Marsala, la Sicile à l’ancienne

Mercredi 27 janvier 2016 à 05h03

Une atmosphère de cinéma, des vestiges de l’époque phénicienne, des plages de rêve où l'on peut boire du vin local avec les Siciliens jusqu’à la tombée de la nuit, bienvenue à Marsala la méconnue.


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Des cloches sonnent, puissantes, graves, derrière la haute muraille de la Porte Garibaldi dressée à l’entrée de la ville. En suivant le dédale des ruelles ombragées bordées de vieilles bâtisses et de « palazzi » aux élégants balcons, elle apparaît, majestueuse : la cathédrale de Marsala avec son immense façade baroque, el Duomo comme on l’appelle ici. Des familles descendent les marches de la porte principale pour rejoindre la grande place, « la Piazza della Repubblica », où d’autres habitants discutent déjà en petits groupes. Les femmes sont habillées de noir avec hauts talons et voilettes sur le visage, les hommes ont revêtu le costume du dimanche, chaussures briquées assorties au chapeau. C’est la sortie de la messe dominicale, ici rendez-vous sacré. Marsala, c’est la ville de Dieu, le « Port de Dieu » plus exactement. « Mars Allah », tel est l’origine de son nom, à cette ville de la pointe ouest de la Sicile qui fut pendant des siècles la cité arabe de l’île et un port stratégique qui permit de commercer avec l'Afrique. Marsala, c’est aussi le port où débarqua le général Garibaldi en mai 1860 pour s’emparer de la Sicile et la rattacher malgré elle au royaume d’Italie.


Marsala est italienne donc aujourd’hui, mais sicilienne avant tout. Sur cette place, toujours dominée par le son des cloches, en observant le ballet des habitants qui se dispersent à pied dans les ruelles ou s’engouffrent dans leurs voitures sombres luisant sous le puissant soleil, une atmosphère du « Parrain » de Coppola se mêle au « Guépard » de Visconti, hors du temps, bercée au ralenti par le vent du large qui vient rafraîchir la chaleur étouffante de cette Sicile aride.

 

Des vestiges de navires antiques

Quelques marchands sont postés près de la route qui sépare la ville du bord de mer avec son grand port de plaisance pour être bien en vue de tous les voyageurs qui longent la côte de Palerme à Sélinonte. Sur leurs étals, des pastèques et des figues de Barbarie qui prolifèrent dans tous les buissons de cactus de l’île. Certains vendeurs se sont installés le long du haut mur du musée archéologique Baglio Anselmi qui s’impose telle une muraille entre la ville et la Mer Méditerranée. À l’intérieur sont conservées dans une semi-obscurité deux épaves de navires de l’époque carthaginoise, du temps où la ville s’appelait Lilybaeum et était une importante base navale lors des guerres puniques dans l’Antiquité. En ressortant au soleil, une petite île apparaît au loin : c’est San Pantaleo et les vestiges de sa ville antique de Mozia. Des fouilles ont révélé que les racines de la civilisation sur ce bout de Sicile étaient plantées dans cette île, dès l’époque phénicienne. Une route pavée de grosses pierres édifiée au VIe siècle la reliait à Marsala jusqu’en 1971, date à laquelle la montée des eaux a eu raison de ses 1,7 km de longueur. Aujourd’hui, on s’y rend à bord de navettes partant toutes les trente minutes d’un ponton situé entre Marsala et l’aéroport de Trapani.

 

Un vin local et des plages de rêves

Depuis la mer, on distingue les moulins à vent et les marais salants qui recouvrent l’île. En se retournant vers Marsala, on découvre que la ville aussi est entourée de marais salants, et de vignes. Beaucoup de vignobles. Car c’est là que l’on récolte le raisin qui fait le fameux vin liquoreux « Marsala », produit dans la région depuis des siècles sous le nom de « perspectum » et rendu célèbre dans le monde entier par le marchand anglais John Woodhouse au XVIIIe siècle. L’idéal est de le déguster sur l’une des deux plages situées à la lisère de la ville et que l’on rejoint en quelques minutes de voiture : Punta Tramontana caractérisée par un sable blanc et une eau turquoise. Et la plage du Lido Signorino où les vacanciers peuvent se mêler aux habitants pour des apéritifs à la sicilienne, jusqu’au coucher du soleil.

 


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