Solitaire du Figaro : dans les coulisses de la direction de course à mi-parcours

Course au large
Par Figaronautisme.com

La Solitaire du Figaro a la particularité de bénéficier de bateaux suiveurs, qui assurent la sécurité des marins et la couverture médiatique. Ils embarquent également une partie de la direction de course qui suit ainsi les marins au plus près. Francis Le Goff et ses adjoints Yann Chateau et Pierre Hays expliquent ce dispositif et dressent un premier bilan à mi-parcours.

Francis Le Goff - Directeur de Course ©Alexis Courcoux - La Solitaire du Figaro 2021
La Solitaire du Figaro a la particularité de bénéficier de bateaux suiveurs, qui assurent la sécurité des marins et la couverture médiatique. Ils embarquent également une partie de la direction de course qui suit ainsi les marins au plus près. Francis Le Goff et ses adjoints Yann Chateau et Pierre Hays expliquent ce dispositif et dressent un premier bilan à mi-parcours.

Comment fonctionne la direction de course ?

« L'équipe se compose d'un directeur, accompagné par deux adjoints, et de cinq personnes dédiées à la logistique mer, qui accueillent les marins, s'occupent des bouées, des balises et de tout ce qui permet à la compétition de bien se dérouler sur l'eau. Elles assurent un travail permanent pour que ce soit bien huilé. A la direction de la course, on se répartit entre terre et mer. Le directeur adjoint à terre fait les ETA (estimated time of arrival), les alertes, et fait le relais sur les incidents qui ont lieu. Il a un rôle essentiel, dans la mesure où il dispose aussi de toutes les informations pour mener une opération de sauvetage, un remorquage ou tout autre événement de mer. Il est un relais incontournable et central. »

En quoi consiste le dispositif des bateaux accompagnateurs ?

« C'est d'abord un gage de sécurité renforcée au regard du fait qu'il y a des jeunes bizuths, des passages au ras des cailloux, des incidents, comme le filet de pêche qui s'est coincé dans la quille d'un concurrent sur la première étape. Au-delà, les bateaux accompagnateurs assurent la transmission des bulletins météo par la VHF, et des classements deux fois par jour. Le dispositif repose sur trois bateaux afin que tous les concurrents, ceux de tête comme ceux de l'arrière, disposent des mêmes informations au même moment. C'est un gage d'équité sportive. Quand la flotte est trop éclatée et que certains solitaires ne sont pas à portée de VHF, la direction de course à terre prend le relais et les contacte par téléphone iridium.

Ce dispositif s'explique aussi par le format unique de La Solitaire, la seule course humainement envisageable sans trop de sommeil. Un skipper du Vendée Globe dort dix fois plus par jour qu'un skipper de La Solitaire du Figaro. Sur certaines étapes, les marins se mettent vraiment dans le rouge. Être en mer avec eux permet de rester en veille et de sentir cette fatigue. »

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© Alexis Courcoux - La Solitaire du Figaro 2021

Justement comment cette veille sur la flotte est-elle assurée ?

« Cette surveillance continue, H24, est d'abord auditive. En mer, le directeur a la table à carte à 30 cm de sa bannette et la VHF à 30 cm de son oreille. Sur les étapes, il ne dort pas beaucoup et vit au rythme des marins. En mer, il n'y a pas de notion de quart, dans la mesure où l'un des enjeux est de sentir l'ambiance de la flotte pour savoir quand rester en alerte. Il s'agit d'écouter la voix des marins, qui permet de déceler tout de suite s'il y a un problème, s'il y a de la tension. C'est fondamental de connaître et rester à l'écoute des marins. »

Quel premier bilan sportif tirez-vous de ces deux premières étapes ?

« Pierre Quiroga a été impressionnant en signant deux étapes vraiment fortes avec une 1ère manche de 2e et une autre de vainqueur, en faisant sa propre route, de manière très décomplexée, devant un plateau de folie. Certains sont beaucoup plus à l'aise dans la gestion des systèmes météo que dans la conduite pure du bateau. Ils ont hâte de pouvoir s'exprimer sur la troisième étape, qui va être plus tactique. Les deux premières étapes étaient plus axées vitesse et technique, avec de petits coups à jouer, notamment au niveau du passage des îles anglo-normandes mais cela s'est beaucoup joué sur la vitesse ».

Et du côté des avaries ?

« Il y a eu plusieurs collisions avec des ofnis (objet flottant non identifié) qui ont endommagé les safrans de Violette Dorange (Devenir) et Corentin Horeau (Mutuelle Bleue pour l'Institut Curie) ou les foils de Benoît Mariette (Générations Senioriales), pas mal de soucis d'électronique, notamment à cause des navigations au vent de travers très rapides mais également très humides lors de la première partie de la deuxième étape. Benoît Mariette (Générations Senioriales) et Xavier Macaire (Groupe SNEF) en ont notamment fait les frais mais il y en a eu d'autres. La partie informatique a bien souffert sur ces deux premières étapes. Il y a eu aussi des voiles abîmées, des spis explosés, des casquettes endommagées, des bouts qui ont lâché...Il faut se rappeler que ces deux étapes étaient ventées, rapides ! »

Et du côté humain ?

« Ces deux grosses étapes ont épuisé les marins qui sont arrivés parfois extrêmement fatigués. L'un de nos rôles est alors de nous assurer qu’ils parviennent bien à ramener leur bateau au ponton une fois qu'ils ont passé la ligne. Nous prenons en charge les plus fatigués que nous guidons parfois jusqu'au port, car ils ne savent plus du tout où ils en sont ».

Et côté bizuth, que peux-t-on dire ?

« Gaston Morvan (Bretagne – CMB Espoir) domine pour l'instant. Il a été bercé dans l'univers de La Solitaire du Figaro depuis sa plus tendre enfance. Il a un gros bagage technique, c’est pour cela qu’il domine les autres bizuths. Il reste à voir comment il va se comporter sur la prochaine étape qui s'annonce plus ouverte. Elle sera un bon test pour voir la polyvalence de ces nouveaux marins ».

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© Alexis Courcoux - La Solitaire du Figaro 2021

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…