
Le parti au pouvoir au Kazakhstan, Amanat, a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi : la mer Caspienne, menacée par la pollution et l’ensablement, pourrait connaître le même sort tragique que la mer d’Aral. Et les autorités entendent agir avant qu’il ne soit trop tard."La Caspienne peut disparaître, il est temps de mettre fin à la catastrophe écologique", a martelé le parti présidentiel sur Telegram, reprenant les mots du député Sergueï Ponomarev lors d’un discours au Parlement.Une mer en péril, un écosystème en sursisAvec ses 371 000 km² – une superficie plus grande que l’Allemagne –, la mer Caspienne est pourtant le plus grand lac du monde. Mais aujourd’hui, ce joyau partagé par cinq pays (Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie et Turkménistan) se meurt peu à peu."Si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, la grande mer Caspienne se transformera en une flaque sans poissons, sans animaux, sans plantes et sans hommes", a averti M. Ponomarev, pointant du doigt les rejets chimiques toxiques et les marées noires qui empoisonnent les eaux. Le député propose donc de durcir les règles pour les compagnies pétrolières et de sanctionner les pollueurs.Santé en danger, économie menacéeLes conséquences sont déjà dramatiques : sables toxiques, baisse de l’espérance de vie, augmentation des cancers… Un scénario qui rappelle le drame de la mer d’Aral, asséchée entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan.Et les chiffres donnent le tournis : en seulement 18 ans, le niveau de la Caspienne a chuté de 1,85 mètre, et 31 000 km² se sont évaporés – soit la superficie de la Belgique !Une prise de conscience (trop) timideSi les pays riverains commencent à réaliser l’urgence, les actions concrètes se font encore attendre. L’été dernier, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a pourtant averti : la Caspienne est "au bord de la disparition". Même son homologue russe Vladimir Poutine a appelé en décembre à "faire tout ce qui était possible" pour éviter un nouveau désastre écologique.Au-delà de l’environnement, c’est toute l’économie régionale qui tremble : infrastructures pétrolières, gazières et portuaires en danger, projets de transport Europe-Asie compromis…La Caspienne va-t-elle suivre le funeste destin de la mer d’Aral ? Le compte à rebours est lancé.