Nous avons testé le Bagoù 7.0, à propulsion électrique

Vendredi 27 septembre 2019 à 12h25

Le Grand Pavois 2019 était placé sous le signe de l’énergie électrique et des énergies alternatives. Des tables rondes ont été organisées, des moteurs, des bateaux et des maquettes de bateaux ont été présentés. Au dernier Nautic de Paris, nous avions vu la maquette d’un bateau original le Bagoù 7.0 et au Grand Pavois, il était présent et nous avons pu l’essayer.

Lors du Grand Pavois de La Rochelle, nous avons pu tester le Bagoù 7.0.
Le Grand Pavois 2019 était placé sous le signe de l’énergie électrique et des énergies alternatives. Des tables rondes ont été organisées, des moteurs, des bateaux et des maquettes de bateaux ont été présentés. Au dernier Nautic de Paris, nous avions vu la maquette d’un bateau original le Bagoù 7.0 et au Grand Pavois, il était présent et nous avons pu l’essayer.

Un concept de bateau moteur inspiré d’une carène de voilier

Ce bateau atypique a été imaginé par Jérôme Clément, jeune dirigeant d’une entreprise d’électricité à Lorient et passionné de voile et de sports de glisse. Pour finaliser son projet, il s’est entouré de Julien Marin architecte naval, spécialisé́ dans la construction de bateaux en contreplaqué/époxy. Le choix de ce matériau n’est pas anodin, il a été retenu pour sa légèreté (poids du bateau 850 kg à vide) et sa facilité de mise en œuvre. Quant à la carène, elle a repris celle des catamarans de course, avec des coques fines à la flottaison (moins de 60 cm) ce qui donne un minimum de trainée d’eau.

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La carène s'inspire de celle des catamarans de course, avec des coques fines à la flottaison (moins de 60 cm) ce qui donne un minimum de trainée d'eau.

Un bateau qui se veut familial

Ce n’est pas un bateau rapide ; dans sa version actuelle, la vitesse de croisière est de 6 nœuds avec une autonomie de 6 à 8 heures. Elle peut atteindre 12 nœuds au maximum, mais, là, l’autonomie est réduite à seulement 2 heures. La vitesse n’est pas le but recherché, c’est un day-boat, conçu avant tout pour une utilisation familiale. Il est homologué en catégorie C pour 10 personnes et D pour 12 personnes. Les deux responsables présents sur le stand au Grand Pavois (Jérôme Clément et Xavier Petitcolin) avec lesquels nous nous sommes longuement entretenus, nous ont bien précisé que ce bateau est conçu pour un programme en navigation côtière (maritime, fluviale ou intérieure) en privilégiant la sécurité et l’autonomie au détriment de la vitesse.

La découverte du bateau

Tout d’abord, lorsqu’on le découvre à flot, on est intrigué par sa forme que certains trouveront innovante voire avant-gardiste. Pour en comprendre le concept, nous montons à bord. Cela ne présente pas de difficultés, une large plage arrière ouverte permet d’accéder de plain-pied, y compris aux personnes à mobilité réduite, au poste de commande implanté à droite et au carré situé à l’avant du bateau. Ce dernier de grandes dimensions (2 x 2,50 m) est entouré d’une banquette en U qui peut recevoir au minimum 9 personnes. Sous cette banquette, on dispose de coffres de rangement. Côté sécurité, il est profond de 1,20 m. Au poste de pilotage, on trouve une console avec les instruments qui permettent de connaître la vitesse du bateau et toutes les données des moteurs (consommation, capacité restante dans les batteries, autonomie, etc.). Ces données peuvent également être consultées sur un smartphone. A droite du poste de pilotage, dans un espace fermé, se trouvent des WC chimiques et un des parcs de batteries. Le second parc est placé à gauche sous un coffre du cockpit. Devant le poste de pilotage, il y a une console qui reçoit un évier. Dans une prochaine version, un réchaud est prévu.

Notre essai

Il s’est effectué avec 7 personnes sur le plan d’eau devant le port de La Rochelle par mer belle avec un léger clapot et quelques vagues formées par les bateaux moteurs qui passaient à vive allure. La conduite du bateau est très agréable et les commandes des moteurs bien placées. Quant à l’accélération, elle est rapide ce qui est appréciable pour se dégager rapidement. Le passage à la mer de la carène est plus proche de celle d’un catamaran à voile que de celle d’un bateau moteur.

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Ce bateau est conçu pour un programme en navigation côtière (maritime, fluviale ou intérieure) en privilégiant la sécurité et l'autonomie au détriment de la vitesse.© Albert Brel

Les performances

Dans la version que nous avons essayée, avec 2 fois 10 kW/h de batteries et deux moteurs Torqeedo 2 x 10 kW (Cruise 10), nous avons navigué à 6 nœuds. Le bateau reste plat sur l’eau, y compris lorsque les 6 personnes présentes à bord, se placent du même côté. Les mouvements du bateau restent souples et, bien entendu, ce qui a séduit les personnes à bord c’est l’absence de bruit. On a l’impression d’être sur un voilier. 

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La vitesse de croisière est de 6 noeuds avec une autonomie de 6 à 8 heures. Il peut atteindre les 12 noeuds, mais dans ce cas l'autonomie est réduite à 2 heures.© Albert Brel

Notre avis

Le Bagoù tient ses promesses, c’est un bateau familial et sécurisant. C’est le premier modèle terminé juste avant sa présentation au Grand Pavois. De Lorient, il a rejoint La Rochelle par la mer en faisant 5 escales de 6 heures pour les recharges des batteries. Ce qui peut être amélioré sont les aménagements pour le confort à bord. Nous pouvons citer un bimini, un réfrigérateur, une table pliable ou encore un réchaud. Ces points seront proposés sur les prochains bateaux soit en option soit en standard. A noter, une version à venir avec moteurs thermiques (2 x 25 ch) avec une consommation réduite mais nous ne pensons pas que ce soit sa vocation. Dans sa conception actuelle, c’est un bateau propre et silencieux bien adapté aux plans d’eau abrités et aux eaux intérieures. Bagoù, pourquoi ce nom ? Il signifie tout simplement "bateaux" en breton.

Fiche technique :         

Longueur hors-tout : 7,35 m

Longueur à la flottaison : 6,90

Largeur : 2,77 m

Tirant d’eau : 0,45 m

Poids : 850 kg

Moteurs : Torqeedo 2 x 10 kW (Cruise 10)

Batteries : 48 volts 2 x 10 kW/h (Lithium Valley Chine)

Poids des batteries : 95 kW

Autonomie : 5 à 6h à 6 nœuds (2h à 12 nœuds). Recharge 6h sur une prise de quai

Chantier : Sailwood Lorient

Prix (version essayée) : 87 000 euros

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Au poste de pilotage, on trouve une console avec les instruments qui permettent de connaître la vitesse du bateau et toutes les données des moteurs.© Albert Brel

La conduite du bateau est très agréable et les commandes des moteurs bien placées. Quant à l'accélération, elle est rapide ce qui est appréciable pour se dégager rapidement.
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Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.