Vendée Globe : vivement dimanche !

Ils ont appuyé fortement sur l’accélérateur et ça se voit. Les seize premiers foncent vers les côtes brésiliennes à une sacrée allure. « De Charlie Dalin (MACIF Santé Prévoyance, 1er) à Romain Attanasio (Fortinet – Best Western, 16e), tous les marins ont atteint des moyennes de 16 à 18 nœuds », assure ainsi le directeur de course, Hubert Lemonnier.
Depuis le passage de l’équateur – que viennent de franchir Louis Burton (Bureau Vallée, 18e) et Isabelle Joschke (MACSF, 19e) - les conditions de vent et de mer favorisent cette accélération générale. Tous n’ont qu’un objectif : parvenir à bénéficier de la dépression qui se creuse au large des côtes brésiliennes pour les propulser vers le cap de Bonne Espérance. « Elle va se former progressivement, les premiers devraient commencer à toucher du vent plus soutenu dans la nuit de samedi à dimanche », explique Hubert.
Dalin, leader des troupes
Dans cette guerre des positions, les optimistes sont nombreux. Qui sera à l’heure pour prendre le train ? Le groupe composé de Boris Herrmann (Malizia-Seaexplorer, 13e), Benjamin Dutreux (GUYOT environnement – Water Family, 14e), Pipe Hare (Medallia, 15e) et Romain Attanasio (Fortinet – Best Western, 16e) y croit dur comme fer. Ils pourraient l’atteindre demain en fin d'après-midi ou dans la soirée, même s’ils devront cravacher pour y parvenir.
Devant, les positions sont inchangées et Charlie Dalin (MACIF Santé Prévoyance) conserve sa place de leader acquis la veille. Derrière le trio de tête, un regroupement s’est effectué entre Sébastien Simon (Groupe Dubreuil, 4e), Yannick Bestaven (Maître CoQ V, 6e), Jérémie Beyou (Charal, 7e) et Nicolas Lunven (Holcim-PRB, 8e). Yoann Richomme (PAPREC ARKEA, 5e) en fait également partie. Il explique « avoir buté dans une zone sans vent dans l’après-midi » ce qui explique ce regroupement. Lui aussi se projette sur la suite :
"La fameuse dépression va nous permettre de faire déjà pas mal de Sud-Est et après on bifurquera sur la suivante. C’est une vraie passerelle vers Bonne Espérance dans des conditions rapides et plutôt sympathiques encore ! Pour l’instant, il y a peu de variations, on a peu de réglages, c’est plutôt tranquille, presque monotone… Mais ce n’est pas plus mal ! J’ai hâte d’aborder des systèmes météos qui vont un peu plus vite. Je me sens prêt pour la suite !" Yoann Richomme, PAPREC ARKÉA
Derrière, une bataille tout aussi intense
En revanche, l’écart s’est creusé entre le peloton de tête et les autres. Alors qu’il n’y avait que 200 milles en milieu de semaine, l’écart est désormais de plus de 650 milles ! Surtout, alors que le peloton de tête s’étire, celui qui est encore au-dessus de l’équateur est particulièrement groupé, illustration que la bataille y est toute aussi intense. « Ils devraient avoir une descente un peu moins Est, une route un peu plus médiane », précise Hubert Lemonnier. Tanguy Le Turquais (Lazare, 26e) ne cache pas que le passage du Pot-au-Noir a été éprouvant. Il en fait le bilan et se projette sur les prochains jours :
"On ne s’est pas fait épargner. C’est dur et éprouvant d’essayer de faire avancer le bateau avec chaque nuage. Le Pot-au-Noir, c’est toujours une loterie. Nous n’allons pas réussir à attraper le wagon des premiers foilers. On va longer l’anticyclone, au vent de travers pour attraper une petite dépression. Je nous vois arriver à Bonne Espérance dans deux petites semaines !" Tanguy Le Turquais, Lazare
Fabrice Amedeo (Nexans – Wewise, 33e) est le dernier à être sorti du Pot-au-Noir hier soir. Oliver Heer (Tut gut) et Denis Van Weynbergh (D’Ieteren Group) y sont toujours englués. De son côté, Szabolcs Weöres (New Europe), la lanterne rouge, attaque le contournement du Cap-Vert. Ce samedi matin, il comptait près de 1500 milles (809 km) de retard sur la tête de flotte.
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