Les 3 phénomènes météo les plus redoutés des marins du Vendée Globe

Vendée Globe
Jeudi 8 octobre 2020 à 6h27

A un mois du départ de la prochaine édition du Vendée Globe, la rédaction fait le point sur trois phénomènes météo redoutées par les skippers lors de leur tour du monde.

Photo envoyée depuis le bateau Famille Mary - Etamine du Lys le 19 Décembre 2016 ©Romain Attanasio
A un mois du départ de la prochaine édition du Vendée Globe, la rédaction fait le point sur trois phénomènes météo redoutées par les skippers lors de leur tour du monde.

La traversée du Pot au Noir

Le Pot au Noir correspond à une zone intertropicale très instable où les conditions météo sont très variables à la fois dans le temps et l’espace, avec des températures et un taux d’humidité très élevés. C’est là que se rencontrent les alizés de nord-est dans l’hémisphère Nord et ceux de sud-est dans l’hémisphère Sud. Cette zone de convergence des vents est propice à la formation de gros cumulonimbus, ces nuages à fort développement vertical à l’origine de fortes pluies orageuses et de vents violents. Dans les parages de ces nuages, le vent peut passer brutalement d’une dizaine de nœuds à une quarantaine de nœuds. Les marins doivent donc scruter le ciel et se préparer à de rapides réglages de voiles lors de l’arrivée du phénomène. Certains habitués n’hésitent pas à analyser les images satellites et trouver la moindre opportunité pour traverser cette zone le plus rapidement possible. Dans leur descente de l’Atlantique, la plupart des marins cherchent à se décaler dans l’ouest puisque le Pot au Noir est y est plus étroit qu’à proximité du continent africain.

Les 50ème hurlants dans l’hémisphère sud

La longue traversée de l’océan Pacifique dans l’hémisphère sud est rythmée par la circulation de dépressions très creuses avec des épisodes de vent violent au passage de fronts actifs et dans une mer souvent déchainée. Ces conditions météo très agitées justifient le terme de 50ème hurlants employé par les navigateurs dans cette partie de l’hémisphère sud. Le passage du Cap Horn situé à 55° de latitude sud en Terre de Feu, est l’un des passages clés du parcours du Vendée Globe. Les montagnes qui culminent à près de 4 000 mètres sur la côte Sud-Ouest de la péninsule américaine canalisent et accélèrent le vent dans cette zone. Le phénomène est accentué par les effets catabatiques. Ce sont des vents froids et violents qui descendent du haut des montagnes. Ils portent le nom de williwaws dans les canaux de Patagonie et sont redoutés des marins qui naviguent dans cette région du globe. Les parages du Cap Horn sont donc souvent synonymes de conditions météo dantesques avant la longue remontée de l’Atlantique en direction de la France.

Les pièges des anticyclones

Si l’on porte toujours beaucoup d'attention aux dépressions parce qu'elles sont souvent synonymes de vents forts et de mer agitée, les anticyclones associés à un temps calme constituent aussi une préoccupation des marins. C’est au cœur des zones de hautes pressions que les vents sont les plus faibles. L’objectif est donc d’éviter de se faire pièger par les calmes d’un anticyclone. Pour éviter la « pétole »  (absence de vent) et ne pas se retrouver immobilisé sur l’eau, il leur faut  contourner les zones de hautes pressions pour garder suffisamment de vent, tout en ne rallongeant pas trop le parcours. Les anticyclones peuvent se déplacer, mais ils sont parfois relativement stables, ce qui oblige les voiliers à en faire le tour. Les deux plus connus sur le Vendée Globe sont l’anticyclone de Sainte Hélène qu’il faut contourner sur la descente de l’Atlantique et celui des Açores qui est souvent en travers de la route directe lors de la remontée de l'Atlantique Nord.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.