Hors-saison : escale à Bastia

Carnet de voyage
Lundi 27 décembre 2021 à 15h39

Nous avions quitté la capitale de la Haute-Corse au mois d’Août. Moins envahie que sa sœur ennemie du sud, il nous avait néanmoins été difficile d’y trouver une place à quai, ne serait-ce que pour une paire d’heures. Peut-être assommée par la chaleur, elle nous avait semblé presque endormie, en tous cas indolente, comme rétive à notre curiosité. De retour une semaine avant Noël, elle nous a accueilli à bras ouverts et révélé, à la faveur de l’hiver, sa vraie nature, pétillante et authentiquement séduisante.

Vieux Port de Bastia ©MULTImedia
Nous avions quitté la capitale de la Haute-Corse au mois d’Août. Moins envahie que sa sœur ennemie du sud, il nous avait néanmoins été difficile d’y trouver une place à quai, ne serait-ce que pour une paire d’heures. Peut-être assommée par la chaleur, elle nous avait semblé presque endormie, en tous cas indolente, comme rétive à notre curiosité. De retour une semaine avant Noël, elle nous a accueilli à bras ouverts et révélé, à la faveur de l’hiver, sa vraie nature, pétillante et authentiquement séduisante.

Toute ville insulaire est avant tout un port. Bastia elle en a trois. Il y a bien sûr le Vieux-Port. L’abri naturel ancestral, aujourd’hui parfaitement protégé par sa double digue. Lorsque l’on vient du Sud, la Citadelle qui le surplombe comme une sentinelle, est un amer remarquable lorsque. La côte Est de la Corse offrant peu d’abris, que l’on vienne de Porto Vecchio distant de 75 milles nautiques, des Bouches de Bonifacio ou de Sardaigne, voir sa haute silhouette se découper de plus en plus nettement sur l’horizon, a toujours un effet rassurant. Est-ce pour cela que, construite par les Génois, c’est son nom dans leur langue, Bastia y signifiant Citadelle, qu’adoptera la ville pour patronyme ?

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Vieux Port de Bastia© MULTImedia

Le Vieux-Port

On profite d’être hors-saison pour s’amarrer discrètement cul au quai de la Madonetta, à deux pas de la Capitainerie. Le panorama est somptueux sur les bâtisses qui se bousculent sur ce rivage escarpé. En arrière-plan les montagnes culminent à près de 1000 mètres d’altitude. Elles n’ont pas encore, comme les sommets plus élevés aperçus plus au Sud, de manteau neigeux. Mais janvier ou février pourrait les voir se couvrir de blanc. En attendant le soleil illumine la ville, et sa lumière si particulière rend encore plus chauds l’ocre, le safran, le terracotta des façades. Y compris celle de l’église St Jean Baptise, qui surplombe autant qu’elle protège de son double clocher, la multitude variée d’embarcations abritées à ses pieds : pêcheurs amateurs, professionnels, plaisanciers sur une ou deux coques… Une promenade de bois a été aménagée au fond de l’anse, permettant aux marins devenus piétons de passer selon l’heure en quelques pas seulement, d’un bord à l’autre, de l’ombre au soleil, des frimas hivernaux à une douceur printanière. A l’heure du déjeuner, on s’installe à la terrasse du restaurant A Scaletta, comme en été. On y goûte les traditions culinaires Corses, mais surtout la quiétude de l’endroit, préservé de l’intense trafic qui congestionne partout la ville, mais qu’on a eu ici la délicate attention de cacher dans un tunnel.

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Port de Bastia© MULTImedia

Premier port de commerce de Corse

Après nous être délicieusement perdus dans les vieilles ruelles du quartier de la Citadelle, nos pas nous mènent vers le Nord pour arriver sur la place St Nicolas, sans avoir la moindre route à traverser. La promenade littorale est intelligemment prolongée d’une passerelle qui enjambe la gueule du tunnel du Vieux-Port. Celui-ci engloutit d’un côté des voies un flot aussi important de véhicules qu’il en évacue de l’autre. La place emblématique de la ville jouxte, et ce n’est pas un hasard, le port de commerce et surtout de ferries. Le trafic y est intense, même en hiver, tant pour alimenter l’île que pour assurer la « continuité territoriale » vers Marseille, Toulon, Nice. Mais aussi avec l’Italie, vers Gênes et surtout Livourne qui n’est qu’à 4 heures de ferry. C’est pourtant l’île d’Elbe distante de seulement 36 milles nautiques, que l’on voit en premier, avant de distinguer l’Italie continentale. Les 1000 mètres du Monte Capanne semblent un appel à tourner nos étraves vers les rivages tortueux de cette île qui offrent tant de baies qu’il est possible de s’y abriter par toutes les directions de vent. A ses côtés, plus petites, Pianosa au sud et Capraia Isola au nord sont bien tentantes elles-aussi, mais ce sera pour une autre fois. En attendant, porte-conteneurs, ferries, pétroliers, et autres vraquiers se croisent au large, sous l’œil vigilant du sémaphore de Sagro, qui a mi-chemin entre Bastia et Cap Corse, veille sur le trafic, des professionnels comme des plaisanciers.

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Port Toga© MULTImedia

Marina de Toga

A peine quelques centaines de mètres parcourus toujours vers le Nord et nous voici arrivés au port de Toga. L’architecture environnante, devenue sans âme, tranche avec celle de Bastia centre. Nous voici brutalement comme sortis de la ville. Près de 400 bateaux sont protégés par la digue artificielle construite en 1990. Si les fonctions priment sur le charme, cette marina répond à un réel besoin, et se devait d’exister. Avec ses quais alimentés, sa zone technique équipée d’un chariot élévateur, on y trouve, surtout en hiver, des places visiteurs disponibles. Mieux, un catamaran de 38 pieds semble habité à l’année, faisant peser un doute sur notre première intuition. Un verre sur la terrasse ensoleillée du Café del Mare plus tard, l’information est confirmée : faire escale à Bastia en hiver est une salvatrice cure de luminosité.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…