L’ARC, le plus important rallye océanique

Course au large
Par Nautisme.com

Comme chaque année au mois de novembre, l’ARC (l’Atlantic Rally for Cruisers) s’élance des Iles Canaries (Las Palmas Gran Canaria) pour rallier Sainte Lucie. Pour cette 31è édition, ce sont 212 voiliers qui ont pris le départ.

Comme chaque année au mois de novembre, l’ARC (l’Atlantic Rally for Cruisers) s’élance des Iles Canaries (Las Palmas Gran Canaria) pour rallier Sainte Lucie. Pour cette 31è édition, ce sont 212 voiliers qui ont pris le départ.

Un rallye parfaitement réglé Gérer plus de 1300 plaisanciers représentant 31 nationalités différentes demande une grande pratique et une bonne connaissance des bateaux. Pour orchestrer tout ce monde, Jimmy Cornells, entouré d’une équipe technique, gère d’une main de maître tous les problèmes et les doléances des plaisanciers. Tous les bateaux doivent être à la marina de Las Palmas une semaine avant le départ. Elle est consacrée à la préparation du bateau, aux séminaires techniques, à l’avitaillement mais aussi à des soirées festives. Le monde des rallyes, même s’il y a des professionnels au départ ce celui-ci, est bien différent des courses. Déjà, il n’y a pas d’équipes techniques, le skipper doit tout superviser de l’avitaillement aux derniers petits problèmes qui vont d’une pièce qui n’est pas arrivée à l’appareil qui tombe en panne la veille du départ. Côté sécurité, rien n’est laissé au hasard et les participants, s’ils veulent prendre le départ, doivent avoir à bord les équipements exigés par le règlement. Parmi ceux-ci, il y a ceux pour la sécurité (gilets gonflables, balises, lignes de vie…) et un moyen de communication tel que l’iridium pour pouvoir transmettre chaque jour sa position à l’organisation. 31 nationalités représentées Sur les 212 bateaux inscrits au départ, on dénombre 31 nationalités. Les plus fortes représentations sont l’Angleterre avec 67 bateaux, l’Allemagne avec 29, la Norvège avec 16, l’Italie et la Suède avec 12, les USA et l’Australie avec 9 et la France 7. Peu de participants français, pour quelle raison ? Un rejet des rallyes certainement pas, d’autres manifestations françaises prouvent le contraire. La barrière de la langue ? Sans doute et, pourtant, l’organisation fait en sorte d’avoir des personnes qui parlent français. L’envie de traverser sans organisation, peut-être, est sûrement la raison la plus plausible. Beaucoup de plaisanciers rêvent de traverser, peu concrétisent. S’inscrire dans un rallye c’est, aux dires des Français que nous avons rencontrés, le moyen de se fixer un départ, de faire partie d’une organisation qui fait tout pour faciliter les formalités et le regroupement au port de départ de Las Palma sur la Gran Canaria. Nous pouvons citer, par exemple, un point de ralliement à Lagos (Portugal), la possibilité d’amarrage à la marina de Las Palmas bien avant le départ et pour ceux qui le souhaitent un rallye retour voire un tour du monde et, bien entendu, une entraide et de l’ambiance les jours qui précédent le départ. Là, plus de barrière de langues que ce soit pour les échanges techniques ou la fête. Côté équipages, tous types de navigateurs sont représentés, du régatier au plaisancier en passant par des familles avec enfants. Ils étaient une vingtaine et pour eux, c’est l’occasion de se faire des copains. On les voit aller de bateau en bateau, s’inviter à manger voire à dormir et se confronter entre eux lors de la régate d’optimists proposée par l’organisation. Peu de participants français mais une forte représentation de nos chantiers Sur les 212 bateaux au départ, 70 bateaux sortent de nos chantiers. Le plus représenté est Bénéteau avec 21 bateaux. Côté multicoques sur les 29 au départ, 16 étaient de construction française. La palme revenant à Lagoon avec 13 bateaux. Quel que soit votre bateau, dans ce rallye, vous n’avez pas à avoir de complexe. Le plus petit est un Confortina 32 (9.50 m) et les unités les plus importantes sont un Oyster 825 (25,15 m), un Farr 83 (24,95 m), un Southern Wind 82 (24 m) et un Swan 76 (23,30 m). Sur les pontons, il y avait bord à bord un Ticani Yacht (Caïque), un Southern Wind (22 m) et un Lévrier des Mer de (20,30 m). 22 bateaux faisaient moins de 12 m et 72 entre 12 et 15 m. Peu de bateaux neufs, la moyenne d’âge est d'environ 12 ans. Le départ, différé suivant les catégories Avec plus de 200 bateaux sur l’eau, il faut bien gérer pour avoir un minimum de problèmes au départ. Il faut reconnaître que tout est fait dans ce sens avec l’aide du club de Las Palmas. Un seul bateau est revenu au port pour un abordage sans gravité et trois ont reporté leur départ à cause de problèmes techniques. Les conditions météo étaient idéales, un vent de l’ordre de 15 nœuds de NE. A 12h30, le départ a été donné pour les 29 multicoques dont l’Outremer 5X qui n’était pas là pour faire de la figuration. Il est skippé par Knut Frostad, navigateur professionnel sur la Volvo Race avec comme équipiers des régatiers professionnels. Côté pavillons français, trois Lagoon (deux 450F et un 52) et un Fountaine Pajot Lavezzi 40 se sont mesurés entre eux. A noter également un équipage français sur un Lagoon 42 battant pavillon américain. Nous suivrons particulièrement ce bateau équipé d’un hydrogénérateur Save marine spécialement développé pour les multicoques. En effet, ce sont les premiers essais sur un multicoque. A 12h45, les 34 bateaux inscrits en IRC ont pris le départ à leur tour. Dans cette classe, il est interdit d’utiliser le moteur pour la propulsion. Dès la ligne de départ, nous avons eu droit à une régate entre le maxi Rambler 88 le VOR 70. Ces unités vont tenter de battre le record qui est de 8 jours, 7 heures et 39 minutes. A 13 heures, le reste de la flotte (150 bateaux) s’est élancé. Dans cette catégorie, l’utilisation du moteur pour la propulsion est autorisée mais il est demandé de noter le nombre d’heures. On trouve tous les types de bateaux avec à bord des familles avec ou sans enfants, des jeunes qui partent pour une année sabbatique, des amis qui, pour beaucoup, n’ont jamais traversé l’Atlantique. La plupart souhaite effectuer ces 2 800 milles sans esprit "course", mais en favorisant la détente et la vie à bord. La veille du départ, les caisses d’avitaillement étaient là pour le confirmer. Pour la traversée, suivant s’ils sont optimistes ou pessimistes, ils comptent entre 15 et 20 jours. L’équipement et même le suréquipement Il y a beaucoup d’équipements sur l’ensemble des bateaux. Pour les communications, l’obligation étant de donner sa position journalière, un seul moyen : les systèmes satellitaires. Parmi ceux-ci, l’iridium, y compris avec le système de transmission d’images, est très présent de même que les différents Inmarsat. Bien entendu, tous les bateaux ont au minimum un pilote in-bord (voir deux), une centrale de navigation et de la cartographie électronique. Pour le confort, le dessalinisateur est le plus présent. Tous ces équipements demandent de l’énergie pour fonctionner. Pratiquement sur tous les bateaux ont été installés des panneaux solaires souples nouvelle génération. Certains ont tout misé sur cette énergie en complément de l’alternateur moteur. Un grand nombre s’est tourné vers un groupe électrogène fixe et quelques-uns vers un hydrogénérateur. Les éoliennes sont peu nombreuses, il faut dire qu’aux allures portantes elles ne sont guère efficaces. Naufrage sur l’ARC Le mercredi 23 novembre, à 370 milles au Sud-Ouest des Canaries, le voilier Noah de 41 pieds, battant pavillon allemand, a été victime d’une voie d’eau ne pouvant être localisée et la défaillance de la pompe de cale n’a pas permis de faire face. Le monocoque White Satin et le catamaran Step by Step 2, également engagés dans l’ARC, venaient sur zone, restant à côté de Noah jusqu’à l’arrivée du bâtiment de recherche océanique RSR James Cook. Les cinq membres de l’équipage, contraints d’abandonner leur bateau, embarquaient peu après à son bord. Le sauvetage, coordonné par le MRCC Tenerife, se terminait le même jour à 16 heures 45. Les membres de l’équipage, une famille allemande, étaient débarqués le vendredi 25 au port de Santa Cruz de Tenerife. D’après le skipper, le voilier aurait heurté un objet flottant causant la voie d’eau. Ce voilier de grande croisière en aluminium a été dessiné il y a vingt ans par Oswald Berckemeyer.

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L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…