
La compétition bat son plein de baie de San Francisco au rythme des matchs entre Emirates Team New Zealand, vainqueur de la Louis Vuitton Cup, et le defender Oracle Team USA. Nous en avons profité pour faire le point avec Bruno Troublé, fondateur de la Louis Vuitton Cup.
Figaro Nautisme : Quel bilan tirez-vous de la Louis Vuitton Cup ?
Bruno Troublé : La Louis Vuitton Cup a fourni un magnifique vainqueur qui s’avère redoutable dans la finale. C’est notre satisfaction car c’est l’essence même de l’épreuve que j’ai contribué à créer en 1983. Dommage que la faible participation et les différences évidentes de vitesse entre les bateaux aient diminué l’intérêt des régates. D’une manière générale, le contexte économique difficile nous a pénalisé d’autant que le budget nécessaire pour financer de tels catamarans est beaucoup plus important que par le passé. Du coup, il nous a manqué dans cette édition les équipes exotiques qui contribuent habituellement au spectacle. Il faut toutefois admettre que Larry Ellison et Russell Coutts ont conçu un nouveau sport archi spectaculaire. Les premières régates de cette finale prouvent qu’ils avaient raison en ce qui concerne l’esthétique des bateaux et la tension qui règne sur l’eau pendant la course. C’est un spectacle haletant, il y a quelque chose de vraiment nouveau dans le monde de la voile.
Etes-vous satisfait des retombées de la Louis Vuitton Cup ?
C’est sur Internet que les régates ont été les plus regardées dans le monde entier, des retombées très difficiles à analyser et à comptabiliser. C’est le fait marquant de cette édition et cela doit conduire à une vraie réflexion sur le schéma des droits TV pour l’avenir. Concernant les chaines de télévision traditionnelles, compte tenu du faible nombre de nations représentées, il est logique qu’elles n’aient pas massivement relayé l’événement. Enfin, les retombées en terme d’image sont très bonnes pour tous les partenaires : la technologie des bateaux est à couper le souffle !
Avez-vous un favori pour la finale ?
Le rôle historique et naturel de Louis Vuitton est de soutenir le challenger vainqueur des éliminatoires. Nous l'avons toujours fait. Nous avons un immense respect pour les Américains mais notre cœur est du côté des Néo-Zélandais, qui semblent bien partis.
Quel est l’avenir de Louis Vuitton dans l’America’s Cup ?
C’est la question récurrente que l’on nous pose à chaque fois pendant la finale. Pour l’instant, laissons l’America’s Cup se dérouler et désigner son vainqueur. C’est encore le temps de la compétition et des joutes sur l’eau Il est bien trop tôt pour deviner ou affirmer ce qui va se passer ensuite.
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