Hurtigruten « Nous avons la chance d'avoir des petits bateaux, ce qui va nous aider à une reprise plus rapide »

Carnet de voyage
Samedi 20 juin 2020 à 6h33

Depuis 127 ans, Hurtigruten navigue le long du littoral norvégien en reliant 34 ports entre Bergen au sud et Kirkenes au nord. Aujourd'hui, la compagnie de croisières d'exploration s'est spécialisée dans la découverte de l'Arctique, l'Antarctique, sans oublier le Spitzberg ou le Groenland. Entretien avec Christine Bois, directrice de Hurtigruten France, qui nous parle de l'impact de la crise sur l'activité d'Hurtigruten et de la prochaine saison estivale.

Le MS Roald Amundsen à Tromsø, Norvège. ©Espen Mills / Hurtigruten
Depuis 127 ans, Hurtigruten navigue le long du littoral norvégien en reliant 34 ports entre Bergen au sud et Kirkenes au nord. Aujourd'hui, la compagnie de croisières d'exploration s'est spécialisée dans la découverte de l'Arctique, l'Antarctique, sans oublier le Spitzberg ou le Groenland. Entretien avec Christine Bois, directrice de Hurtigruten France, qui nous parle de l'impact de la crise sur l'activité d'Hurtigruten et de la prochaine saison estivale.

Comment s'est déroulé le confinement pour la compagnie ? « L'arrêt a été brutal car les Norvégiens ont mis en place la quarantaine dès le 12 mars. Nos derniers clients ont quitté leur navire le 12 mars au matin et ont été rapatriés trois jours après. Les rapatriements en avion depuis la Norvège vers l'Europe ont été relativement faciles, mais nous avions aussi des croisières en Antarctique avec un retour depuis Buenos Aires qui a été fait juste à temps ainsi qu'un bateau qui devait débarquer les passagers à Punta Arenas mais un bateau avant nous a débarqué sans autorisation et les autorités ont tout fermé. Nos passagers, qui étaient partis depuis trois semaines, sont restés à bord neuf jours avant de débarquer aux Falklands (archipel de l'Atlantique sud, au large la Terre de Feu). Tout a donc été annulé, tous les bateaux ont rejoint la Norvège. »

L'activité a-t-elle pu reprendre ces dernières semaines ? « Hurtigruten est assimilé à une délégation de service public et à la demande du gouvernement, nous avons maintenu deux rotations entre Bodø et Kirkenes à la frontière russe, pour la marchandise essentiellement. Le 16 juin, un bateau a quitté le port de Bergen pour reprendre ses voyages vers Kirkenes. C'est notre itinéraire classique en Norvège et nous avons quatre bateaux qui vont faire cela, sur onze, car aujourd'hui, la Norvège n'a toujours pas rouvert ses frontières. Seuls les Norvégiens et les Danois sont autorisés. Pour l'instant, c'est la date du 20 août qui est annoncé pour l'ouverture des frontières aux autres pays européens, ce qui est dramatique pour nous car il n'y aura pas d'activité pour le marché européen. »

Quelle est la saison la plus importante pour Hurtigruten ? « L'été. C'est le plus gros de l'activité pour Hurtigruten avec le soleil de minuit et les journées de 24 heures, de mai à août. Puis ensuite à partir d'octobre jusqu'en mars vient la période des aurores boréales. »

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Le MS Roald Amundsen à Brønnøy, Norvège© Espen Mills / Hurtigruten

A part l'Express Côtier, d'autres expéditions sont prévues ? « Nous avons deux nouveaux navires hybrides dont un qui devait prendre ses opérations le 1er avril, et l'autre qui est arrivé sur le marché l'année dernière, le Roald Amundsen. Ce dernier va faire des croisières cet été au départ de Tromsø, en Norvège et au Spitzberg, pour les Norvégiens et Danois exclusivement. Les Norvégiens sont encouragés, comme les Français, à rester chez eux pour les vacances et partir découvrir leur pays, ce qui est parfait pour nous, étant en plus une entreprise norvégienne. Généralement, les Norvégiens prennent le bateau sur des courts trajets, pour aller d'un port à un autre. On s'aperçoit que cette année ils ont réservé des croisières plus longues. 

Quant à l'autre navire hybride, le Fridtjof Nansen, il sera au départ de l'Allemagne fin juin, uniquement pour la clientèle allemande, avec une navigation vers la Norvège, mais sans escale. Ce sera uniquement de la navigation, ainsi que des activités en mer, mais nous n'aurons pas l'autorisation de débarquer. »

Quel est l'impact économique de cette crise sanitaire ? « On estime une baisse de 70% sur l'année, en espérant que l'activité puisse reprendre pour les saisons boréales. Et même pour cet été, la fréquentation sera bien moins importante puisque l'on ne pourra remplir nos bateaux qu'à 50%, soit 200 à 205 passagers au lieu de 500. »

Quels protocoles avez-vous mis en place à bord de vos navires ? « Comme pour toutes les compagnies maritimes, nous avons déjà des protocoles en place. Nous avons adapté ce que nous faisions déjà. Par exemple, les menus sont dématérialisés grâce à un QR code, les repas sont servis à table et non plus en buffet, nous faisons plus de services de restauration, etc. Le premier départ le 16 juin s'est très bien passé avec un respect des règles. Le masque n'est pas obligatoire à bord, c'est au choix des passagers. La température est prise avant l'embarquement et régulièrement pendant la croisière, grâce à un scanner. L'équipage respecte le protocole de l'OMS et a été formé en interne. Toutes les conditions sont disponibles sur notre site et les clients devront remplir un formulaire de santé avant d'embarquer. Nous avons la chance d'avoir des petits bateaux, ce qui va nous aider à une reprise plus rapide, surtout lorsque le gouvernement rouvrira les frontières. D'autant que nous avons beaucoup de demandes de voyage... »

Vous avez beaucoup d'offres de remise sur votre site internet : est-ce pour relancer l'activité ? « Nous sommes dans la période classique « early booking » et nous aurions dû sortir notre brochure Norvège en mars, donc nous avons prolongé notre période d'offres anticipées. Notre clientèle allemande réserve toujours très en amont par exemple, donc c'est pour cela que nous avons ces offres actuellement sur le site, qui accompagne les sorties de brochures. »

Quelles sont vos actions de communication ? « Nous communiquons auprès de notre clientèle avec les brochures (Norvège en juillet et croisières d'expédition en août) et ensuite, nous aimerions commencer notre campagne dès septembre puis en octobre, une campagne sur les aurores boréales, selon la situation. »

Avez-vous des nouveautés l'année prochaine ? « L'année prochaine, nous avons un nouveau programme sur la Norvège. Actuellement, nous avons la ligne de l'Express Côtier avec des escales et un timing très précis, parfois seulement 30 minutes dans un port. Nous allons mettre en place un nouveau bateau au départ de Bergen qui fera une vraie croisière, avec des escales d'une demi-journée ou d'une journée complète, aux Lofoten par exemple. Ce ne sera plus de l'activité fret, il y aura du personnel français à bord. Ce type de produit s'adresse davantage à une clientèle française. »

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Le MS Nordlys à Geiranger, Norvège.© Agurtxane Concellon / Hurtigruten

Vous avez deux navires hybrides actuellement. Avez-vous prévu d'étendre cela au reste de la flotte ? « Une grosse partie de nos navires devait passer au gaz liquide en 2021 mais l'arrêt des activités pendant plusieurs mois a retardé ces projets. Hurtigruten met tout en place pour être une compagnie responsable et cela depuis des années. Tous les bateaux se rechargent à quai, nous n'utilisons plus de diesel. Le zéro plastique est également appliqué à bord depuis deux ans. 80% des produits servis à bord sont des produits frais et locaux également. »

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.