
Plusieurs posts et déclarations, souvent légitimes, portent à confusion. Elles obligent les institutions officielles et les différentes fédérations à apporter quelques précisions. Pour la Fédération des Industries Nautiques, « il semble que rien n’empêche, au terme de l’intervention du Premier ministre, les plaisanciers à naviguer de nouveau à partir du 11 mai, en mer comme en eaux intérieures, toujours dans le respect des règles sanitaires en vigueur » explique la FIN. Mais la fédération qui rassemble plus de 5 000 professionnels du nautisme a toutefois demandé que cette possibilité soit confirmée officiellement. En revanche, à partir de cette date de déconfinement, si le principe de la liberté d’aller et venir est rétabli, une autre problématique se pose pour les plaisanciers. Selon le gouvernement, les déplacements entre départements ou régions de plus de 100 kilomètres seront fortement découragés et devront être strictement réservés à des motifs dits impérieux, familiaux ou professionnels. « En ce sens, un particulier ne pourra se rendre au port d’attache de son navire si celui-ci est situé à plus de 100 kilomètres de sa résidence habituelle. Et les plages seront inaccessibles au public au moins jusqu’au 1er juin » précise l’Association Legisplaisance.
Même son de cloche pour la Fédération Française des Ports de Plaisance qui se veut néanmoins confiante pour la reprise de la navigation le 11 mai prochain, après le redémarrage (et sous certaines conditions) des activités des professionnels du nautisme le 28 avril dernier. La FFPP compte beaucoup sur le civisme et la responsabilité des plaisanciers et amoureux de la mer. Elle les invite à porter des masques et à appliquer toutes les protections sanitaires nécessaires. Une lueur d’espoir pour ceux qui rêvent de nouveau de tirer des bords et retrouver la Grande bleue !
A contrario, un flou relatif encadre encore la pratique des sports nautiques comme le kitesurf, la planche à voile, le paddle ou le surf. La Ministre des Sports, Roxana Maracineanu rappelle qu’il sera possible de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air à partir du 11 mai, en respectant les règles de distanciation physique, dans les espaces ouverts autorisés et en fonction de la situation sanitaire de chaque territoire (zone rouge ou verte). Ces activités pourront se faire : sans limitation de durée de pratique, sans attestation, dans une limite de distance du domicile inférieure à 100 km, en limitant les rassemblements à 10 personnes maximum et en extérieur. La ministre étudie donc « des trajectoires de reprise de l’activité pour les différents secteurs du sport avec la santé des pratiquants et des athlètes pour seule boussole », tout en poursuivant ses consultations avec le mouvement sportif, les collectivités territoriales et les acteurs économiques notamment pour définir l’opérationnalité et le calendrier de cette reprise de l’activité sportive.
Vous êtes aussi en droit de vous interroger sur ces déclarations car certaines activités nautiques comme le SUP ou le kitesurf sont bien des "sports individuels de plein air" alors que, dans le même temps, les plages resteront inaccessibles jusqu’au 1er juin (si la situation sanitaire le permet). Et pour l’instant, l’arrêté des Préfectures maritimes interdit toute navigation jusqu’au 11 mai. On peut aussi se poser la question d’une sortie en mer à plus de 100 kilomètres (environ 54 milles nautiques) de son port d’attache ou de son domicile ? Des réponses que devront bientôt apporter les autorités officielles en commençant par le Secrétariat général de la mer qui dépend directement du Premier Ministre et délivre des instructions aux trois Préfectures Maritimes. Pas forcément une priorité immédiate pour ces institutions engagées dans une longue bataille sanitaire et économique !