Arrivée du Vendée Globe ce mercredi : quelles stratégies pour les 48 dernières heures de course ?

Vendée Globe
Lundi 25 janvier 2021 à 14h06

A deux jours de l’arrivée aux Sables d’Olonne et 700 milles restant à parcourir pour le trio de tête emmené par C.Dalin, L.Burton et B.Hermann, les marins étudient de près la meilleure stratégie pour parcourir les dernières centaines de milles avant l’arrivée aux Sables. Et autant dire que rien n’est joué… Non seulement les 3 premiers sont dans un mouchoir de poche mais deux poursuivants peuvent encore prétendre avoir leur chance, Thomas Ruyant et Yannick Bestaven. Pour ce dernier, la bonification d’une dizaine d’heures qui lui a été accordé pour avoir secouru Kevin Escoffier lui permet de rester largement dans la course pour la première place… Sa position très à l’ouest lui permet d’aller chercher un flux de sud-ouest très dynamique au plus près d’une dépression très creuse située au cœur de l’Atlantique Nord.

©Jean-Marie Liot/Alea
A deux jours de l’arrivée aux Sables d’Olonne et 700 milles restant à parcourir pour le trio de tête emmené par C.Dalin, L.Burton et B.Hermann, les marins étudient de près la meilleure stratégie pour parcourir les dernières centaines de milles avant l’arrivée aux Sables. Et autant dire que rien n’est joué… Non seulement les 3 premiers sont dans un mouchoir de poche mais deux poursuivants peuvent encore prétendre avoir leur chance, Thomas Ruyant et Yannick Bestaven. Pour ce dernier, la bonification d’une dizaine d’heures qui lui a été accordé pour avoir secouru Kevin Escoffier lui permet de rester largement dans la course pour la première place… Sa position très à l’ouest lui permet d’aller chercher un flux de sud-ouest très dynamique au plus près d’une dépression très creuse située au cœur de l’Atlantique Nord.

Deux options principales se dessinent

C.Dalin, L.Burton et B.Hermann se situent dans la même configuration météorologique à savoir un flux de sud-ouest entre 15 et 20 nœuds qui les oblige à faire une remontée en marches d’escalier au grand large de la péninsule ibérique. Pour ce lundi, aucune véritable option ne se dessine vraiment mais l’heure des choix va se faire d’ici mardi matin pour la traversée du golfe de Gascogne avec deux options principales qui devraient se dessiner :

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© METEO CONSULT

- option nord : une route très à l’ouest du golfe de Gascogne en remontant suffisamment au nord avant un dernier bord pour rejoindre les Sables d’Olonne dans un flux d’ouest-sud-ouest forcissant.

Avantages de cette option : avoir un meilleur angle au vent par rapport au vent de sud-ouest pour avoir de la vitesse. Cela permet aussi de toucher en premier le renforcement du vent d’ouest-sud-ouest prévu mercredi et arrivant par l’ouest du plan d’eau.

Inconvénients de cette option : la route est plus longue et les conditions de mer seront moins faciles avec une houle d’ouest de l’ordre de 4 mètres arrivant rapidement par l’ouest du plan d’eau.

- option sud : une route qui passerait par le sud du golfe de Gascogne

Avantage de cette option : une route beaucoup plus courte en distance, proche de l’orthodromie.

Inconvénients de cette option : plusieurs empannages a effectuer sur la route avec des vents plus faibles, en étant plus éloigné du système dépressionnaire évoluant vers le large.

Vers une arrivée à couteaux tirés

A deux jours de l’arrivée des premiers, la fiabilité devient bonne concernant les prévisions de vent jusqu’à mercredi. Un régime de sud-ouest modéré et un peu irrégulier dans le secteur chaud d’une perturbation pour la journée de mardi puis un renforcement du vent par l’ouest mercredi à l’avant d’un front perturbé évoluant sur le proche Atlantique.

Les marins évoluant les plus à l’ouest ont tout intérêt de faire route vers le nord pour aller chercher au plus vite le renforcement du vent de sud-ouest, au plus près de la dépression. Thomas Ruyant et Yannick Bestaven ont déjà anticipés cette option de route en filant vers le nord et peuvent espérer que ce grand détour sera payant d’ici 24 heures lorsqu’ils seront dans le régime de sud-ouest très musclé qui leur permettra de rattraper les milles perdus…

La question va se poser pour Louis Burton situé dans le nord-ouest de ces deux rivaux C.Dalin et B Hermann et qui pourrait bien opter pour une route vers le nord pour profiter d’avoir un peu plus d’air que ses poursuivants.

Pour C.Dalin et B.Hermann, les routages privilégient encore un passage vers le sud,  au large du Cap Finisterre avec quelques empannages à enfiler au large des cantabriques avant une remonter au plus court mercredi vers les Sables d’Olonne.

Au final, le classement risque d’être très serré à l’arrivée. Rien n’est encore joué à l’heure actuelle, d’autant qu’il faut prendre en compte les bonifications de B.Hermann (6 heures) et Y.Bestaven (10h15). Si les routages voient une arrivée au coude à coude entre C.Dalin et L.Burton, B.Hermann pourrait prétendre une première place en arrivant 4 à 5 heures après. Quant à Y.Bestaven, il garde encore une petite chance de pouvoir remporter le Vendée Globe. En étant le premier à toucher le vent fort à l’avant du front perturbé atlantique, il devrait réduire son retard sur le trio de tête entre mardi et mercredi. Les 10 heures de bonification pourrait suffire à se retrouver en bonne place pour rafler la mise…

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.