Vendée Globe : Maxime Sorel dans les starting blocks !

L’entrepreneur Sorel, accompagné d’une solide équipe, a tout donné depuis deux ans pour atteindre ce premier but travaillant sans relâche, maîtrisant toutes les composantes d’un tel projet. L’hyper actif cancalais est désormais non loin de couper la ligne de départ au large des Sables d’Olonne et de débuter son premier tour du Globe, lui qui n’a jamais navigué plus de 21 jours. Il va inéluctablement entrer dans une nouvelle dimension avec comme envie certaine de boucler sa boucle et de se frayer un chemin performant en direction de la Vendée en passant par les caps de Bonne Espérance, Leeuwin et Horn. Questions/réponses !
L’appréhension est-elle là ?
"Forcément oui, elle est là l’appréhension. Je pars tout de même pour un Tour du Monde ! Tous les matins, je me le dis et je décompte les jours. Mais, je ne me prends pas trop la tête. Cette semaine, j’ai pris du recul."
As-tu peur ?
"Non, pas de peur précise. Je vais prendre les choses comme elles viennent au fur et à mesure de mon Vendée Globe et je ne me fais pas de souci à l’avance. J’ai maintenant hâte d’être en mer."
Un podium officieux des voiliers à dérives droites est-il un objectif ?
"Oui c’est bien un objectif même si le premier est vraiment de boucler mon Tour du Monde. Je ne vais pas conditionner ma course en fonction des voiliers à dérives droites, je vais faire ma propre compétition."
Un chenal sans public, quel est ton sentiment ?
"C’est évidemment triste pour le public et nos partenaires. Je vivrais un chenal avec beaucoup de monde dans quatre ans ! Je pense que du coup la phase entre le chenal et le départ sera un peu moins chargée en émotion. Je vous en dirais plus quand je l’aurais vécu."
Comment comptes-tu partager ton Vendée Globe ?
"Je vais partager ma course au feeling en envoyant le plus régulièrement possible des textes, des photos et des vidéos. Je vais essayer de partager un maximum mon aventure."
Le parcours du Vendée Globe décortiqué par Maxime
Le Golfe de Gascogne : "on peut vite se retrouver dans le dur et des conditions difficiles où le bateau va vite et est très exigeant. C’est une première étape que je redoute car je préfèrerais avoir 48h avec des conditions plus clémentes pour me mettre dans le bain."
Le Pot au noir : "c’est un passage assez compliqué car il y a beaucoup de manœuvres. Je redoute ce passage et je n’ai pas hâte d’être dans les phases de molles avec les grains qui arrivent : on se retrouve sous toilés, dans la molle, avec de la mer, c’est l’horreur car tu es obligé de subir. L’objectif est de faire en sorte de subir le moins possible."
L’Anticyclone de Sainte Hélène : "c’est une partie qui n’est pas simple à négocier. Il y a beaucoup de microphénomènes locaux. C’est une partie stratégique. Un Vendée Globe peut se jouer là. Il faudra être attentif et cravacher. Une fois passé Sainte Hélène on est déjà dans un avant-goût de l’Indien."
Le Cap de Bonne Espérance et le Grand Sud : "c’est l’entrée de l’Indien. C’est le début de la partie qui parait redoutable avec les grandes houles du Sud avec des conditions très rudes entre les grandes dépressions et les anticyclones. Mais en même temps, c’est parait-il magique avec des couleurs magnifiques, la découverte des albatros. J’ai bien envie d’y aller !"
Cap Leeuwin : "la transition entre l’Indien et le Pacifique est assez floue. Je n’imagine pas tellement cette zone du Pacifique Sud… Grâce aux portes des glaces imposées par la direction de course, on ne descendra pas trop dans le sud. On ne devrait pas rencontrer d’icebergs car on sera dans des eaux à plus de 6°C. Cette porte des glaces nous contraint à surveiller tous les phénomènes météo car on n’a pas le droit de passer ce mur virtuel. On sera bien loin des îles paradisiaques avec les eaux turquoises et les palmiers du Pacifique."
Cap Horn : "c’est mythique ! Dans le Sud on se dit qu’on est loin de tout, et qu’il ne faut pas qu’il nous arrive quelque chose. Tout est loin. Au Cap Horn, on en termine avec cette partie de stress. On se rapproche des côtes et donc des secours. Il reste environ un mois de mer, mais les 2/3 du parcours est fait, c’est une vraie délivrance."
Remontée de l’Atlantique : "je n’ai jamais remonté l’Atlantique dans cette diagonale. Ca peut ne pas être simple, mais dès qu’on aura passé l’équateur, ça va être un truc de dingue. On doit avoir une vraie envie d’arriver. Il ne faut rien lâcher car il y a potentiellement encore des places à gratter."
L’arrivée : "ça doit être waouh ! Je pense faire le tour entre 85 et 90 jours."