Météo Consult l’avait annoncé : le vent allait mollir progressivement en cette matinée de mardi. Devant le cap de Start Point, non loin de Torbay d’où sont partis les solitaires dimanche dernier, Xavier Macaire (Skipper Hérault) meneur de jeu incontesté, s’est retrouvé stoppé net.
Après 270 milles parcourus à se battre avec acharnement, les régatiers se retrouvent cet après-midi au coude à coude : 23 bateaux se tiennent en 5 milles, dont 10 en 2 milles . Autant dire que la dernière étape de La 46e édition de La Solitaire du Figaro – Eric Bompard cachemire n’a pas fini de nous tenir en haleine. 200 milles restants jusqu’à Dieppe… sous haute tension.
Un arrêt buffet dont le skipper méditerranéen se serait bien passé. Ses 7 milles d’avance ont fondu comme neige au soleil : en moins d’une heure ses camarades de jeu sont revenus à toucher son tableau arrière. « C’est un nouveau départ. J’ai perdu toute mon avance, mais ce n’est pas une grosse surprise, on remet les compteurs à zéro et c’est reparti. La motivation est toujours là, il n’y a pas de problème » confiait Xavier à la VHF cet après-midi.
Un Adrien hardi
Le skipper d’Agir Recouvrement est coutumier du genre : saisir la moindre opportunité pour tenter un coup s’il le sent bien. Dès les prémices de l’écroulement du vent, Adrien Hardy a optionné vers la côte pour aller chercher en premier la renverse de courant et parier sur l’arrivée du vent thermique. Le bougre a réussi son coup et s’offrait une glissade à 5 nœuds tandis que Macaire et Cie plafonnaient à moins de 2 nœuds. Si leurs trajectoires se trouvent décalée, Adrien Hardy et Xavier Macaire sont en tête par rapport à la distance au but.
Retours et bagarres
Le bizuth Benjamin Dutreux (Team Vendée) a lui aussi profité de cette situation en s’offrant une remontée spectaculaire lui permettant depuis quelques heures de jouer aux avant-postes, non loin de Corentin Horeau (Bretagne – Crédit Mutuel Performance) et de Gildas Mahé (Qualiconfort – The Beautiful Watch). Le Britannique Alan Roberts (Magma Structures) a su, lui-aussi, se positionner pour attraper le thermique. Alan connaît la région et ses effets de pointes et de baies. Un paquet de six bateaux légèrement décalés au sud de la route directe joue un match dans le match. Les Douguet, Eliès, Beyou, Dalin, Gautier régatent au coude à coude et prient pour que le vent continue de porter.
Clair jusqu’à Owers, nébuleux jusqu’à Dieppe
Poussés par le thermique de sud-ouest qui souffle à 10 nœuds, les 38 Figaro Bénéteau 2, Tolga Ekrem Pamir (Un jour, un homme, un arbre) fermant la marche à 30 milles, progressent à 8 nœuds, avant la renverse de courant. Comme pourrait le dire Alain Gautier (Generali 40) : « Il faut faire avec, c’est toutes les six heures ! ». Dans la soirée, le vent ne devrait pas mollir, mais perdre en vigueur dans la nuit. Pour les skippers, l' incertitude demeure sur la transmanche et l’arrivée à Antifer. D’ici là, la régate bat son plein, malgré la fatigue accumulée…