Whale-watching : quelques consignes à respecter

Partir à la rencontre des baleines à bosse et de leurs petits est une expérience enivrante. Si en plus vous avez la chance de vous mettre à l'eau, elle vous marquera à jamais. A deux conditions : respecter certaines règles d'approche et connaître les habitudes et le savoir-vivre. Mais encore faut-il les trouver...

Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) - précisons une seule bosse (sans « s » donc), qui est caractéristique de l’espèce et est située à la base de l’aileron dorsal - parcourent les océans sur des milliers de kilomètres chaque année pour se nourrir et se reproduire. Trois populations majeures sont identifiées : une en Atlantique Nord, une dans le Pacifique Nord, la troisième répartie en sous-groupes sur l’ensemble de l’hémisphère Sud. L’espèce détient des records de migration parmi les mammifères, certains groupes pouvant se déplacer sur plus de 20 000 kilomètres pour effectuer le trajet entre leurs zones d’alimentation et leurs zones de reproduction.

L’été, les baleines à bosse fréquentent les eaux polaires chargées de krill (des petites crevettes), capelans, lançons, petits poissons, dont elles se nourrissent. Elles font en effet partie des cétacés « filtreurs », les mysticètes, par opposition à l’autre grand groupe de cétacés, les odontocètes, qui ont des dents (comme le cachalot, l’orque ou le dauphin) et sont prédateurs. Elles filtrent l'eau et retiennent le krill grâce à leurs fanons, des dérivés dermiques situés sur la mâchoire supérieure.

Les baleines à bosse migrent ensuite l’hiver vers les eaux tropicales ou subtropicales, pour se reproduire et mettre bas. Durant cette période, elles ne s’alimenteront plus et vivront uniquement sur leurs réserves.

 

 

A chacun son hémisphère

Chaque population et groupe de baleines semblent adopter des zones d’alimentation et de reproduction spécifiques. Les populations de l’hémisphère Sud resteraient au-dessous de l’équateur, et vice-versa. Ainsi, les baleines qui viennent à La Réunion de mi-juin à mi-octobre pour se reproduire s’alimentent dans les eaux de l’Antarctique, comme celles qui remontent le long des côtes de l’Angola ou du Brésil et autour des îles du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie, îles Tonga). Mais, il semblerait, sans jamais se mélanger. Les baleines mettront un mois à un mois et demi pour rejoindre l'île Bourbon, distante de 5000 km de leur aire de nourrissage.

Dans l’hémisphère Sud, la plus grande migration est celle des mégaptères allant du sud du Cap Horn, où ils se nourrissent, à leurs zones de reproduction : côtes de la Colombie et du Costa Rica.

Dans l’hémisphère Nord, les baleines de l’Atlantique occidental s’alimentent entre le golfe du Maine et l’Islande et mettent bas aux Antilles, alors que la population du Nord de l’Europe, moins importante, migre de la Norvège à l’Afrique occidentale et aux îles du Cap-Vert. Enfin, les baleines du Pacifique Nord se nourrissent dans l’Alaska et se reproduisent le long des côtes mexicaines, autour des îles Hawaïï et des îles du Japon.

Des échanges ont toutefois été signalés dans les zones d’alimentation de l’Alaska entre les mégaptères d’Hawaïï et ceux du Mexique. Autre fait mentionné : les baleines à bosse du Golfe Persique ne migreraient pas et resteraient dans les eaux chaudes toute l’année.

Règles de bienséance

 

 

Le whale watching et l’écotourisme baleinier connaissent un essor important depuis plusieurs années. Les mammifères marins sont protégés par la Convention de Washington et leur observation est strictement encadrée par des réglementations locales souvent très précises. Dans certaines zones, la mise à l’eau est formellement interdite et l’observation doit se faire uniquement depuis une embarcation, à distance réglementaire.

C’est notamment le cas dans les Antilles françaises, où la rencontre avec les cétacés est soumise à des règles strictes. L’observation doit se faire à bord d’un bateau, avec une distance minimale de 300 mètres pour les navires non autorisés, et 100 mètres pour les navires disposant d’un agrément spécifique. La nage avec les cétacés y est interdite afin de limiter toute perturbation pour ces animaux sauvages.

À l’inverse, certaines régions appliquent une réglementation différente. À La Réunion, par exemple, la mise à l’eau et la nage avec les cétacés, notamment avec les baleines à bosse durant leur saison de présence, sont autorisées mais encadrées par des règles précises destinées à préserver le bien-être des animaux.

Dans tous les cas, l’observation responsable reste essentielle. Les sorties doivent idéalement être organisées avec des structures spécialisées ou des guides naturalistes formés à la cétologie, capables d’expliquer le comportement des animaux et de garantir le respect des distances et des règles d’approche.

Lorsque la nage est autorisée, certaines recommandations s’imposent pour limiter les perturbations. Il convient d’éviter les mouvements brusques et les cris, de ne jamais sauter à l’eau à proximité d’un groupe actif et de s’approcher lentement, de côté ou de trois-quarts arrière, jamais de face. À moins de 15 mètres de l’animal, il est préférable de limiter les mouvements de palmes afin de rester discret. Toucher les animaux est également proscrit, leur peau étant sensible et leur réaction imprévisible.

Les embarcations doivent elles aussi respecter des règles d’approche strictes. Dès que des cétacés sont observés à moins de 300 mètres, la vitesse doit être réduite à environ 3 à 4 nœuds avant de ralentir progressivement. L’approche se fait parallèlement à la trajectoire de l’animal et jamais directement par l’arrière, afin d’éviter toute sensation de poursuite. Une distance minimale d’environ 100 mètres doit être maintenue, le bateau restant à l’arrêt mais prêt à manœuvrer si nécessaire. Il est également recommandé de limiter le nombre d’embarcations autour d’un même groupe et de s’éloigner progressivement jusqu’à au moins 300 mètres une fois l’observation terminée.

Ces règles, qui peuvent varier selon les régions du monde, poursuivent toutes le même objectif : permettre l’observation des cétacés tout en garantissant la tranquillité et la protection de ces animaux emblématiques des océans

Lieux de rendez-vous

A titre indicatif, voici quelques endroits propices à l'observation des baleines à bosse. Dans l'hémisphère Sud : en Nouvelle-Calédonie (juillet-septembre), en Polynésie, aux îles Tonga et à Rurutu (juillet-octobre), dans l'océan Indien, à Mayotte, La Réunion, Sainte-Marie et Madagascar (de mi-juin à fin octobre, voire début novembre). En Atlantique Nord : aux Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, Dominique), au Québec, dans le golfe du Saint-Laurent (de janvier à mars-avril). Dans le Pacifique Nord : en Californie, aux îles Hawaïï, au Mexique, dans la mer de Cortez, autour des îles méridionales du Japon... Les destinations autour du monde ne manquent pas.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.