Cet été, cap sur les Scilly : l’Angleterre tropicale à deux pas des Cornouailles
On imagine l’Angleterre en falaises battues par le vent, en landes brumeuses et en ports de pêche aux façades de pierre. Puis viennent les Scilly. Un chapelet d’îles posé dans l’Atlantique, à seulement 28 miles des Cornouailles, où le paysage change soudain de registre : sable blond, mer claire, criques lumineuses, végétation luxuriante et jardins presque tropicaux. L’archipel se rejoint depuis Penzance par ferry, ou par avion depuis Land’s End, Newquay ou Exeter. Ici, le dépaysement ne tient pas seulement à la couleur de l’eau. Il vient aussi du rythme. Aux Scilly, on ralentit. Les journées se composent autour des marées, des traversées inter-îles, d’une balade sur un sentier côtier, d’un pique-nique face à une baie déserte ou d’un retour en bateau en fin d’après-midi. Rien ne semble pressé, et c’est précisément ce qui fait le charme de cette destination encore à part.
L’archipel compte cinq îles habitées : St Mary’s, Tresco, St Martin’s, Bryher et St Agnes. Toutes sont proches les unes des autres, mais chacune possède son caractère.
St Mary’s est la porte d’entrée. C’est là que l’on arrive le plus souvent, là que se concentrent les services, les hébergements, les départs de bateaux, les cafés, les pubs et les premières balades. Hugh Town, son petit centre, donne le ton : une ambiance de port tranquille, entre maisons basses, quais animés et départs vers les autres îles.
Tresco est plus élégante, presque confidentielle. Son grand trésor, c’est l’Abbey Garden, un jardin subtropical étonnant où poussent des plantes venues de climats méditerranéens et exotiques, portées par la douceur océanique des Scilly. À cette latitude, l’effet de surprise est total : palmiers, agaves, fleurs éclatantes et allées luxuriantes composent un décor que l’on attendrait davantage au Portugal ou aux Canaries qu’au large de l’Angleterre.
St Martin’s joue la carte des plages et de la lumière. C’est l’île des longues étendues de sable, des eaux limpides et des promenades tranquilles. Bryher, plus sauvage, regarde davantage vers l’Atlantique : son relief, ses rochers et ses criques lui donnent une personnalité plus brute. St Agnes, enfin, a ce goût de bout du monde qui plaît aux voyageurs en quête de silence, de nature et d’horizons ouverts.
Le grand étonnement des Scilly, ce sont leurs plages. Par beau temps, certaines baies prennent des teintes turquoise presque irréelles. L’eau reste celle de l’Atlantique nord, évidemment, mais le décor, lui, brouille les repères. On marche le long d’un sentier, on descend vers une crique, et l’on se retrouve face à une plage qui semble sortie d’une carte postale tropicale. Ce n’est pas une destination de grands complexes balnéaires. Ici, pas de front de mer saturé, pas d’agitation estivale excessive. Les Scilly séduisent par leur simplicité : une serviette dans un sac, une marche jusqu’à une plage, un bain pour les plus courageux, puis un café ou une bière locale face au port. En été, l’archipel attire les amoureux de nature, les randonneurs, les plaisanciers, les familles et tous ceux qui cherchent un bord de mer plus doux, plus lent, moins prévisible.
Les Scilly sont une destination idéale pour ceux qui aiment voyager autrement. Le trajet fait déjà partie de l’expérience, surtout par la mer. Le Scillonian III relie Penzance à St Mary’s en environ 2 h 45, généralement de mars à novembre. La traversée longe la côte de Cornouailles avant de filer vers les îles : une arrivée progressive, maritime, presque romanesque.
Pour ceux qui veulent gagner du temps, des vols Skybus permettent aussi de rejoindre l’archipel depuis Land’s End, Newquay ou Exeter. C’est l’option la plus rapide, avec en prime une arrivée spectaculaire au-dessus des îles, lorsque les plages, les rochers et les bancs de sable se dessinent sous l’avion.
Depuis la France, le plus simple consiste généralement à rejoindre le sud-ouest de l’Angleterre, puis à gagner Penzance ou l’un des aéroports de départ. Depuis Londres, le train permet de descendre jusqu’à Penzance, au bout de la ligne de Cornouailles. On peut ensuite embarquer sur le ferry depuis le port. Autre possibilité : rejoindre Newquay ou Exeter, puis poursuivre en avion vers les Scilly. Le voyage demande un peu d’organisation, mais c’est aussi ce qui protège l’archipel d’un tourisme trop massif.
Sur les Scilly, on ne visite pas en voiture comme ailleurs. On passe d’une île à l’autre en bateau, au rythme des navettes locales, de la météo et des envies du jour. C’est l’un des grands plaisirs du séjour : composer son programme comme une petite aventure quotidienne. Un matin à Tresco, une après-midi sur St Martin’s, une sortie en mer pour observer les phoques, un dîner à St Mary’s, une balade sur Bryher le lendemain… Les distances sont courtes, mais chaque traversée donne la sensation de changer d’univers. L’archipel se découvre par fragments, et c’est ce morcellement qui le rend si attachant.
Les Scilly sont aussi une destination nature de premier plan. Les îlots inhabités, les rochers, les landes littorales et les eaux peu profondes accueillent une faune précieuse. On peut y observer des oiseaux marins, des phoques gris, parfois des dauphins au large, et une flore étonnamment riche pour cette partie du monde. Le respect des milieux naturels fait partie de l’expérience. Certaines zones sont protégées, certains îlots ne se visitent pas ou seulement depuis la mer, et les sorties naturalistes permettent de découvrir l’archipel sans le déranger. C’est une destination qui se savoure avec délicatesse : on regarde, on marche, on écoute, on s’adapte.
Parce que l’archipel coche toutes les cases d’un voyage estival différent. Il est dépaysant sans être lointain, maritime sans être mondain, sauvage sans être austère. On y trouve des plages magnifiques, des jardins exotiques, des petits ports, des sentiers côtiers, des traversées en bateau et cette impression rare d’être parti loin, très loin, sans avoir quitté l’Europe du Nord.
Les Scilly ne cherchent pas à impressionner par de grands effets. Elles séduisent autrement : par une lumière, une marée basse, une crique presque vide, un chemin bordé de fleurs, un bateau qui quitte le quai, une île qui apparaît à l’horizon. En juillet et tout au long de l’été, l’archipel offre une parenthèse anglaise inattendue, entre Cornouailles et tropiques imaginaires.
À deux pas de la côte, mais déjà ailleurs, les Scilly rappellent qu’il existe encore des destinations capables de surprendre. Pas besoin de traverser le monde pour trouver une île lumineuse, un port tranquille et une eau turquoise : parfois, l’évasion commence simplement au bout de la Cornouailles.
Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.
Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - tanya78



