Whale-watching : quelques consignes à respecter

Lundi 12 septembre 2016 à 7h00

Partir à la rencontre des baleines à bosse et de leurs petits est une expérience enivrante. Si en plus vous avez la chance de vous mettre à l'eau, elle vous marquera à jamais. A deux conditions : respecter certaines règles d'approche ; connaître les habitudes et le savoir-vivre baleinier vous évitera de surcroît de passer pour un grossier personnage. Mais encore faut-il les trouver...

Partir à la rencontre des baleines à bosse et de leurs petits est une expérience enivrante. Si en plus vous avez la chance de vous mettre à l'eau, elle vous marquera à jamais. A deux conditions : respecter certaines règles d'approche ; connaître les habitudes et le savoir-vivre baleinier vous évitera de surcroît de passer pour un grossier personnage. Mais encore faut-il les trouver...

Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) - précisons une seule bosse (sans « s » donc), qui est caractéristique de l’espèce et est située à la base de l’aileron dorsal - parcourent les océans sur des milliers de kilomètres chaque année pour se nourrir et se reproduire. Trois populations majeures sont identifiées : une en Atlantique Nord, une dans le Pacifique Nord, la troisième répartie en sous-groupes sur l’ensemble de l’hémisphère Sud. L’espèce détient des records de migration parmi les mammifères, certains groupes pouvant se déplacer sur plus de 20.000 kilomètres pour effectuer le trajet entre leurs zones d’alimentation et leurs zones de reproduction.

L’été, les baleines à bosse fréquentent les eaux polaires chargées de krill (des petites crevettes), capelans, lançons, petits poissons, dont elles se nourrissent. Elles font en effet partie des cétacés « filtreurs », les mysticètes, par opposition à l’autre grand groupe de cétacés, les odontocètes, qui ont des dents (comme le cachalot, l’orque ou le dauphin) et sont prédateurs. Elles filtrent l'eau et retiennent le krill grâce à leurs fanons, des dérivés dermiques situés sur la mâchoire supérieure.

Les baleines à bosse migrent ensuite l’hiver vers les eaux tropicales ou subtropicales, pour se reproduire et mettre bas. Durant cette période, elles ne s’alimenteront plus et vivront uniquement sur leurs réserves.

A chacun son hémisphère

Chaque population et groupe de baleines semblent adopter des zones d’alimentation et de reproduction spécifiques. Les populations de l’hémisphère Sud resteraient au-dessous de l’équateur, et vice-versa. Ainsi, les baleines qui viennent à La Réunion de mi-juin à mi-octobre pour se reproduire s’alimentent dans les eaux de l’Antarctique, comme celles qui remontent le long des côtes de l’Angola ou du Brésil et autour des îles du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie, îles Tonga). Mais, il semblerait, sans jamais se mélanger. Les baleines mettront un mois à un mois et demi pour rejoindre l'île Bourbon, distante de 5000 km de leur aire de nourrissage.

Dans l’hémisphère Sud, la plus grande migration est celle des mégaptères allant du sud du Cap Horn, où ils se nourrissent, à leurs zones de reproduction : côtes de la Colombie et du Costa Rica.

Dans l’hémisphère Nord, les baleines de l’Atlantique occidental s’alimentent entre le golfe du Maine et l’Islande et mettent bas aux Antilles, alors que la population du Nord de l’Europe, moins importante, migre de la Norvège à l’Afrique occidentale et aux îles du Cap-Vert. Enfin, les baleines du Pacifique Nord se nourrissent dans l’Alaska et se reproduisent le long des côtes mexicaines, autour des îles Hawaïï et des îles du Japon.

Des échanges ont toutefois été signalés dans les zones d’alimentation de l’Alaska entre les mégaptères d’Hawaïï et ceux du Mexique. Autre fait mentionné : les baleines à bosse du Golfe Persique ne migreraient pas et resteraient dans les eaux chaudes toute l’année.

Règles de bienséance

Le whale-watching et l’écotourisme baleinier se développent fortement depuis quelques années. Les mammifères marins sont protégés par la Convention de Washington, et toute approche ou observation des cétacés est rigoureusement réglementée. Pour conduire vos expéditions, faites appel à des associations d’observation et d’études des cétacés regroupant des spécialistes de la cétologie et des guides naturalistes compétents. Le plus souvent, la mise à l’eau est interdite. Toutefois, si vous avez la chance de vous glisser doucement à leurs côtés muni d'un masque et d'un tuba, voici quelques règles d'approche à respecter. Somme toute, des règles de bon sens :

- Eviter les mouvements brusques et les cris, ne pas sauter lors de la mise à l'eau (et proscrire toute mise à l'eau en présence de groupes actifs).
- S'approcher le plus silencieusement possible, de trois-quarts arrière ou de côté, jamais de face. A partir de 15 m de l'animal, éviter de palmer, sauf pour s'éloigner.
- Ne pas toucher ! La peau des baleines est sensible. Et ce sont des animaux sauvages, le risque de réaction violente et donc d'accident est toujours possible.
- Ne pas leur couper la route. Bien sûr, ne jamais séparer les groupes, en particulier les mères et leurs baleineaux.

Ce dernier point vaut également pour les bateaux (qu'ils soient à moteur ou à voile), mais aussi pour les adeptes du jet-ski, les kayakistes ou les surfeurs. Ils devront également :
- Passer au ralenti (3 à 4 nœuds) dès que les baleines sont observées à moins de 300 mètres de distance, puis diminuer progressivement cette vitesse.
- Ne pas s’approcher par l'arrière (le bateau serait perçu comme un poursuivant), mais de trois-quarts arrière puis parallèlement à la route de l'animal.
- Rester à une distance raisonnable (100 m). Le bateau est alors à l'arrêt mais doit pouvoir manœuvrer si nécessaire. Un moteur non coupé permet de faire connaître la position du bateau aux baleines.
- Veiller à ce qu'il n'y ait pas plus de trois embarcations autour des baleines.
- S'éloigner doucement, au moins jusqu'à 300 m du groupe.

Lieux de rendez-vous

A titre indicatif, voici quelques endroits propices à l'observation des baleines à bosse. Dans l'hémisphère Sud : en Nouvelle-Calédonie (juillet-septembre), en Polynésie, aux îles Tonga et à Rurutu (juillet-octobre), dans l'océan Indien, à Mayotte, La Réunion, Sainte-Marie et Madagascar (de mi-juin à fin octobre, voire début novembre). En Atlantique Nord : aux Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, Dominique), au Québec, dans le golfe du Saint-Laurent (de janvier à mars-avril). Dans le Pacifique Nord : en Californie, aux îles Hawaïï, au Mexique, dans la mer de Cortez, autour des îles méridionales du Japon... Les destinations autour du monde ne manquent pas. Peut-être préférez-vous envisager Les Galapagos, la Nouvelle-Zélande, ou la mer de Corail ? Et pourquoi pas l'Alaska ou la péninsule Antarctique ?


L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.