Nuit agitée sous haute tension

Course au large
Par Serge Messager. A bord du PSP Flamant de la Marine nationale

Après le calme relatif du golfe de Gascogne, les conditions ont été rudes la nuit dernière. Au près, vers 8 heures, les concurrents se dirigeaient vers Penmarc’h situé à une quarantaine de milles. La flotte était étalée d’Est en Ouest dans sa progression.

Après le calme relatif du golfe de Gascogne, les conditions ont été rudes la nuit dernière. Au près, vers 8 heures, les concurrents se dirigeaient vers Penmarc’h situé à une quarantaine de milles. La flotte était étalée d’Est en Ouest dans sa progression.

La pointe des Corbeaux de l’île d’Yeu est déjà loin pour les 40 concurrents de la Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire. Cette fin de traversée du golfe de Gascogne bouclée en tête à 22 h 19 hier soir par Morgan Lagravière (Vendée), maître sur ses terres adoptives, annonçait un début de remontée le long des côtes bretonnes plus qu’intense. Les spis calés à l’intérieur du bateau après ce passage de la marque du Grand Prix GMF Assistance, il fallait à présent affronter un vent de Sud-Ouest en pleine nuit noire. La mer très mal rangée compliquant la donne alors que le vent ne cessait de monter. Au travers de Belle-Île ce matin à l’heure de la vacation de 5 heures, Morgan Lagravière pointait toujours devant au classement. Le vent soufflait à ce moment d’Ouest pour 25 nœuds. « Je n’ai pas trop suivi le positionnement des adversaires cette nuit parce qu’on a eu un passage de front assez violent. Je suis sous solent actuellement. On est un groupe à partir au large pour se repositionner du bon côté de la bascule », déclarait le champion de France en titre.

Celle-ci arrivait deux heures plus tard. Adrien Hardy (Agir Recouvrement), 8e à Yeu, ne s’en souciait pas trop, lui qui avait choisi de rester sur la droite du plan d’eau : « Ça tape pas mal et il est difficile de trouver les bons réglages sur le bateau. Le vent est monté jusqu’à 35 nœuds cette nuit. Passé du portant du golfe au près assez fort en quelques heures, ce n’est jamais facile surtout que nous commençons à être fatigués. Je suis plutôt content, bien positionné. Il reste encore 40 milles avant d’arriver à Penmarc’h. Après, cela devrait être tout droit pour la suite. Le vent à virer au Nord-Ouest et une partie de la flotte a décidé de se caler dans l’Ouest. Moi j’ai préféré être au plus proche de la route. C’est toujours assez serré. On verra uniquement quel choix a été le bon. L’écart en latéral est quand même important ».

Yann Éliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir), avait bien recollé au paquet après sa bévue espagnole et son choix de route non rémunérateur à l’Ouest dans le golfe. Passé aux Corbeaux 30 minutes après le leader, il était revenu plein d’entrain : « J’ai le couteau entre les dents car je traîne un peu mon mauvais départ de Gijón. Je me le repasse dans la tête dès que j’ai un coup de mou. Alors, je remets du charbon ». Sachant surtout que son plus dangereux adversaire au classement après deux étapes, celui-ci lui rend 57 minutes, était devant lui : « J’ai 3 milles à ramener sur Fred Duthil (Sepalumic), c’est l’objectif. Et il reste encore de la route. La fatigue est là, mais après Penmarch, on pourra peut-être dormir un peu ».

Derrière, alors que la mer était toujours grincheuse, le ton était moins enjoué. Après son passage à Yeu en 6e position, Anthony Marchand (Bretagne-Crédit Mutuel Performance) sa vigilance s’était étiolée : « Cela s’est mal passé. Lorsque j’ai fait mon changement de voile et mis mon solent, le vent a mollit et j’aurais dû rester dans le vent fort et faire le gros dos avec le génois car là, je galère. J’ai mal joué, trop tiré la barre. La flotte est montée et j’ai perdu beaucoup de places ».

Les propos de Claire Pruvot (Port de Caen-Ouistreham) étaient plus graves à 8 h 40. Elle annonçait qu’elle venait de briser sa barre de flèche supérieure bâbord. Tout le monde lui conseillait de tout affaler le plus rapidement possible et de faire route au moteur vers Lorient. Les bateaux accompagnateurs dont le PSP Flamant suivaient bien évidemment la situation avec attention.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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