
Après le calme relatif du golfe de Gascogne, les conditions ont été rudes la nuit dernière. Au près, vers 8 heures, les concurrents se dirigeaient vers Penmarc’h situé à une quarantaine de milles. La flotte était étalée d’Est en Ouest dans sa progression.
La pointe des Corbeaux de l’île d’Yeu est déjà loin pour les 40 concurrents de la Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire. Cette fin de traversée du golfe de Gascogne bouclée en tête à 22 h 19 hier soir par Morgan Lagravière (Vendée), maître sur ses terres adoptives, annonçait un début de remontée le long des côtes bretonnes plus qu’intense. Les spis calés à l’intérieur du bateau après ce passage de la marque du Grand Prix GMF Assistance, il fallait à présent affronter un vent de Sud-Ouest en pleine nuit noire. La mer très mal rangée compliquant la donne alors que le vent ne cessait de monter. Au travers de Belle-Île ce matin à l’heure de la vacation de 5 heures, Morgan Lagravière pointait toujours devant au classement. Le vent soufflait à ce moment d’Ouest pour 25 nœuds. « Je n’ai pas trop suivi le positionnement des adversaires cette nuit parce qu’on a eu un passage de front assez violent. Je suis sous solent actuellement. On est un groupe à partir au large pour se repositionner du bon côté de la bascule », déclarait le champion de France en titre.
Celle-ci arrivait deux heures plus tard. Adrien Hardy (Agir Recouvrement), 8e à Yeu, ne s’en souciait pas trop, lui qui avait choisi de rester sur la droite du plan d’eau : « Ça tape pas mal et il est difficile de trouver les bons réglages sur le bateau. Le vent est monté jusqu’à 35 nœuds cette nuit. Passé du portant du golfe au près assez fort en quelques heures, ce n’est jamais facile surtout que nous commençons à être fatigués. Je suis plutôt content, bien positionné. Il reste encore 40 milles avant d’arriver à Penmarc’h. Après, cela devrait être tout droit pour la suite. Le vent à virer au Nord-Ouest et une partie de la flotte a décidé de se caler dans l’Ouest. Moi j’ai préféré être au plus proche de la route. C’est toujours assez serré. On verra uniquement quel choix a été le bon. L’écart en latéral est quand même important ».
Yann Éliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir), avait bien recollé au paquet après sa bévue espagnole et son choix de route non rémunérateur à l’Ouest dans le golfe. Passé aux Corbeaux 30 minutes après le leader, il était revenu plein d’entrain : « J’ai le couteau entre les dents car je traîne un peu mon mauvais départ de Gijón. Je me le repasse dans la tête dès que j’ai un coup de mou. Alors, je remets du charbon ». Sachant surtout que son plus dangereux adversaire au classement après deux étapes, celui-ci lui rend 57 minutes, était devant lui : « J’ai 3 milles à ramener sur Fred Duthil (Sepalumic), c’est l’objectif. Et il reste encore de la route. La fatigue est là, mais après Penmarch, on pourra peut-être dormir un peu ».
Derrière, alors que la mer était toujours grincheuse, le ton était moins enjoué. Après son passage à Yeu en 6e position, Anthony Marchand (Bretagne-Crédit Mutuel Performance) sa vigilance s’était étiolée : « Cela s’est mal passé. Lorsque j’ai fait mon changement de voile et mis mon solent, le vent a mollit et j’aurais dû rester dans le vent fort et faire le gros dos avec le génois car là, je galère. J’ai mal joué, trop tiré la barre. La flotte est montée et j’ai perdu beaucoup de places ».
Les propos de Claire Pruvot (Port de Caen-Ouistreham) étaient plus graves à 8 h 40. Elle annonçait qu’elle venait de briser sa barre de flèche supérieure bâbord. Tout le monde lui conseillait de tout affaler le plus rapidement possible et de faire route au moteur vers Lorient. Les bateaux accompagnateurs dont le PSP Flamant suivaient bien évidemment la situation avec attention.