
Nicolas Bérenger, le coach du Centre d’Entraînement Méditerranée de la Grande Motte, fait le bilan de ses poulains à mi-parcours.
Ancien figariste, il a participé à sept Solitaire du Figaro, Nicolas Bérenger est passé de l’autre côté de la barrière il y a quatre ans. D’abord routeur, il est désormais depuis deux ans l’entraîneur des solitaires ayant décidé de faire leurs gammes hivernales en Méditerranée. Et il vit intensément la Solitaire du Figaro Éric Bompard Cachemire 2013 comme s'il était sur le plateau des engagés : « Pour moi, la Solitaire est une partie de ma vie. J’y ai passé des moments inoubliables, en me repassant les films de chaque épreuve tous les hivers. Mon meilleur résultat ne s’est pas vu sur le classement général en 2007. Une année où je fais 5, 5, 23 et 4. Avec donc une très mauvaise étape. J’ai toujours eu du mal à rentrer dans les dix premiers ».
Cette année, le CEM présente sept concurrents sur la Solitaire du Figaro Éric Bompard Cachemire. Les autres membres n’étant pas présents faute de budget. Le Méditerranéen en parle avec sympathie : « Notre équipe est très hétérogène, avec les bizuths anglo-saxons qui ne parlent pas français et découvrent vraiment un monde. Jackson Boutell (Artemis 77) se débrouille très bien puisqu’il est leader du classement bizuth avec cinq petites minutes d’avance sur Claire Pruvot (Port de Caen-Ouistreham). Pour notre Irlandais, David Kenefick (Full Irish, c’est un peu plus dur. Il y a aussi les expérimentés comme Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), Xavier Macaire (Skipper Hérault) et Matthieu Girolet (Laffont Presse). Faire une mayonnaise avec tout ça n’est pas toujours simple mais cela fonctionne bien. Je leur apporte mon expérience avec des hauts et des bas. Et puis, il y a le côté humain qui est très intéressant sur cette course ».
Alors qu’un long périple doit les emmener aujourd’hui à partir de 12 heures vers Roscoff , Nicolas Bérenger les sent plus que jamais motivés : « Ils sont tous comme au matin de la première étape. Ils ont très faim de régate, hâte d’aller sur l’eau. Pour les anciens, ils sont dans le mode d’affirmer leurs performances comme Xavier et Jean-Pierre. Matthieu a lui bien progressé par rapport aux années précédentes en étant dans une phase vraiment positive. Et nos Anglais ont toujours le sourire, les yeux grands ouverts. Même Ed Hill (Artemis 37) qui a pris une belle prune sur la dernière étape. Le problème c’est qu’il a fait ce qu’on lui a dit de faire au départ de Porto. D’aller dans l’Ouest, mais il n’a pas su réactualiser son analyse. Nous sommes en partie responsables de son erreur, Dominic Vittet le météorologue pour le centre et moi. On fait tout pour le motiver à nouveau ».
Jean-Pierre Nicol a été le concurrent sans doute le plus combatif depuis Bordeaux. Même si sa 15e place actuelle ne le démontre pas explicitement. Il est juste derrière au classement de Nick Cherry (Magma Structures). Son entraîneur porte sur lui un regard admiratif : « Il est au sommet de sa forme. C’est un mec qui a un talent vraiment particulier. Je le considère comme étant au dessus de beaucoup. C’est un malin. Les années précédentes, il ne savait pas passer à la caisse, prendre la monnaie. Quand il faisait un bon coup, il allait en chercher un autre de suite. Maintenant, il fait son option mais reste moins extrémiste même si il est très joueur. Sur les deux étapes, il a tout le temps été dans le bon tempo. Même si cela ne paye pas en arrivant sur Gijón où il se prend les pieds dans le tapis. La prochaine est taillée pour lui. Il y aura beaucoup de choses à faire. J’ai une grande confiance en lui ».
Autre talent mais autre attitude. Le discret Xavier Macaire est une des valeurs montantes de la Classe Figaro Bénéteau. « Xavier n'est une surprise que pour lui-même. C’est fou. Cela fait des mois que je lui dis qu’un jour il gagnera la Solitaire. Il me dit que faire dans les dix serait déjà bien. Il a terminé deux fois dixième en deux participations. Je lui dis à nouveau qu’il doit être plus ambitieux. Mais je crois qu’il fait encore un complexe. Il n’arrive pas à basculer dans le format qu’il est le champion », conclut Nicolas Bérenger.
Ses hommes s’élancent sur une troisième étape s’annonçant très peu ventée. Des conditions méditerranéennes que l’entraîneur a eu tout loisir de bien détailler.
Classement du CEM après 2 étapes
4. Xavier Macaire (Skipper Hérault) à 1 h 50 du leader
15. Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) à 2 h 34
14. Nick Cherry (Magma Structures) à 2 h 22
18. Jackson Bouttell (Artemis 77) à 3 h 13
22. Matthieu Girolet (Laffont Presse) à 4 h 14
30. David Kenefick (Full Irish) à 5 h 15
34. Edmund Hill (Artemis 77) 9 h 09
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