Stratégies météo mises à l'épreuve du Rhum

Blog Eric Mas
Lundi 5 novembre 2018 à 14h27

Une semaine avant le départ il y avait déjà toutes les raisons de craindre, qu’après une première journée confortable, le début de course serait des plus musclés...

L'océan ne laissera passer que les vrais marins, ceux qui auront su préserver le bateau et le bonhomme en état opérationnel jusqu'à l'arrivée, ceux qui ont su gérer le risque... ©Facebook Team Arkema
Une semaine avant le départ il y avait déjà toutes les raisons de craindre, qu’après une première journée confortable, le début de course serait des plus musclés...

Jour après jour, les skippers et leurs routeurs se sont plongés dans les fichiers numériques permettant d’afficher les vents et les états de mer sur leurs écrans, permettant aussi de calculer les routes théoriques les plus favorables pour aller vite au but. Ils voyaient bien que les différentes sources, américaines ou européennes, publiques ou privées, n’étaient pas toutes accordées, mais c’était clair pour tout le monde, ce ne serait pas la « croisière s’amuse ». Cyrille Duchesne, représentant les prévisionnistes de METEO CONSULT auprès de la Direction de Course, ajoutait à cela qu’il y avait des risques de tempêtes qui n’étaient pas affichées dans ces fichiers. Les fichiers ne nous disent pas tout.

DES RISQUES, oui, et c’est là toute la difficulté de l’exercice. Car si la compétition veut que le meilleur gagne, le meilleur skipper sur le meilleur bateau choisissant la meilleure route, l’océan ne laissera passer que les vrais marins, ceux qui auront su préserver le bateau et le bonhomme en état opérationnel jusqu’à l’arrivée, ceux qui ont su gérer le risque. Alors, on a beau calculer de belles trajectoires qui font faire de grands détours pour aller chercher les vents les plus favorables et les états de mer les moins défavorables, on a beau s’interdire d’aller naviguer là où les vagues sont énormes et s’écroulent en déferlantes destructrices, il faut bien trouver un passage.

En le cherchant, parfois comme une aiguille dans la botte de foin, on ne perd pas de vue qu’il faut apprécier le risque que l’on prend. Le risque c’est la combinaison de la probabilité qu’un évènement arrive, ici la tempête sur notre route, et de l’ampleur des conséquences que l’on subira alors, ici très probablement dramatiques.

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La route que l'on a retenue pour Arkema nous permet d'envisager un abri accessible si par mésaventure on n'arrivait pas à passer avant que la tempête ne sévisse. C'est l'art du compromis.© Facebook Team Arkema

Pour cette édition de la Route du Rhum, avant de traverser le golfe de Gascogne ou de s’éloigner vers le grand large, il faut considérer que le risque de tempête menace toute la flotte deux jours après le départ. Chacun doit donc faire son choix en bon marin. A-t-on le bateau pour y aller ou pas ? Par où passer pour minimiser le risque ?

En ce qui me concerne j’ai la chance de travailler avec Karine Fauconnier qui connaît parfaitement le bateau que l’on route, le multicoque ARKEMA, « seulement » 15 mètres de long, de Lalou Roucayrol. Ces Multi50 sont magnifiques et extrêmement rapides, mais légers et forcément fragiles. Lalou est un des skippers les plus expérimentés, considéré comme l’un des favoris. Il faut faire un sans-faute. La route que l’on a retenue, si elle n’est pas théoriquement la plus rapide, nous permet d’envisager un abri accessible si par mésaventure on prenait du retard et n’arrivait pas à passer avant que la tempête ne sévisse. C’est l’art du compromis. Le principe de précaution ne fait pas bon ménage avec la compétition, mais il faut être marin avant tout.

C’est le mantra de tous les skippers : « pour gagner il faut déjà arriver ».

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.