Des limaces pleines de grâce

Vendredi 1 janvier 2016 à 06h24

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Comme leurs homologues terrestres, elles font partie du vaste embranchement des mollusques, ont une forme générale semblable, et sont pour la plupart dépourvues de coquille. Mais la comparaison s'arrête là. Car les limaces de mer n'ont rien à voir avec celles que l'on rencontre les jours de pluie dans les sous-bois ou au détour d'un chemin.


Flabelline d'Ischia (Flabellina ischitana) déposant un cordon d’œufs sur un hydraire. Crédit photo : prilfish, via Wikimedia Commons

Les limaces de mer sont de vrais petits bijoux. Sans conteste parmi les plus beaux animaux du monde marin. Les robes sont éclatantes, souvent multicolores, certaines à rayures, d'autres à pois, les panaches et papilles sont toujours délicatement soulignés. Élégantes et fragiles, elles embellissent les fonds du Pacifique, de l'Atlantique, de l'océan Indien ; il en existe plus de 3 000 espèces, dont une bonne centaine vit le long de nos côtes, également en Méditerranée. On les rencontre sur les fonds rocheux, les récifs coralliens, dans les champs d'algues et de plantes, sur les éponges, les anémones de mer, juste sous la surface et jusque dans les grandes profondeurs.

 

Panaches et papilles

Malgré les livrées flamboyantes, il faut être fin observateur pour les repérer : les belles sont souvent très petites, ne mesurant que quelques centimètres, une quinzaine tout au plus (sauf exception, comme la limace danseuse espagnole (Hexabranchus sanguineus) originaire de l'Indo-Pacifique). Les doris dalmatiens (Peltodoris atromaculata) et les flabellines mauves (Flabellina affinis) sont souvent les premières que l'on rencontre en plongée en Méditerranée (voir photos). Toutes deux sont des nudibranches - des mollusques sans coquille apparente, littéralement à "branchies nues" ; parmi les limaces de mer, les nudibranches sont les plus nombreux. Les branchies se déploient alors en panache à l'arrière d'un corps aplati (comme chez les doridiens), ou ce sont des séries de papilles, plus ou moins longues et nombreuses, que l'animal porte sur le dos (cas des aéolidiens) ; les branchies peuvent également se situer sous le manteau ou à sa périphérie.

 

Hermaphrodisme et castration

La tête comporte les organes sensoriels : yeux et paires de tentacules (souvent deux, l'une tactile, l'autre olfactive (les rhinophores), cette dernière servant notamment à la recherche de partenaire). Les nudibranches sont hermaphrodites, porteurs des deux systèmes génitaux, mais n'ont pas de capacité d'auto-fécondation : la reproduction s'opère par échange simultané de gamètes. Pour le moins insolite, l'espèce Goniobranchus tinctorius pratique de surcroît l'autotomie pénienne : l'animal se sépare de son organe après copulation, un autre pénis repoussant en quelques heures à la suite !

 

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