Cyclones : le plus grand danger n'est pas celui qu'on croit

Par FIGARO nautisme
Lundi 25 mars 2019 à 6h30

L’activité cyclonique est intense en ce moment. Après le passage dévastateur du cyclone Idai au Mozambique, deux autres cyclones ont frappé l’Australie ce week-end. Mais avec ce type de phénomènes météo, le danger n’est pas celui qu’on croit : les cyclones sont en effet bien plus qu’une simple grosse tempête.

L’activité cyclonique est intense en ce moment. Après le passage dévastateur du cyclone Idai au Mozambique, deux autres cyclones ont frappé l’Australie ce week-end. Mais avec ce type de phénomènes météo, le danger n’est pas celui qu’on croit : les cyclones sont en effet bien plus qu’une simple grosse tempête.

Le cyclone Idai est la pire catastrophe jamais connue par le Mozambique : plus de 500 mm de pluies se sont abattus sur la région de Beira (détruite à 90%), les vents ont soufflé jusqu’à 190 km/h sur le littoral et des vagues de 12 mètres ont été relevées.

Contrairement aux tempêtes tempérées (celles de chez nous) qui ont des vents forts sous presque toute la dépression, les cyclones ont des vents forts près de l’œil, et dès qu’on s’en éloigne, ils sont très rapidement moins puissants. Voilà pourquoi les vents, même s’ils sont à prendre en compte, ne sont pas le plus grand danger des cyclones (hormis sur les plages). Qu’ils soient ouragans (nom des cyclones en Atlantique nord) ou typhon (nom des cyclones dans l’océan indien), le danger est le même. Les tempêtes tropicales (stade précédant celui de cyclone) et cyclones de catégorie 1 génèrent même des vents loin d’être impressionnants : 90 à 120 km/h.

Le plus grand danger des cyclones, c’est l’eau

L’eau est l’élément responsable des plus grandes catastrophes sur terre causées par des cyclones, et cela de deux manières. La pluie est le phénomène le plus dévastateur à craindre : même sous une simple tempête tropicale, surtout si elle se déplace lentement, les cumuls de pluie sont parfois conséquents et susceptibles de générer des inondations et parfois des glissements de terrain. Sous un véritable cyclone, les cumuls peuvent atteindre 500 à 1000 mm, des cumuls gigantesques sous le cyclone lui-même, mais aussi en marge : avant l’arrivée du cyclone, et autour de lui. Des orages forts se développent en effet autour des cyclones, ce qui fait que les îles et pays qui s’apprêtent à être touchés par des cyclones sont déjà concernés par des orages avant, et restent concernés par des orages après son passage. Ces orages génèrent déjà d’importantes quantités d’eau, en plus de l’eau qui tombera (ou est déjà tombée) sous l’impact du cyclone. L’eau est également dangereuse d’une autre manière : la houle est forte à l’approche du cyclone et la surcote fréquente. Les vagues déferlent sur les plages et parfois dans les terres. Rappelez-vous des images de l’ouragan Sandy en 2011 qui avait noyé les métros de New York, et encore plus, des dramatiques inondations causées par l’ouragan Katrina en Louisiane (Nouvelle-Orléans) en 2005.   

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