
Qu’est-ce qui a suscité votre intérêt pour la voile ?
"J’ai grandi dans les Hautes-Pyrénées, plutôt dans les stations de ski. J’étais en sport-étude au lycée et quand j’ai eu fini ma prépa je suis parti en école de commerce à Montpellier. Et c’est en revenant au bord de la mer, en Méditerranée, que j’ai reconnecté avec la voile via l’association de l’école. Petit à petit j’ai fait de plus en plus de voile et de moins en moins de ski. C'est comme ça que j’ai fait la transition de l’un à l’autre.
Quand j’étais ado j’allais naviguer de temps en temps, c’était quelque chose que j’aimais beaucoup. Mais plus jeune, je me voyais plus à la montagne qu’en mer. Et le fait de naviguer avec cette association et de découvrir la voile comme un sport immersif : tu habites dans ton bateau, tu y vis, tu y manges, c’est extraordinaire comme approche de la mer ! C’est ça qui m’a le plus attiré".

C’est donc un mode de vie à part, à quel moment avez-vous décidé de vous y consacrer ?
"Quand j’étais à Montpellier, j’ai récupéré un petit bateau que j’ai commencé à réparer un peu, je vivais dedans et j’avais cette idée de « transater » avec. Au moment où j’ai voulu faire la Transat, il a fallu que je trouve de l’argent pour la traversée. Je me suis donc mis à travailler, et en 2017, je me suis résolu à le faire, j’avais l'envie, un peu d’argent, un peu de temps, donc je suis parti. A ce moment-là je savais que je voulais traverser l’Atlantique mais je n'avais pas de réel objectif. Finalement, ce qui s’apparentait à une année pour me "balader", est devenu un travail à temps plein".
Vous partez bientôt pour un long périple, sans assistance, sans communication par satellite, ni traceur de carte, comment vous préparez-vous à cette expérience ?
"Il y a différentes choses. Je suis actuellement dans le bateau, en train de bricoler. Une grosse partie de la préparation se résume à de la technique, de la logistique, faire en sorte que le bateau soit prêt. Et essayer de penser à tout, s’assurer que le bateau soit vraiment au top. Je me renseigne aussi beaucoup sur quel matériel j’emmène en mer, pour réparer par exemple… Tout en sachant que lorsqu’on est en course il y a la problématique du poids, il faut essayer d’être le plus léger possible, tout en ayant envisagé tout ce qui pouvait arriver, et avoir des solutions. Après il y a une partie préparation physique, qui va me permettre d’être prêt mentalement et corporellement. Nous avons des rythmes qui sont soutenus en course ! Enfin, il y a une partie « stratégie » : je suis des cours de météo en ligne par exemple. J’épluche au maximum l’aspect stratégique de la course".

Que représente pour vous cette Mini Transat 2021 ?
"Ce sera ma première vraie course au large en solitaire ! Depuis l’année dernière je m’entraîne, j’ai fait pas mal de courses de préparation mais la plus longue a duré six jours seulement. Ici on part plutôt pour deux semaines, selon les conditions. C’est vraiment quelque chose qu’il me tarde d’expérimenter, de partager. Je suis impatient de partir, de mettre les voiles et d’être vraiment au large. Ca fait deux ans et demi que je me consacre à la course au large. Je suis passée de la croisière à de la course et pour l’instant je m’éclate. On verra si je ferai ça toute ma vie mais pour l’instant je suis très heureux, j’ai envie de continuer là-dedans.
Et puis, la mini Transat c’est l’école de la course au large. Si j’ai envie de continuer dans ce domaine, cette course est parfaite. C’est un évènement grandeur nature et c’est aussi l’opportunité de me faire repérer, de montrer que je suis sur le circuit et que je peux être bon".

Sur votre chaîne Youtube The Sailing Frenchman vous avez une réelle volonté de partager toutes vos expériences, n’est-ce pas ?
"J’ai créé cette chaîne Youtube quand j’ai commencé à réparer mon premier voilier. Au début c’était simplement pour partager avec mes amis ce que je faisais et comment je vivais. J’avais voyagé pendant longtemps, c’était un bon moyen pour moi d’échanger. Et puis de plus en plus de gens s’y sont intéressés donc j’ai continué sans trop savoir quoi faire de cette chaîne. Je n’ai jamais vraiment eu la volonté de la monétiser ou l’envie de faire du business. Moi ce qui me plaît c’est toute la partie montage et raconter une histoire, montrer ce que c’est de vivre de la mer et de vivre comme skipper semi-pro. Je trouve ce côté « partage de la vie d’un skipper » intéressant et si aujourd’hui j’ai trouvé un sponsor (SVB est le sponsor titre du projet Mini Transat de Hugo, il s'agit du plus gros magasin d'accastillage en ligne d'Europe) pour la course c’est aussi grâce à cette chaîne. J’y consacre beaucoup de temps et je suis heureux de voir que ça m’a apporté beaucoup".
Pourra-t’on suivre votre course sur The Sailing Frenchman ?
"En direct ce sera évidemment impossible, nous n’avons pas de téléphone satellite pour envoyer des images mais je filmerai pendant la course, je préparerai du contenu. Au retour je vais monter un ou plusieurs épisodes pour raconter tout ça. Mais pendant mon périple, ceux qui le souhaitent peuvent me suivrent, mon bateau s'appelle "SVB Team", c'est sous ce nom que l'on peut me trouver sur le tracker de course !"
Propos reccueillis par Mahault Malmont-Marchal
Départ Mini Transat 2021 : 26 septembre au Port des Sables d'Olonne
Pour suivre Hugo Picard :
Instagram : thesailingfrenchman
Youtube : The Sailing Frenchman
Hugo Picard concourra à bord du SVB Team, c'est sous ce nom que vous pourrez le suivre sur le tracker de course.