Ports mythiques : Sydney, opéra emblématique pour océan Pacifique

Carnet de voyage
Lundi 26 juillet 2021 à 12h17

Avec un tel nom, Darling Harbour, le bassin qui nous accueille en plein centre-ville de Sydney ne peut qu’inspirer un certain romantisme. Flâner sur ses quais c’est respirer l’histoire de l’Australie. Larguer les amarres c’est naviguer dans l’une des plus baies au monde. Laisser les gratte-ciels dans son sillage, c’est plonger ses étraves pour la première fois dans l’Océan Pacifique. En plein hiver Austral je vous emmène vous rafraîchir quelques instants en Australie, pays de navigateurs par excellence.

©François Tregouet
Avec un tel nom, Darling Harbour, le bassin qui nous accueille en plein centre-ville de Sydney ne peut qu’inspirer un certain romantisme. Flâner sur ses quais c’est respirer l’histoire de l’Australie. Larguer les amarres c’est naviguer dans l’une des plus baies au monde. Laisser les gratte-ciels dans son sillage, c’est plonger ses étraves pour la première fois dans l’Océan Pacifique. En plein hiver Austral je vous emmène vous rafraîchir quelques instants en Australie, pays de navigateurs par excellence.

C’est un pays continent. Grand comme les Etats-Unis, mais peuplé de seulement 25 Millions d’habitants. Trois au kilomètre carré, c’est moins que sur les plateaux les plus reculés de Lozère. Mais les australiens vivent à 91% sur le littoral de cette île immense. Naviguer y est une activité extrêmement populaire, quel que soit le support. Les Australiens possèdent d’ailleurs cinq fois plus de bateaux que les Français, ramené au nombre d’habitants ! Si Canberra est la capitale politique de l’Australie, et les Wihtsundays son paradis sur mer, Sydney en est la vitrine. Depuis plus de cinquante ans, s’y tient traditionnellement fin juillet, l’International Sydney Boat Show. Même si cette année fait malheureusement exception pour cause de pandémie, nous gardons un souvenir ému de notre première sortie dans les eaux pacifiques, il y a de cela quelques éditions.

Histoire millénaire et buildings futuristes

Au soir du cinquième jour, le salon ferme ses portes. Le lourd décalage horaire (8h) n’est pas encore tout à fait assimilé, mais on aperçoit le bout du tunnel. De quoi profiter des nombreux restaurants en terrasse de Harbourside. Même en plein hiver, il ne fait pas vraiment froid (entre 10 et 20 degrés) et les braséros réchauffent l’ambiance et illuminent les quais. Ne pas suivre le rythme des Australiens est une règle de base si on ne veut pas manquer l’ouverture de Pyrmont Bridge le lendemain matin. Si le métro monorail ne fonctionne plus, la passerelle devenue 100% piétonne doit malgré tout s’ouvrir pour laisser passer le mât de notre catamaran de 50 pieds. Dès les premiers mètres, la ville dévoile sa double personnalité. À bâbord l’un de plus beaux musées maritimes qu’il m’ait été donné de visiter, empreint d’histoire. À tribord défile la Skyline de Sydney, avec ses buildings de verre et d’acier, témoins manifestes de sa volonté de modernité.

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© François Tregouet

Les pionniers de The Rocks

Car Sydney ne date pas d’hier. Ni même de James Cook qui, le premier, jeta l’ancre à Botany Bay, là où l’aéroport de la ville sévit désormais, quelques miles plus au Sud. Non, ce sont les aborigènes qui en sont les premiers habitants. On ne parle plus alors en siècles mais en millénaires. Quelques 50 000 ans avant JC, la mer n’est pas à son niveau actuel, mais 150m plus bas. Depuis l’Asie du Sud-Est qui, à l’époque, ne forme avec l’actuelle Australie, qu’un seul et même continent, et ils sont donc arrivés à pied ! Il faut avoir visité The Rocks Discovery Museum dans le quartier pionnier de Sydney dès le XVIII° siècle. Justement le voilà qui découvre sur tribord, au pied du Harbour Bridge à l’architecture métallique mondialement connue. Pas de problème, notre mât passe sans problème sous les 49m du tablier. Ce bruit est assourdissant, c’est le trafic automobile intense sur la chaussée métallique. Mais pour nous le danger est dans l’intense trafic maritime. En effet, les 55 km² de l’abri naturel unique que forme cette baie sont parcourus par de nombreuses lignes de ferries. Véritable réseau de bus local, ils permettent de relier rapidement des quartiers éloignés en évitant les embouteillages. On se méfie de leur vitesse, on subit leurs vague d’étrave, on se glisse dans leurs sillages et la magie opère !

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L’accueil de la houle

L’emblématique opéra de Sydney se dresse devant nous. Qu’elle soit associée à de minces voiles ou aux ailes d’un cygne, la silhouette imaginée par le Danois Jørn Uzon se découpe sur le ciel. La forme donnée par les paraboles symétriques et coaxiales se rencontrant au sommet change constamment en fonction des perspectives. Nous hissons les voiles pour ne pas manquer de tirer quelques bords au pied de cette parfaite symbiose entre architecture et sculpture. Au près, nous nous dirigeons vers la rive Nord, toute de végétation revêtue, contrastant fortement avec l’urbanisation galopante que l’on vient à peine de quitter. Sur l’avant tribord, on distingue la pointe de Watsons Bay avec, à son extrémité, le phare de Hornby. On met le clignotant à droite et, passé l’alignement avec la péninsule de Manly, nous naviguons désormais en plein Pacifique ! Nous aurions fermé les yeux que nous n’aurions pas manqué de ressentir la longue houle qui nous accueille immédiatement. Le vent ne manque pas de fraîchir au sortir de la Baie et nous ne tardons pas à prendre un ris. Remonter au près jusqu’à l’abri naturel suivant, la non moins célèbre et très select baie de Pittwater, ne sera pas une sinécure. Mieux vaudra attendre le printemps Austral pour rejoindre l’armada de tous les plaisanciers qui rejoignent pour l’été les eaux de la grande barrière de corail bien plus au Nord. Mais en attendant, que d’émotions nous avons vécu en traversant cette baie magique.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.