Energy Observer a rejoint le Spitzberg en Arctique, une première mondiale !

Lundi 19 août 2019 à 14h51

Après 5700 km parcourus depuis Saint-Pétersbourg dans des conditions climatiques défavorables et en autonomie énergétique totale, Energy Observer est arrivé samedi 10 août aux îles du Spitzberg à 78° de latitude nord dans l’archipel du Svalbard (Norvège) considéré par la communauté scientifique comme l’épicentre, le "Ground Zero", du changement climatique. Pour l’équipage d’Energy Observer, cette escale est sans doute la plus symbolique de son Odyssée en Europe du Nord.

Rallier l'Arctique en totale autonomie énergétique, sans émissions de CO2, sans particules fines et sans pollution sonore : mission accomplie pour Energy Observer ! ©Energy Observer - Amélie Conty
Après 5700 km parcourus depuis Saint-Pétersbourg dans des conditions climatiques défavorables et en autonomie énergétique totale, Energy Observer est arrivé samedi 10 août aux îles du Spitzberg à 78° de latitude nord dans l’archipel du Svalbard (Norvège) considéré par la communauté scientifique comme l’épicentre, le "Ground Zero", du changement climatique. Pour l’équipage d’Energy Observer, cette escale est sans doute la plus symbolique de son Odyssée en Europe du Nord.

Prouver qu’il est possible de naviguer en totale autonomie, dans des conditions extrêmes en puisant son énergie dans la nature et sans aucun impact écologique

Depuis le début de l’aventure, l’équipe Energy Observer avait rêvé de relever ce challenge : rallier l’Arctique en totale autonomie énergétique, sans émissions de CO2, sans particules fines et sans pollution sonore qui puisse perturber les écosystèmes, en harmonie complète avec la nature. Ils l’ont fait ! L’équipage composé de marins, d’ingénieurs et de reporters embarqués peut être fier du chemin parcouru depuis avril 2017 et de cette nouvelle étape !

Rejoindre cette zone qui subit de plein fouet les conséquences du changement climatique uniquement grâce aux énergies renouvelables et à l'hydrogène décarboné constitue un symbole fort : il est aujourd’hui possible de développer une mobilité respectueuse de l’environnement, et ce même dans des conditions météorologiques extrêmes.

Victorien Erussard, Capitaine d’Energy Observer : « Nous avons navigué jusqu’au Spitzberg depuis la Russie en autonomie énergétique totale et démontré que notre mix énergétique constitue le futur non seulement du transport maritime, mais préfigure les nouveaux réseaux énergétiques développés à terre. De plus, dans une région si éloignée et pourtant profondément impactée par le changement climatique, c’est un symbole fort d'arriver avec ce navire sans aucun moteur thermique, sans utilisation de diesel contrairement à tous les autres navires, voiliers compris. Il est urgent d’agir sur tous les fronts ! On ne peut plus attendre, les prochains mois vont être cruciaux. Nous voulons vraiment montrer que nos ressources ne sont pas illimitées et qu’il faut coopérer avec la nature intelligemment comme on le fait avec notre bateau : on produit ce que l’on consomme, on va à la vitesse que les ENR nous permettent d’atteindre ! »

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« Nous avons navigué jusqu'au Spitzberg depuis la Russie en autonomie énergétique totale et démontré que notre mix énergétique constitue le futur...»© Energy Observer - Amélie Conty

Le Spitzberg, épicentre du changement climatique : un symbole fort pour une prise de conscience collective

En moins de 20 ans, l’Arctique a perdu 1,6 million de kilomètres carrés de glace. Cette fonte des glaces qui s’accélère a des conséquences pour l’écosystème local, mais aussi pour le reste du globe, à court, moyen et long terme.

Jérôme Delafosse, Chef d’expédition : « Atteindre l’Arctique grâce aux énergies renouvelables et à l’hydrogène pouvait sembler irréalisable mais nous l’avons fait. Au-delà du challenge technologique, c’est un message politique que nous souhaitons transmettre. Le Spitzberg représente le ground zero, l’épicentre du changement climatique, c’est là que l’on constate de manière la plus évidente les effets dévastateurs de l’humanité sur le climat et la biodiversité. Nous voulions prouver que si on peut naviguer en milieu extrême grâce à ce navire, demain tout le monde pourra vivre grâce aux ENR et nous aurons un vrai levier pour transformer le monde. C’est vrai, nous sommes les premiers à accomplir cet exploit, mais il ne s’agit pas là d’une compétition, nous apportons notre pierre à l’édifice pour sensibiliser citoyens, décideurs et industriels à l’urgence absolue de réconcilier l’homme et la nature. Les décisions que nous prendrons dans les années à venir auront un impact sur les prochains millénaires ».

Se rendre au Spitzberg est pour l’équipe Energy Observer une mission capitale de sensibilisation auprès du grand public, et un appel à agir ! Elle compte bien documenter cette expérience à travers un documentaire évènementiel sur Canal +, une web série et des rencontres avec des spécialistes et des pionniers de la transition écologique.

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Sur leur chemin, l'équipe a également croisé Bjornoya, l'Ile aux Ours, et ses falaises vertigineuses de plus de 450 mètres de hauteur, refuges pour des dizaines de milliers d'oiseaux, paradis perdu au coeur de la mer de Barents© Energy Observer - Amélie Conty

Sur leur chemin, l’équipe a également croisé Bjornoya, l’Ile aux Ours, et ses falaises vertigineuses de plus de 450 mètres de hauteur, refuges pour des dizaines de milliers d’oiseaux, paradis perdu au cœur de la mer de Barents. Elle a également observé des baleines à bosse et des dauphins à bec blanc, mais aussi des déchets plastiques en mer et sur les côtes.

Ce voyage a également pour but de renforcer le rôle d’Energy Observer comme accélérateur de la recherche et du développement en testant en conditions extrêmes  des technologies innovantes. Au cours de cette traversée depuis Saint-Pétersbourg, l’équipage et les ingénieurs ont beaucoup travaillé sur les ailes de propulsion éoliennes Oceanwings®. Ces ailes testées pour la première fois sur un navire de cette dimension, ont pu être optimisées grâce au retour d’expérience des navigations avec des conditions météorologiques complexes : peu de soleil, fort vent de face, grains, mer contraire…

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Au cours de cette traversée depuis Saint-Pétersbourg, l'équipage et les ingénieurs ont beaucoup travaillé sur les ailes de propulsion éoliennes Oceanwings®.© Energy Observer - Amélie Conty

Energy Observer poursuit sa double mission de laboratoire des clean tech tout en témoignant de l’urgence climatique, en tant que premier Ambassadeur français des objectifs de développement durable fixés par l’ONU à l’agenda 2030. Cette arrivée au Spitzberg est une vraie première technologique, mais aussi le point d’orgue de trois années et 15 000 milles nautiques de navigation autour de l’Europe.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.