Les raisons, s’ils ne sont pas fixés verticalement ou s’ils bougent, ils s’allument périodiquement et déchargent les piles, de plus, ils présentent bien souvent des problèmes de contacts. Pour éviter ces inconvénients, préférez les feux à retournement magnétiques. Ils sont étanches, peuvent être placés dans n’importe quelle position et sont alimentés par une pile au lithium garantie 5 ans. L’autonomie est donnée pour plus de 10 heures en mode flash (approuvé SOLAS). Quant au prix, comptez 13 euros pour un feu standard pour lequel on doit changer les piles au minimum tous les ans et 27 euros pour un étanche magnétique garantie 5 ans.

Pour les éclairages individuels (obligatoires mais sans obligation de norme), il en est de même. Les lampes frontales et les torches dites étanches et proposées pour quelques euros n’ont pas leur place à bord. Il existe des lampes frontales étanches à l’immersion (IP67) à partir de 25 euros et des éclairages individuels (étanches à l’immersion) y compris pour les sports de glisse et la plongée proposés entre 15 et 30 euros. Pour les gilets, on trouve le Flashlight (approuvé SOLAS), équipé d’une lumière clignotante avec déclenchement manuel ou au contact de l’eau (prix 29 euros).

Bracelet individuel et coupe-circuit sans fil

La SNSM propose à la vente un nouveau système baptisé DIAL (Dispositif Individuel d'Alerte et de Localisation), constitué d'une balise GPS étanche insérée dans un bracelet en silicone. Le DIAL permet aux pratiquants d'activités nautiques d'alerter les secours et d'être localisés en temps réel. Il émet une position GPS en continue via le réseau GSM, grâce à une carte SIM multi-opérateurs insérée dans la balise, utilisable dans 36 pays en Europe. Le fonctionnement est optimal sur une portée jusqu’à 10 milles nautiques et le DIAL est étanche jusqu'à 10 mètres de profondeur (mais non adapté à la pratique de la plongée). En cas d’urgence, le plaisancier peut transmettre des alertes géolocalisées par simple pression sur un bouton ou en cas de franchissement d’un périmètre prédéfini par l’utilisateur. Rechargeable sans fil, le DIAL offre une autonomie de 12 heures maximum de couverture réseau, en mode normal avec remontée de données toutes les minutes. Ce système fonctionne avec une application smartphone liant l’utilisateur et un (ou plusieurs) référent(s) à terre permettant de consulter la position et l’historique de cheminement de la balise. Lorsque l’alerte est déclenchée par le porteur de DIAL, elle est réceptionnée sur l’application. Le référent à terre peut prévenir les secours. Les numéros d‘urgence sont préenregistrés dans l’application smartphone afin de contacter les services adaptés sans perdre de temps Si le porteur de DIAL est en mer, l’appel du numéro d’urgence 196 par le référent à terre déclenche l’envoi automatique d’un email sur la messagerie du CROSS. Un lien hypertexte permet au chef de quart du CROSS de géo-localiser immédiatement la balise en alerte et de suivre ses évolutions en mer. Prix : 119 euros.

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Le DIAL permet aux pratiquants d'activités nautiques d'alerter les secours et d'être localisés en temps réel.© SNSM

Le coupe-circuit moteur standard, fil relié entre un contact sur le moteur et le poignet du pilote, est efficace mais a ses limites. Le système MOB sans fil laisse plus de liberté à bord. Il est constitué d’un commutateur (xHUB) relié au démarreur ou au coupe-circuit existant sur le moteur hors-bord et d’un capteur sans fil (xFOB) intégré dans un tour du cou, un bracelet ou un clip gilet porté par le pilote. Lorsque le xFOB est éloigné de plus de 10 mètres (ou immergé), le moteur se coupe. Le coupe-circuit MOB peut être complété par un Multi-FOB qui peut être relié à quatre capteurs en même temps. Celui du pilote reste le maître et stoppe le moteur. Les trois autres sont des alarmes. Si un passager tombe à l’eau, une alarme (lumineuse et sonore) retentit. (Prix MOB + Multi FOB 229 euros). 

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Lorsque le xFOB est éloigné de plus de 10 mètres (ou immergé), le moteur se coupe.© Fell Marine

Les balises individuelles

Les deux balises les plus courantes sont les balise AIS et les PLB (Personal Location Beacon) travaillant sur le réseau satellitaire Sarsat Cospas. La balise AIS a ses limites. En cas de déclenchement, seuls les bateaux (dans un rayon de 5 à 10 milles) et les stations de secours équipés d’un récepteur ou d’un transpondeur AIS reçoivent le signal (position, distance). Ces balises sont compactes, étanches et peuvent se fixer sur un gilet de sauvetage. Prix à partir de 199 euros.

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Balise individuelle AIS SmartFind S10, 319 euros.© Mc Murdo

Aves les PLB Sarsat, on a une portée illimitée via les satellites Sarsat Cospas. Elles travaillent comme les modèles fixes, en donnant en permanence la position. Une balise fixe (obligatoire à plus de 60 milles d’un abri) est codée au nom du bateau avec son numéro d’identification (MMSI), une portable est codée d’après un numéro de série. Sont également disponibles des modèles (FastFind 220) où vous devez signaler (départ et destination) sur le site du CNES. A partir de là, la balise transmettra votre identifiant personnel et votre position GPS au système mondial de détresse (Sarsat Cospas). En cas de problèmes, les sauveteurs seront informés de l’évolution de votre position. Il n’y a pas de frais d’abonnement ni de communication. (Prix 319 euros).

Notre avis

Les gadgets n’ont pas leur place dans le domaine de la sécurité. Prenez des équipements fiables et étanches. Les balises AIS sont un plus pour la sécurité. En navigation avec équipage en plus de la position sur le récepteur (ou transmetteur AIS) des alarmes (sonores et visuelles) retentiront. En solitaire, les bateaux sur zone (5 à 10 milles) possédant un AIS seront informés.

Les PLB Sarsat ont une couverture mondiale. Si vous êtes amené à naviguer comme équipier (ou en location) sur différents bateaux, c’est la solution. Le modèle FastFind 220 est plutô t réservé pour une croisière ou une traversée planifiée (départ/arrivée). Il peut également être utilisé en randonnée, en montagne, pour le trek, etc.

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.