Îles de la Petite Terre : un paradis du bout du monde

Jeudi 20 février 2014 à 16h37

Moins courues que les Saintes ou Marie-Galante, les îles de la Petite Terre sont situées à une demi-journée de mer de la pointe orientale de la Guadeloupe. Réserve protégée, elles accueillent quelques rares bateaux dans un mouillage de rêve. Reportage.


Crédit photo : DR

« On y va au moteur ou on fait de la voile ? » À bord de Bachata, un voilier de 13 m, Bernard le skipper laisse le choix à ses hôtes. Car à partir de la marina de Saint-François, les îles de la Petite Terre sont aujourd’hui situées pile poil au vent. Les alizés soufflent dans un flux régulier de 20 nœuds. Le bateau, un Dufour Gib Sea 43, enchaîne les bords de près, à la fois vif et souple. En moins de trois heures, l’archipel est en vue. Il est formé de deux îles, entourées d’un récif corallien, Terre de Haut et Terre de Bas. Pour accéder au chenal qui les sépare, la passe est étroite et les vagues déferlent. Pas évident. Mais une fois la balise d’entrée parée, le voilier glisse sur des eaux turquoise désormais apaisées. Une quinzaine de bouées sont à disposition. La plupart sont occupées par des embarcations qui viennent à la journée, grands catamarans emmenant jusqu’à 25 passagers et bateaux à moteur rapides. À ma gauche, Terre de Haut offre des criques de sable blanc surmontées d’une végétation luxuriante. Les nageurs peuvent y prendre pied mais n’ont pas le droit d’aller plus loin dans l’île, totalement protégée. À ma droite, Terre de Bas est bordée par une grande plage ombragée de cocotiers. Au sommet de la colline, le phare du bout du monde. C’est le premier feu aperçu par les navigateurs qui traversent l’Atlantique.


Un grand feu de bois pour guider les bateaux


Les îles de la Petite Terre ont été peuplées jusqu’en 1500 par des peuples Arawaks et Caraïbes qui vivaient de la pêche et de la culture du coton. Elles ont été redécouvertes par Christophe Colomb en même temps que l’île de la Désirade. Situées sur la route maritime reliant la métropole à la Guadeloupe, elles ont été très tôt balisées. Le roi de France accorde ainsi la concession de l’archipel à la famille Thionville, originaire de la Désirade. En échange, celle-ci s’engage à protéger les navigateurs contre les risques d’échouage et doit allumer tous les soirs un grand feu de bois pour signaler la présence de la Petite Terre aux bateaux. Le phare, le premier de la Guadeloupe, dont la construction a pris plusieurs années, s’allume pour la première fois le 9 juillet 1840. Il culmine à 35 m au dessus du niveau de la mer. En 1972, il est automatisé et ses gardiens quittent l’île. Désormais, l’archipel ne compte plus d’habitants permanents. Seuls les gardes de la réserve et des scientifiques recensant la faune et la flore ont le droit de camper quelques jours à terre.

 

À la rencontre des iguanes antillais


Comme la pêche est bien sûr interdite, l’archipel est un paradis pour la faune marine et pour les adeptes du snorkeling : tortues de mer, raies manta, requins jaunes inoffensifs, pas plus grands qu’une roussette, et barracudas évoluent au ras de la plage et des récifs qui ferment la passe. Après une heure de baignade enchanteresse, le ti ‘punch sur la plage avec l’équipage de Bachata est le bienvenu. L’après-midi est consacré à une balade sur Terre de Bas et à la rencontre avec des animaux préhistoriques, les iguanes antillais. Espèce en danger, ils sont ici dans un véritable sanctuaire de fourrés et d’arbustes. Peu farouches, ils se laissent approcher de très près. Malgré leur taille, jusqu’à 1,60 m et leur mine renfrognée, ils sont totalement inoffensifs. Dans ce mini « Jurassic Park », le sentier serpente jusqu’au phare du bout du monde. Au-delà, ce sont les puissantes vagues de l’Atlantique qui viennent se briser sur les barrières de corail, provoquant d’énormes fumerolles d’eau salée. Au nord, les hautes falaises de la Désirade se découpent dans le coucher du soleil. Le soir venu, seuls trois bateaux se balancent encore doucement sur leurs mouillages dans la passe. Pas un bruit, si ce n’est le froissement d’ailes des frégates et les cris rauques des pélicans.

 

L’arc antillais au fil des milles


Le lendemain, la route du retour s’effectue à bonne allure, au portant. Bernard propose à ceux qui le désirent de s’essayer au maniement de la barre à roue. Avec sa compagne Marilyne et son fils Augustin, ils emmènent régulièrement des passagers pour des croisières vers l’archipel de la Petite Terre, mais aussi à Marie-Galante, aux Saintes ou même vers d’autres îles de l’arc antillais comme la Dominique. Le bateau est confortable et très bien équipé. En croisant dans un terrain de jeux ensoleillé et venté, leurs hôtes peuvent ainsi s’initier à la voile, à la pêche ou tout simplement laisser leur esprit vagabonder au fil des milles.

 

Pour en savoir plus
- Site internet du voilier Bachata : www.locationvoilierguadeloupe.fr – Contact : berlyne971@gmail.com
- Site internet pour croisière à la journée sur grand catamaran : www.croisieresguadeloupe.fr – Contact : contact@uhaina-croisieres.com
 


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