En Méditerranée, cétacés, bateaux et touristes ne font pas toujours bon ménage

Escales
Dimanche 23 juin 2019 à 14h21

Le sanctuaire Pelagos, d'une superficie de 87.500 km2 dans un triangle entre la presqu'île de Giens, le nord de la Sardaigne et Fosso Chiarone en Italie, a été créé en 1999 pour protéger les mammifères marins qui s'y concentrent. Le rorqual commun, deuxième plus gros animal au monde après la baleine bleue, s'y plaît, tout comme le cachalot et quatre espèces de dauphins. Mais ces animaux, pour certains classés vulnérables sur la liste rouge des espèces menacées, sont confrontés à de multiples menaces: collisions avec des navires, bruit généré par le trafic maritime qui perturbe leur communication, pollutions, captures accidentelles dans des filets, touristes voulant les approcher...

Selon une étude du WWF, des navires de commerce, de pêche et de plaisance ont parcouru plus de 18 millions de kilomètres cumulés en 2014 à travers le sanctuaire, soit... 460 fois le tour de la Terre. Avec des conséquences pour les mammifères marins. "Les collisions sont la première cause de mortalité non naturelle pour les cachalots et les rorquals communs au sein de Pelagos", explique Alain Barcelo, président du comité scientifique pour le sanctuaire Pelagos.

Pour limiter le danger, une association, Souffleurs d'écume, a développé le logiciel Repcet, qui équipe une quarantaine de grands navires. Lorsqu'un grand cétacé est repéré par un équipage, il signale sa position et une alerte est émise aux navires susceptibles de croiser l'animal sur leur route. Depuis 2016, les navires de plus de 24 mètres battant pavillon français et naviguant dans le sanctuaire doivent s'équiper.

Corsica Linea est concernée, avec six navires équipés. "Il faut tout faire pour éviter une collision", indique Jacques Vincent, directeur adjoint de la compagnie maritime. "Ce n'est bon ni pour les baleines, ni pour l'équipage" et un fort impact pourrait créer une avarie s'il touche les stabilisateurs dont sont équipés les bateaux pour réduire le roulis, énumère-t-il.

Une autre solution serait de réduire la vitesse des navires, indique Alain Barcelo. "En dessous de 10 noeuds (18,5 km/h) il n'y a quasiment pas de collisions. Il y a une augmentation exponentielle en fonction de la vitesse, avec des collisions majoritairement mortelles pour les mammifères marins au delà de 13 noeuds (24 km/h)". Pour Corsica Linea, dont les bateaux naviguent entre 16 et 21 noeuds, une telle baisse de vitesse "remet(trait) en cause le modèle économique" de la compagnie qui transporte de la marchandise entre le continent et la Corse pendant les traversées nocturnes.

Les protecteurs des cétacés veulent aussi réguler l'activité touristique, le "whale watching". Mal faite, cette pratique peut être assimilée à du "harcèlement", souligne Florence Descroix-Comanducci, secrétaire exécutive d'Accobams (accord sur la conservation des cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente). L'association Souffleurs d'écume a mis sur pied un label de bonne conduite: ne pas s'approcher à moins de 100 mètres, avec un seul bateau à la fois, ne pas aller voir les animaux s'il y a des nouveau-nés... Les pratiques à proscrire sont "l'assistance aérienne" pour repérer les animaux et "la nage avec les cétacés", considérées comme perturbantes pour les animaux, explique Morgane Ratel, coordinatrice projet.

La rencontre avec les cétacés ne doit être que la "cerise sur le gâteau", mais pas l'objectif principal d'une découverte de la faune en Méditerranée, confirme Alain Barcelo.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.