
Malgré son avance confortable au classement général, Yann Éliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir) devra être plus que vigilant sur la 3e étape entre Gijón et Roscoff.
La troisième étape de la Solitaire du Figaro Éric Bompard Cachemire débute ce jeudi à 12 h depuis les Asturies. Direction le tout nouveau port de plaisance de Roscoff-Bloscon. 436 milles théoriques à parcourir pour les 40 skippers encore en course depuis l’abandon de Louis-Maurice Tannyères (Joanna). A la lecture du classement général, avec 57 minutes d’avance sur Frédéric Duthil (Sepalumic) et 1 h 44 sur Alexis Loison (Groupe FIVA), Yann Éliès caracole vers un second succès d’affilée sur l’épreuve. Sur le papier donc, le Breton sait qu’il lui reste encore des cartes maîtresses. Sa grande interrogation sera la présence pernicieuse du petit temps tout au long du périple à la fois hauturier et côtier, une chicane étant posée à l’île d’Yeu. Peu avant le briefing d’hier, il affichait une confiance mesurée : « J’espérais un peu de tranquillité. Mais non. Rebelote, encore une étape à hauts risques pour tous. Le petit temps annoncé va compliquer la donne. Avec des écarts qui peuvent faire mal à Yeu et aussi au raz de Sein si l’on ne prend pas la renverse dans le bon sens. J’ai donc un peu de stress et de crainte tout en conservant l’envie de gagner sur les terres de mon sponsor. J’ai fait en sorte sur cette courte période de repos de ne pas provoquer, de piquer au vif des concurrents qui sont déjà au fond du trou pour leur donner des raisons de se rebeller. De toute façon, comme c’est ma Solitaire, cela devrait bien se passer ».
Vainqueur à Gijón, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), 6e à 1 h 56 du leader, aimerait récidiver en arrivant dans les eaux qui l’ont vu élimer ses premiers cirés. Une baie de Morlaix aux cailloux dont il connaît tous les noms : « A Yeu, il peut y avoir des malheureux. Les 240 milles pour passer l’île ne se feront pas tout droit dans le golfe de Gascogne. Avec des vents très faibles et des transitions qui peuvent ouvrir le jeu. Des écarts peuvent peut-être se créer dans tous les sens. Les premiers au classement peuvent encore creuser le trou, ou d’autres qui reviennent. Ou encore un mec isolé qui tente une option un peu compliquée. Vu le classement, cela va permettre à quelques uns de se libérer. Mais là, je n’ai pas de boule de cristal, ce n’est pas mon métier. Après, cela sera tout aussi compliqué jusqu’au chenal de l’île de Batz que je connais bien ».
Comme lui, Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) songeait à la victoire d’étape époustouflante de Nicolas Troussel en 2006. Ce dernier avait mystifié la concurrence sur un parcours quasiment identique en réussissant une option incroyable dans le golfe de Gascogne lui ayant offert 8 heures d’avance sur pratiquement tout le monde. Un rêve malgré tout : « Cela ressemble aux deux premières avec peu de vent au départ. Pour moi, après ma très mauvaise première étape, je ne suis qu’à 30 minutes du podium. Et des écarts peuvent encore se faire si l’on flaire les bons coups. Et puis pourquoi pas avec cette dorsale sans vent voir quelqu’un s’échapper tout seul. Je doute quand même que cela puisse arriver. Le but est d’être toujours devant surtout dans le Sud de la Bretagne quand on touchera le vent de Sud-Ouest ».
La fatigue va faire son travail de sape sur cette 3e étape. Yann Éliès devra se concentrer uniquement sur sa course. Sans marquer ses plus proches adversaires, ils sont trop nombreux.
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