Le Cap, une autre version de la Corse

Lundi 18 avril 2016 à 12h00

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On a coutume de l’appeler « l’île dans l’île ». Long de quarante kilomètres, large de quinze, le Cap Corse est un paradis discret. La circulation maritime est moins dense, les accès à la mer sont simples. Tout le long du littoral, les petites marines rivalisent de beauté, comme autant de versions miniatures du village capcorsin.


Le couvent Saint-François et la tour génoise, en partie détruite, de la marine de Pino (dite de Scalu). Crédit photo : Julien Collet

Le Cap Corse est différent du reste de l’île : le schiste abondant recouvre les toitures et exhibe ses affleurements, parfois d’un vert magnifique, aux promeneurs ; les maisons et autres mausolées des « Américains » (palazzi d’Americani) rappellent que de nombreux Cap-Corsins prirent la mer pour les Amériques. Certains firent fortune à Porto - Rico ou au Venezuela puis revinrent bâtirent des châteaux au cap Corse.

Le Cap, c'est aussi des tours génoises, des couvents et des églises, des moulins, des villages remarquables… Et, le long du littoral, de minuscules marines, des criques désertes même en pleine saison touristique, des endroits perdus. Ici, pas de sable blanc ni d'hôtel clinquant, mais des plages de galets, des falaises qui plongent directement dans la mer, et une offre restreinte d'hébergement. Pour découvrir le Cap par la route, une seule solution : suivre la D80. Attention, les paysages sont magnifiques : l'unique route qui contourne ce « doigt de la Corse » pointé vers le nord est comme un balcon au-dessus de la mer.

Depuis Bastia, la côte est, la moins escarpée, est formée de vallées qui descendent doucement vers la mer. Elle est parfaitement abritée des vents d’ouest et très accessible, avec de nombreuses plages et des chemins de mise à l'eau.

Erbalunga
Sans doute l'un des plus beaux villages de la côte orientale du cap, avec ses maisons qui s'avancent dans la mer, son petit port et sa placette flanquée de hauts palmiers, sa tour génoise les pieds dans l'eau et ses maisons de maître.

Marine de Pietracorbara
L'une des plus belles - et des rares - plages de sable du Cap. La baie est profonde, la plage très étendue, et le panorama des plus paisibles ; un endroit idéal (surtout le matin de bonne heure, en saison) pour nager, se baigner, faire du snorkeling (sur le versant nord de la baie, où les nombreuses roches et petits éboulis sont autant d'abris potentiels pour les poissons). Un très bon site de mouillage également (sauf par vent de secteur est).

Porticciolo
Quelques maisons blotties autour d'un port minuscule, quelques barques de pêcheurs. Il faut visiter cette marine miniature !

Santa Severa
Si vous souhaitez rejoindre la côte ouest du Cap sans faire le tour par l'extrémité nord, la D180 vous mènera à Pino, via le col Santa Luccia (381 m). Une randonnée est possible à partir du col, jusqu'à la tour de Sénèque (1 h 30 de marche) : outre un lieu que l'illustre aurait fréquenté, c'est surtout un point de vue sublime sur les côtes opposées du Cap et sur la chaîne montagneuse qui traverse la péninsule.

Marine de Meria
Une marine plutôt familiale, discrète et charmante, avec sa petite plage, sa tour génoise et son petit cap rocheux. Ici aussi, une route transversale permet de gagner la côte ouest. La D35 qui conduit à Morsiglia est très peu fréquentée, et des plus bucoliques.

Maccinagio
Dernière halte de la D80 sur le littoral oriental, Maccinagio offre une situation idéale aux plaisanciers et aux randonneurs : pour les premiers, un port de 585 postes à quai, de nombreux équipements, et un rayonnement possible vers la Réserve naturelle des îles Finocchiarola, l'archipel toscan (Capraïa, Elbe, Pianosa, Monte-Cristo) ou l'extrémité du cap ; pour les seconds, Maccinagio marque le départ du sentier des douaniers : 19 km jusqu'à Centuri, en longeant toute la pointe du Cap.

À partir de Macinaggio, la D80 coupe le Cap. Il faudra l’emprunter jusqu’à Ersa pour prendre une petite route qui se sépare rapidement entre la D153 et la D253, menant à Tollare ou à Barcaggio. L’extrémité du Cap est un endroit magnifique. Face aux deux petites marines, l'île de la Giraglia s'impose. Haute de 66 m, exposée aux vents et à des courants importants, elle n'est plus habitée depuis l'automatisation du phare, l'un des plus puissants de Méditerranée.

La côte ouest du Cap est comme une longue falaise, la D80 est souvent adossée à une paroi abrupte et longée par un précipice ; depuis la terre, les accès au rivage sont plus rares. Mais le décor est saisissant.

Centuri
Plusieurs possibilités à Centuri : au pays de la langouste, faire honneur au crustacé dans l'un des nombreux restaurants enserrant le petit port ; explorer l'îlot de Capense en snorkeling ; randonner sur les hauteurs jusqu'au moulin Mattei. Centuri est un lieu de mouillage apprécié (sauf en cas de vent fort de sud-ouest).

Pino
La tour génoise, l'ancien couvent Saint-François, les quelques maisons les pieds dans l’eau, le port minuscule : la marine de Pino est magnifique. La transparence de l'eau invite à la baignade. C'est un très beau site à explorer en palmes, masque et tuba, fait de labyrinthes de roches érodées (notamment la petite baie derrière la pointe surmontée de la tour).

Giottani
Là encore, une version miniature du village capcorsin : un petit port, quelques maisons, et une petite plage de galets, mais encadrée de deux falaises imposantes. Quand la mer est calme, un site intéressant à découvrir en plongée jusqu'au rocher de la Mogliarese (versant nord de la baie). Soyez prudent, la zone est ouverte aux courants et à la houle.

Nonza
Nonza est une halte courue mais incontournable. Ce village classé, perché sur sa falaise noire, était, à la fin du XIXe siècle, la capitale du cédrat (l'île était le premier producteur et exportateur mondial de l’agrume, avec près de 45 000 tonnes produites par an). Depuis la tour génoise, le panorama sur la côte, la mer à perte de vue, l'immense plage en contrebas, est grandiose.

La marine de Negru
Quelques maisons qui s'ouvrent à la belle saison, une petite tour génoise du XVIe siècle, un élégant pont de schiste, un ruisseau d’eau claire qui serpente jusqu'à une plage de galets sombres : la marine de Negru est un havre de paix. En été, quelques petits hôtels et restaurants, une paillote, quelques kayaks, assurent une vie joyeuse et animée à cette marine discrète.

À savoir
Attention, les distances parcourues sont vite importantes et les stations de carburant sont peu nombreuses sur la D80 : Erbalunga, Santa Severa, Macinaggio. Restez toujours très prudent en conduisant sur la D80 à flanc de falaise, les autocars et les motards vous rappelleront vite à la plus parfaite vigilance ! Sur votre trajet, un seul point funeste : la carcasse d’une ancienne usine d’amiante, fermée depuis de longues années mais toujours pas rendue décente depuis (entre Canari et Nonza).


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