Solitaire du Figaro Paprec : Cap sur l’occidentale de Sein
Après avoir salué la Turballe, où sera jugée l’arrivée de la course ce jeudi, les concurrents, qui progressent dans 15 à 20 nœuds de vent, ont mis de l’ouest dans leur route pour faire cap vers Belle-Île-en-Mer. Si la majorité des concurrents a choisi de passer par le sud de l’île bretonne, Hugo Dhallenne (YCSL – Primatice – SLB Pharma) et Jules Delpech ont opté pour le nord, imités plus tard par Thierry Levayer (ALOFI Sailing). Selon Amélie Juvien, Directrice de Course adjointe, ces derniers sont « vraisemblablement partis jouer un peu d’angle de vent et chercher du courant un peu plus fort », alors que « le paquet, qui est allé chercher le large, va aller chercher une petite bascule de vent un peu loin ».
Les marins font désormais route vers l’occidentale de Sein. Certains modèles incitent d’aller plutôt à la côte, d’autres au large avec possiblement un peu plus d’angle pour ensuite revirer vers l’occidentale de Sein, mais avec un peu moins de pression. Une partie des solitaires devrait donc aller chercher la côte, d’autres le large. L’enjeu : « bien se placer par rapport aux petites oscillations de vent jusqu’à l’occidentale de Sein, qu’ils devraient passer très tôt demain matin. Il y aura un peu de jeu avec des petites variations d’angle pour se placer et adapter sa position en fonction de l’état de la mer. Ensuite, ça sera sûrement du tout droit, avec peut-être un choix stratégique à faire entre passer entre Ouessant et Molène, ou passer par le Four. Mais il y a peu de raisons qu’ils optent pour le Four sachant que ça leur ferait faire un détour », comme l’explique Amélie Juvien.
A la mi-journée, il ne restait plus que 33 concurrents encore en lice sur la 3e étape de La Solitaire du Figaro Paprec suite aux abandons de Stéphane le Diraison (Flexirub), d’Anthony Quentin (JPS Contrôle) hier en fin d’après-midi et de Lomano Takasi (Reauté Chocolat) ce matin. Le premier a pris hier après-midi la décision de rentrer à La Rochelle, son port d’attache, du fait de la fatigue accumulée sur les deux premières étapes et des conditions attendues. Le second, qui a fait une chute dans son bateau hier alors qu’il évoluait à la sortie de l’estuaire de la Gironde, a quant à lui abandonné ce matin à cause de douleurs au dos et au poignet. De son côté, le troisième, dont le J2 (génois) s’est déchiré sur 40 centimètres au niveau de l’amure, n’a pas été en mesure de réparer en mer, le skipper de Réauté Chocolat ne disposant pas du matériel adéquat. Ce dernier a donc décidé d’abandonner et s’est dérouté vers La Turballe, où il est arrivé en fin de matinée. « A la bouée de dégagement, on s’est retrouvés à plusieurs bateaux en situation un peu tendue. J’ai fait un virement pour éviter le contact avec un autre bateau. Le J2, qui est une de mes voiles principales, pour faire avancer le bateau s’est retrouvé pris sur le balcon à l’avant. Après le virement, j’ai observé une déchirure assez petite dans le J2. J’ai informé la DC, j’ai continué mais dans la nuit, on a eu un grain à 30-35 nœuds. Au petit matin, j’ai remarqué que le J2 ne faisait que s’ouvrir de plus en plus. J’ai essayé de réparer devant la Turballe mais je n’avais pas de quoi réparer, et au vu des conditions annoncées pour les prochaines 24 heures, je ne pouvais pas poursuivre la course avec un J2 qui risquait d’exploser », a-t-il indiqué à son arrivée au ponton.
Loïs Berrehar (Skipper Macif 2022) : « Le départ a été magnifique sous le soleil de Royan. C’était cool de prendre la tête du parcours côtier. Je me demande si je n’ai pas gagné le Trophée Paprec. Là, on fait du nord, c’est un peu tout droit pour l’instant, mais les options vont se dessiner dans peu de temps. En fait, on attend une bascule de vent et c’est pourquoi on est tous sur un « bord obligatoire ». De toute façon, on va buter dans la côte dans pas très longtemps. Il va y avoir un virement de bord sous peu pour faire de l’ouest. Il y aura des bascules à exploiter liées à des fronts chauds ou froids. Cela va être intéressant avec un jeu stratégique sympa. On vient de raser Noirmoutier de nuit, il y a des petits pièges et des petits effets de site. Et il y aura des choses à jouer dans la journée. Actuellement, on est au près avec entre 12 et 20 nœuds de vent. La mer s’est plutôt bien aplatie depuis qu’on s’est rapprochés de l’entrée de la Loire. Je n’ai pas trop mal dormi en début de nuit, quand le vent était plus stable. Il ne va pas falloir arriver trop cuit, notamment pour la partie anglaise de ce parcours et dans la redescente dans le Four. Il faut s’arracher, mais aussi être vigilant pour rester lucide. Nous serons à l’occidentale de Sein dans à peu moins de 24 heures. »
Victor Le Pape (Région Bretagne – CMB Espoir) : « Cette première nuit a plutôt été paisible. On a un vent entre 13 et 20 nœuds, d’ouest, légèrement nord-ouest. C’est pas mal, ça nous a offert la possibilité de faire quelques siestes jusqu’à l’île d’Yeu. La fatigue commence à se faire sentir. On a deux étapes dans les jambes, ça tire un peu. Tout va bien, je suis content de mon placement, je suis avec Basile (Bourgnon) et Victor (Le Pape) dans le groupe de tête. C’est un peu un remake de l’étape 1, ça me va bien. Depuis l’île d’Yeu, nous n’avons plus trop le temps de nous reposer, nous sommes maintenant sur un parcours un peu plus côtier avec ce que cela comporte : le trafic, les bouées, c’est assez dense, mais ça nous permet d’être bien éveillés. Ce début de course est conforme à ce que je souhaitais, pas trop guerrier, ça sera pour mardi, mais pour le moment tout va bien. On a quelques passages de grains, le ciel se dégage un peu. Pour le moment, je reste au sec, il fait plus frais dehors, ça sent le début de l’automne. »