
L’année 2013 s’annonce comme un bon cru pour les méduses qui ont débarqué sur les plages en même temps que les vacanciers. Urticantes, peuvent-elles aller jusqu’à engendrer la mort ?
Sur plusieurs centaines d’espèces de méduses recensées dans le monde, seule une espèce, la cuboméduse connue également sous le nom de chironex fleckeri est mortelle pour l’homme. « La cuboméduse d’Australie, que l’on retrouve au nord de la côte est australienne est une méduse tueuse, réputée particuliérement dangereuse dans cette région. Même si elle ne se nourrit pas d’hommes, elle sort en général abîmée d’une rencontre avec un baigneur. Si l’on heurte ses filaments transparents qui font six mètres de long, la mort est quasiment assurée », nous explique Philippe Vallette, directeur général de Nausicaa et océanographe. Pourtant, cette méduse qui doit son nom à sa forme cubique ne mesure que dix centimètres. « La cuboméduse provoque des contractions musculaires intenses au bout de quelques secondes qui se terminent par une contraction définitive du cœur. La mort survient en l’espace de quelques minutes. Certaines personnes touchées loin du cœur par un seul filament s’en sortent parfois mais c’est rare. Si la piqûre est localisée, il faut, comme pour tous les venins, appliquer de la chaleur sur la zone touchée le plus rapidement possible pour essayer de casser les molécules de venin », poursuit-il. La personne touchée par les tentacules de la cuboméduse peuvent passer par plusieurs états avant de succomber : nausées, mal de dos, perte de la parole, difficultés respiratoires, contractions musculaires, paralysie, délires, convulsions sont généralement observés. Fort heureusement, les Australiens, qui connaissent bien cette espèce de méduse se baignent la majeure partie du temps en combinaison.
Globalement, pour qu’on ait affaire à une pullulation de méduses ou à une « soupe de méduses », il faut que trois éléments soient réunis. A commencer par de la nourriture. « Les méduses de nourrissent de phytoplancton dont le développement est encouragé au bord des côtes par la pollution de type nitrate ou phosphate. Elles se multiplient également quand la température de l’eau augmente car cela décuple la vitesse des réactions biochimiques et donc le développement des êtres vivants, précise Philippe Vallette. Enfin, en cas de surpêche, il y a moins de poissons donc moins de prédateurs qui mangent les larves de méduses. Si ces trois facteurs sont réunis, on assiste à une catastrophe, comme c’est le cas en mer Noire, ou dans une partie de la mer Baltique et de la mer du Japon. Une fois qu’elles sont installées, plus rien d’autre ne peut vivre ».
Quel risque sur nos côtes ?
En France, on retrouve parfois sur nos côtes la pelagia noctulia, qui sévit particulièrement en Méditerranée. « Cette espèce de méduse est beaucoup moins venimeuse, et ne peut engendrer la mort qu’en cas de problèmes cardiaques ou chez des personnes fragilisées et très sensibles mais c’est rare, assure Philippe Vallette. « Par contre, cela peut être très douloureux et on peut garder une cicatrice à vie. Mais en principe, il n’y a pas de méduses mortelles sur les côtes métropolitaines ».