
Le trimaran Arkema-Région Aquitaine, amarré à Madère depuis novembre 2013 après son chavirage, va reprendre la mer ce samedi. Sans mât mais avec une aile de kitesurf.
Le trimaran blessé, immobilisé depuis novembre, va enfin larguer les amarres. « Nous ne pouvions pas organiser de chantier à Madère donc nous partons pour les Canaries, à 300 milles de là, où nous avons de bonnes attaches », explique Lalou Roucayrol. Le skipper va embarquer ce samedi avec Yves Parlier, spécialiste de la traction de navires avec des ailes de kitesurf, et trois équipiers. « Le calendrier est un peu bousculé. Initialement, nous pensions partir dimanche mais les conditions sont vraiment mauvaises donc nous allons partir le plus tôt possible, quelques heures après l’atterrissage d’Yves », annonce le skipper. L’équipage doit faire le plus de route possible avant l’arrivée d’une forte dépression de sud-ouest. « En partant samedi matin, l’équipage profitera de 48 heures de navigation avant la dégradation », explique Eric Mas, chargé du routage météo pour Météo Consult. L’équipe espère avancer à 4/5 nœuds de moyenne et donc effectuer 2/3 du trajet avant l’arrivée de la dépression. « Sinon, il faudra attendre mercredi prochain pour la prochaine fenêtre », précise Eric Mas. Le trimaran équipé d’une aile de kitesurf ne pourra pas faire demi-tour une fois lancé mais il embarquera 100 litres de gasoil soit l’équivalent de la moitié du trajet au minimum.
Trois ailes de kitesurf à bord
L’équipe embarque une aile simple de 15 m2, réalisée pour Marc Thiercelin lors du Vendée Globe 2008/2009, et deux ailes pilotables, imaginées par Yves Parlier. « Nous allons servir de test pour ces deux prototypes et cela tombe bien car, depuis le début, le trimaran est un peu un laboratoire », explique Lalou Roucayrol. Les deux ailes pilotables permettront de remonter au vent. « C’est une démarche innovante mais aussi économique », précise le marin. C’est également par la mer et par la force du vent que le mât rejoindra le chantier prévu au Royal Nautic club de Las Palmas. « Nous allons transporter le mât sur le catamaran Etoile Magique de Bob Escoffier, annonce Lalou Roucayrol. Nous allons fixer le mât le long du roof, à plat sur le pont. C’est un catamaran de passagers mais comme il peut accueillir 40 personnes à bord, ce ne sont pas les 220 kilos du mât qui vont le surcharger. » Au niveau longueur, le mât mesure 22 mètres et le catamaran 25 mètres. « C’est un mode de transport qui correspond totalement à l’état d’esprit de notre projet, ajoute le marin. Je crois beaucoup au renouveau du transport maritime à la voile. Avec le coût du carburant, c’est une solution d’avenir, cela me semble évident. » Cette solution est également économique : 15.000 euros contre 25.000 euros par la route et le ferry. « Au niveau du temps, il faut compter quatre jours par transport routier (deux jours de route et deux jours pour le ferry, ndlr) et environ cinq jours avec le catamaran. C’est aléatoire, il faudra peut-être compter six jours, mais ce n’est pas dramatique car ce n’est pas une denrée périssable » L’objectif est de réarmer le trimaran pour la fin avril afin de naviguer début mai. Lalou Roucayrol repartira ensuite vers la France à la fin du mois de mai, en équipage réduit. La Route du Rhum est toujours en ligne de mire.