Une mer débordante d'énergie

Blog Eric Mas
Mardi 14 janvier 2014 à 7h22

Elles ont été exceptionnelles ces vagues qui, pour le passage à la nouvelle année, se sont illustrées en toquant violemment à la porte de l’Europe, tout le long de sa façade ouest, depuis l’Écosse jusqu’au Portugal. D’où venaient-elles ? Où allaient-elles ? Que voulaient-elles ? Que pouvaient-elles nous apporter ?
 

Elles ont été exceptionnelles ces vagues qui, pour le passage à la nouvelle année, se sont illustrées en toquant violemment à la porte de l’Europe, tout le long de sa façade ouest, depuis l’Écosse jusqu’au Portugal. D’où venaient-elles ? Où allaient-elles ? Que voulaient-elles ? Que pouvaient-elles nous apporter ?
 

Bien sûr les vagues sont filles du vent, et initialement elles ne font que transporter le message de leur géniteur qui, pendant cette période, a soufflé en tempête au milieu de l’Atlantique. C’est que lui-même recevait le renfort du grand souffle de sud-ouest après qu’il ait longé la côte des États-Unis sans pouvoir y pénétrer. Interdit de séjour sur ce continent déjà sous blocus de l’air glacial (-40° historique).

 

Tempête très forte, très vaste et très durable. La mer n’a fait que transférer ce qu’elle recevait : une énergie hors du commun. Elle est ainsi passée, selon les expressions de l’échelle Douglas, qui est à la mer ce que Beaufort est au vent, d’agitée à forte, puis très forte, grosse, énorme. Énorme, c’est-à-dire des vagues de plus de 14m. Ce que l’on fait de plus colossal en Atlantique Nord. Mais l'énergie d'une vague n'est pas que dans sa hauteur. Elle est aussi dans sa longueur et dans sa vitesse de voyage. Une vague moyenne, propulsée par une telle tempête mesure 12m de haut, 400m de long et voyage à 70 km/h. A cette vitesse, elle arrive du milieu de l’Atlantique en à peine plus d’une journée. Chaque train de vagues qui arrive sur nos côtes apporte avec lui une quantité d’énergie d’autant plus importante que sa vitesse est élevée.


L’assaut a donc été à la mesure de la tempête qui sévissait au milieu de l'Atlantique, elle-même sous l’influence de l’air glacial américain. Autant dire qu’une vague de froid pétrifiante sur le nouveau continent a expédié une multitude de vagues marines explosives sur le vieux continent.


Les américains ont dû consommer beaucoup d’énergie pour lutter contre le froid, nous en avons reçu plus que nécessaire.
Mais notre faiblesse est de n’être pas prêt à la récupérer, cette énergie. Il y a pourtant de nombreux développements qui s'y essayent avec des moyens différents le long des côtes européennes.
 

Les Portugais exploitent à la surface de la mer le « Pelamis ». Nom latin pour dire serpent puisque cet engin est composé de plusieurs cylindres (3,5m de circonférence) reliés entre eux sur une longueur totale d’environ 150 mètres. Les vagues provoquent la montée et la descente de chaque tronçon du serpent métallique et c’est au niveau des articulations que des pompes à huile récupèrent l’énergie qui est convertie en électricité.
 

Les Français ont décidé de travailler cachés et d’installer, entre 8 et 20 mètres de profondeur à la pointe bretonne, des Waverollers. Ce seront d’immenses battants qui, animés par le passage des vagues, produiront chacun la même quantité d’électricité qu’une éolienne de puissance moyenne.


Quelque soit l’outil retenu, l’homme a décidé d’appeler ces lieux de captage « ferme à vagues ». J’aurais mieux vu « ranch à vagues » car il s’agit plus de dompter la vague sauvage que d’en faire un élevage. Apprivoiser la vague… presque un langage de surfeur.


Ces vagues sauvages ne sont pas sournoises, comme peuvent l’être les vagues scélérates dont nous avons déjà parlé, puisqu’elles annoncent longtemps à l’avance leur arrivée. Mais, furieuses, elles mettent à mal certains de nos ports aguerris et trouvent peu de résistance sur nos faibles plages. En ce début d’année, franchissant les barrières, elles ont cassé de l’habitat et emporté quelques vies.
 

Si les tempêtes savent s’exprimer directement avec des records de vents (Lothar et Martin en 1999), elles le font aussi en surélevant de façon exceptionnelle le niveau de la mer (Xynthia en 2010), ou en envoyant des vagues ambassadrices.

Toute forme de tempête est un rappel à l’ordre.
 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.