
La 44e édition de la Solitaire s’élance depuis l’estuaire de la Gironde ce dimanche. Direction Porto pour une première étape au parcours théorique de 536 milles. En attendant cette grande bouffée d’air frais, les concurrents passent une semaine studieuse au Port de la Lune, à deux pas du centre-ville de la capitale girondine. Jeunes aux dents longues et talents confirmés se croisent ainsi dans la bonne humeur alors que les contrôles de jauge, garante de la course à armes égales, se déroulent au jour le jour. Le plateau des participants est cette saison des plus chatoyants. Jamais Solitaire n’avait en effet connu autant d’anciens vainqueurs à nouveau à l’ouvrage. L’ogre Michel Desjoyeaux (TBS) et ses trois titres, Jérémie Beyou (Maître CoQ) et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) deux victoires chacun, Nicolas Lunven (Generali) et Yann Éliès (Groupe Quéguiner Leucémie Espoir) auréolés d’une victoire, et le doyen de cette édition, Gilles Le Baud (Carnac Thalasso & Spa), 64 printemps, double triomphateur de la Course de L’Aurore en 1973 et 1978. Face à cette adversité, la classe montante a des atouts non négligeables pour contrecarrer les velléités des cadors. Le champion de France Élite de Course au large 2012, Morgan Lagravière (Vendée), sera sans conteste un des hommes à surveiller. Chef de file de la nouvelle génération prête à entrer dans la carrière quand les aînés n’y seront plus. Une seule femme croisera le fer avec tous ces acharnés de l’écoute, Claire Pruvot (Port de Caen Ouistreham), avec l’ambition de bien faire et la volonté d’apprendre vite.
Paul Meilhat (Skipper Macif 2011), 6e en 2011 et 9e l’an passé, se délecte de cette future bagarre de Titans devant se dérouler entre Bordeaux, Porto, Gijón, Roscoff et Dieppe, pour un total de 1938 milles débridés : « Ce sont les favoris qui vont prendre la pression. En ce sens, la position d’outsider est agréable à porter. Les sensations personnelles sont primordiales avant de partir pour une Solitaire. Et je me sens très bien par rapport à mes précédentes participations. Je pense même avoir une carte à jouer. En gagnant la Solo Concarneau en ce début mai, j’ai pris encore plus de confiance. Cette année la course se durcit. Une volonté de l’organisation qui me plaît. Avec des parcours plus longs et des périodes de repos plus courtes. Une version de la course au large que j’apprécie lorsqu’il faut aller au bout de ses limites ».
En attendant le coup de canon depuis les rives du vignoble bordelais, dimanche à 13 h 02, les visages vont commencer à se tendre et les stratégies à se peaufiner. Avec une obsession, trouver les clés d’une partition allègrement exécutée.
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