La course est toujours serrée en tête avec moins de 175 milles entre les 7 premiers

Vendée Globe
Mercredi 20 janvier 2021 à 16h54

La tension est palpable en tête de course. Thomas Ruyant a reconnu une « frustration » à ne pas pouvoir se battre à 100% dans le premier groupe. De son côté, Louis Burton pourrait profiter de son option plus Ouest pour s’échapper. Une bataille intense qui n’empêche pas, comme pour Charlie Dalin, de profiter le temps d’un instant des beaux ciels étoilés de l’Atlantique nord.

©Stephane MAILLARD
La tension est palpable en tête de course. Thomas Ruyant a reconnu une « frustration » à ne pas pouvoir se battre à 100% dans le premier groupe. De son côté, Louis Burton pourrait profiter de son option plus Ouest pour s’échapper. Une bataille intense qui n’empêche pas, comme pour Charlie Dalin, de profiter le temps d’un instant des beaux ciels étoilés de l’Atlantique nord.

Louis Burton, la bonne option ?

Et si Louis Burton terminait sa « remontada » par la victoire ? Le skipper de Bureau Vallée 2 pourrait être avantagé par sa position Ouest. « Il peut rattraper des vents de Sud-Ouest et bénéficier d’un couloir anticyclonique avec un flux plus constant, plus soutenu et avec un meilleur angle que ses poursuivants, décrypte Sébastien Josse, consultant météo au Vendée Globe. Les autres seront vent arrière, ce qui les obligent à davantage de manœuvres. Louis pourrait rester dans le même flux jusqu’aux Sables d’Olonne et avoir plusieurs heures d’avance à l’arrivée ». Charlie Dalin, contacté à la vacation ce matin, assure néanmoins que les deux skippers qui mènent la course « vont se retrouver sous les Açores ». Et le vainqueur de la Transat Jacques Vabre de préciser : « il va falloir enchaîner les empannages et les changements de voile, il y aura encore du travail d’ici l’arrivée ! »

Les états d’âme de Thomas Ruyant

Longtemps deuxième du Vendée Globe, le skipper de LinkedOut n’est pas avantagé alors que les conditions sont actuellement propices aux foilers. « Je savais que la remontée de l’Atlantique allait être compliqué avec beaucoup de tribord amure, confiait-il à la vacation ce matin. Avec un bateau diminué (avarie à son foil bâbord), c’est difficile et frustrant de ne pas rivaliser avec ceux qui sont autour de moi ». Thomas Ruyant assure « prendre son mal en patience » et « garder un esprit de compétiteur ». « Dans quelques jours, la brise au portant va me permettre de me stabiliser un peu. Il y aura peut-être moins d’écart donc je vais tout faire pour garder le contact ».

‘Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien’

Le suspense total dans lequel est plongé l’ensemble des spectateurs de ce Vendée Globe pourrait se prêter à philosopher… Et à citer Socrate. Car les classements n’indiquent pas forcément les forces en présence du moment, comme le démontre la position de Louis Burton, 4e à 15h00 mais pourtant le mieux positionné du groupe de tête. Yann Grolleau, en charge de la cartographie du Vendée Globe, explique : « un classement n’est pas fait pour refléter la pertinence des stratégies des uns et des autres, mais uniquement pour dire qui est géographiquement plus proche de l'arrivée ». Le classement se base sur par une série de "waypoints" placés sur la route théorique du tour du monde. Actuellement, il est déterminé par un "waypoint" situé à Santa-Maria, l’île la plus au sud-est des Açores.

Beyou- Boissières-Roura, bataille dans l’Atlantique sud

« On a beaucoup parlé de la tête de course mais nous aussi, on était au corps-à-corps ! » Ce constat, Arnaud Boissières l’avait fait en 2013, en plein duel entre François Gabart et Armel Le Cléac’h. Sept ans plus tard, le skipper de La Mie Câline - Artisans Artipôle est à nouveau en course, loin du groupe de tête mais ça ne l’empêche pas de batailler, entre Jérémie Beyou (Charal) et Alain Roura (La Fabrique). « C’est très excitant ce match entre nous, je vais tout faire pour rattraper Jérémie et rester à bonne distance d’Alan », souligne Arnaud, invité du Vendée Live ce midi. Jérémie Beyou, toujours aussi combatif, est monté au mat pour réparer son J2. Dans le même temps, Alan Roura, qui doit contourner une dorsale comme Arnaud Boissières, espère « sortir de ce passage à niveau avec ‘Cali’ et remonter à bloc. C’est ma carotte et ma motivation même si je suis obligé de donner plus avec ce bateau un peu handicapé ».

Pipe Hare et la piqûre

La navigatrice anglaise n’est pas épargnée par les galères dans ce Vendée Globe. Après avoir affronté une forte dépression ces derniers jours, Pipe Hare a connu une autre mésaventure. Elle raconte : « J'ai été piquée dans le dos par une Galère portugaise, autrement appelée Physalie ou Vessie de mer ». La skippeuse de Medallia parle de ces « petits fléaux maléfiques » bleutés qui ont envahi le pont en profitant des vagues qui déferlaient. Pip a ressenti une « brûlure à l’arrière de la nuque » qu’elle s’évertue à soigner en se maintenant au sec pour ne pas que ça s’infecte. Et l’Anglaise d’ajouter : « ce n’était pas vraiment prévu. Rire est la bonne solution, la seule autre option serait de me recroqueviller en position fœtale et d'espérer que le vent me ramène éventuellement aux Sables d’Olonne ».

Une flotte très homogène

Certes, il y a plus de 6 000 milles d’écart entre le 1er, Charlie Dalin et le dernier, Ari Huusela. Pourtant, il s’agit à ce stade de la course de l’écart le plus faible entre la tête et la queue de la flotte. « C’est du jamais-vu », soulignait ce matin Christian Dumard de la cellule météo du Vendée Globe, une façon aussi de souligner que tous les rescapés de la course, quelles que soient leurs positions, réalisent tous un sacré un Vendée Globe de haute volée.

Les yeux pleins d’étoiles

Les nuits dans l’Atlantique n’ont plus grand chose à voir avec celles dans les mers du sud. Alors, malgré l’intensité de la course et la nécessité d’avancer, chacun prend le temps, une poignée de minutes, afin de lever les yeux au ciel. Charlie Dalin, à la vacation du matin, résumait ainsi sa dernière nuit dans les alizés : « elle était belle, ventée et pleine d’étoiles ». Et il poursuit : « là où je veille, j’ai un hublot au-dessus et je peux voir les étoiles, comme quand j’étais petit sur le plafond de ma chambre ! C’est très beau. Je peux faire de beaux rêves… »  Clarisse Crémer (Banque Populaire X) évoquait elle aussi « les belles nuits étoilées ». « Il fait chaud et ça permet de sortir dehors pour en profiter. En ce moment, je n’ai qu’une envie, c’est de partir en vacances aux Antilles ».

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.