Le 25 octobre prochain à 14h00, sera donné le départ de la 12e édition de la Transat Jacques Vabre. Pas moins de 40 tandems sont attendus sur les quatre classes que compte l’épreuve (Class40, Multi50, Imoca et Ultime)… et pas des moindres ! En dehors de leur palmarès, comment ces hommes et ces femmes se sont-ils choisis ? Quels sont les critères qui forment un duo réussi et peut-être gagnant ? A l’heure où les équipages se forment et s’entraînent, tous se sont déjà dits oui… pour le meilleur.
Vingt-deux ans d’existence et tous les deux ans, un plateau de skippers enthousiasmant… La Transat Jacques Vabre demeure LA course qu’il ne faut pas manquer, celle où le parcours équivaut à un quart d’un tour du monde, celle où les bateaux sont poussées à 100% de leur potentiel car menés par des tandems de haute voltige, celle que tous souhaitent inscrire à leur palmarès. Les grands noms de la voile seront de la partie sur cette Transat Jacques Vabre 2015. Michel Desjoyeaux, François Gabart, Kito de Pavant, Marc Guillemot, Armel Le Cléac’h, Jean-Pierre Dick, Vincent Riou, Yann Eliès pour n’en citer que quelques-uns, viendront se frotter à la nouvelle génération de coureurs au large.
A deux, c’est mieux !
Que soit en Class40, en Multi 50, en Imoca, ou en Ultime, la gestion d’une transatlantique en double permet un engagement total de la part des deux marins. Les manœuvres se déroulent plus rapidement, la stratégie gagne en finesse et les hommes poussent les bateaux à l’extrême. « C’est ce qui fait la spécificité de cette transat que j’affectionne particulièrement. A deux, on met les bouchées doubles ! » souligne Kito De Pavant (Bastide – Otio) qui compte parmi les nombreux concurrents en Imoca. Sur cette course, le choix du co-skipper est essentiel. Au-delà du palmarès de chacun, la Transat Jacques Vabre est d’abord une aventure humaine. Sébastien Josse et Charles Caudrelier, les vainqueurs de la précédente édition en MOD70, réitèrent l’aventure, cette fois en Imoca, pariant sur la confiance qui les a portée au sommet : « Avec Charles, nous nous exprimons pleinement sur ce format de course ». Onze jours et cinq heures seulement avaient été nécessaires au MOD 70 Edmond de Rothschild pour s’imposer à Itajaí à plus de 22 nœuds de moyenne. On ne change pas une équipe qui gagne…
Liens familiaux, fraternels ou recherche de compétitivité ?
Sur le papier, la liste des équipages de l’édition 2015 est un savoureux mélange de duos parfois étonnants, parfois logiques, parfois improbables. Il y a les partisans du lien affectif, comme Bertrand de Broc et Marc Guillemot (Imoca - MACSF), cousins à la ville et désireux de repartir à l’aventure ensemble. Alan Roura (Class 40- Club 103) a fait la demande à son père Georges, avec lequel il a bourlingué autour du monde, « On est sûr de ne pas s’engueuler ! » confie le jeune Suisse. Nombre de skippers n’imaginent pas s’engager pour 20 jours de course sans bien connaître son double. Ce n’est pas le cas de Yann Eliès (Imoca – Groupe Queguiner - Leucémie Espoir) qui change son fusil d’épaule, en embarquant cette année Charlie Dalin, persuadé que c’est la bonne solution : « Pour former le duo idéal, je pensais qu’il fallait partir avec son meilleur copain. Je me suis trompé. Il ne faut pas qu’il y ait d’affect si on veut avancer et ne pas s’embarrasser sur des prises de décisions. » Lalou Roucayrol (Multi 50 - Arkema) est du même avis. Il a choisi celui qui a dessiné ses voiles : César Dohy.
Jeunes loups cherchent vieux briscards…
La nouvelle génération de coureur au large sait s’entourer. Paul Meilhat (Imoca - SMA) par exemple a logiquement fait appel à Michel Desjoyeaux pour arriver bien placé au Brésil et apprendre les secrets de la navigation en 60 pieds open. Nicolas Troussel (Bretagne – Crédit Mutuel) embarque sur son Class40 le jeune Corentin Horeau qui piaffe d’impatience de surfer vers de nouveaux horizons. Yann Eliès et Charlie Dalin formeront un couple complémentaire et intelligent : expérience du grand large et jeune talent. Que dire du tandem Tanguy de Lamotte et Samantha Davies ! Sur son Initiatives-Cœur, Tanguy fait parler le cœur et la raison en embarquant celle qui revient d’un tour du monde en équipage et a engrangé un nombre impressionnant de milles cette année.