Du vent, faut que ça bouge

Blog Eric Mas
Samedi 15 mars 2014 à 7h12

La vie est mouvement. Là où il n’y a pas de mouvement il n’y a pas de vie. Quoi de plus vivant que l’atmosphère. Et pourtant, quand on se retrouve sous une chape anticyclonique, que le vent est aux abonnés absents, on se rend compte du dommage qui résulte de l’immobilisme.
 

La vie est mouvement. Là où il n’y a pas de mouvement il n’y a pas de vie. Quoi de plus vivant que l’atmosphère. Et pourtant, quand on se retrouve sous une chape anticyclonique, que le vent est aux abonnés absents, on se rend compte du dommage qui résulte de l’immobilisme.
 

Sur son voilier scotché dans la pétole, le régatier contient sa fureur et essaye de ne pas aggraver la situation en limitant tout déplacement qui pourrait déséquilibrer et empêcher le démarrage de son bateau. Dans ces conditions, même un non-fumeur est tenté d’allumer une cigarette pour observer la montée verticale de la fumée. Commence l’interminable guet. Attendre que ces volutes veuillent bien signaler les premières petites turbulences, les premières risées, le semblant de remise en route. Faux départ, la risée n’a pas été suivie. Mais elles deviennent de plus en plus fréquentes… ca y est le vent rentre, la vie reprend.


Pour l’instant nous sommes à terre
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Et les nombreuses tempêtes qui ont défilé cet hiver, faisaient que l’on s’y sentait à notre place. Bien à l’abri avec, pour le plaisir des yeux, pour l’émerveillement devant la puissance de la nature, quelques fugues en bord de mer face aux furieuses déferlantes… Ca respirait le grand air.


Pour l’instant nous sommes à terre.

 

Et nous n’y sommes pas bien. L’anticyclone est venu s’installer sur le pays. La pétole, la chape, ce couvercle bombé qui, dans la cuisine maintient les petits plats au chaud, la chape nous enferme dans une bulle d’air vicié. La fumée qui s’échappe verticalement des cheminées d’usine indique bien que le vent est nul.


La nuit, quand la température de surface refroidit, ce couvercle est fait d’une couche d’air relativement chaud à quelques centaines de mètres d’altitude. Les météos parlent d’une couche d’inversion parce qu’en temps habituel c’est le contraire : l’air du bas s’élève emportant avec lui ses particules fines et rien ne l’arrête. Là, le couvercle empêche cette évasion et nous contraint à les respirer.


Et dans la journée ? Si le couvercle se fissure avec la montée des températures au sol, s’il se dissipe et que l’on espère un soulagement, c’est le soleil qui vient prendre le relais. Il remplace la pollution nocturne que l’on pourrait qualifier de mécanique par une pollution diurne dite photochimique. Les rayons ultra-violets déclenchent des processus complexes qui transforment des composés organiques volatils en ozone, en mauvais ozone ; celui qui irrite les yeux, le nez, les bronches.

 
De nuit, de jour l’anticyclone nous coupe le souffle.

 
Alors on attend, on guette. On en est à espérer une couverture nuageuse digne de ce nom qui nous protégerait du soleil, ou de la pluie qui nettoierait l’atmosphère. Le mieux serait l’arrivée du vent. Et même d’un vent de NW, un peu frais, instable avec si ce n’est pas trop demander quelques averses.


On respirera, la vie reprendra, et on oubliera comme le skipper oublie la pétole dès qu’il peut allonger la foulée.

 
Cette pollution dite de proximité aura au moins eu le mérite d’être directement perceptible. Ce qui est moins évident lors de pollution régionale avec des lacs qui deviennent translucides mais aussi des forêts de conifères qui ne dépérissent que lentement sous l’effet de l’acidité des pluies polluées.

 
Quant à la pollution globale… on ne sait pas encore calculer ses effets.
 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.