Cetara et Vietri sul Mare : en juillet, l’autre visage de la côte amalfitaine
La côte amalfitaine a ses icônes, ses cartes postales, ses escaliers vertigineux et ses terrasses suspendues au-dessus de la mer. Positano en est la star absolue, au point d’attirer parfois plus de monde que de lumière. En juillet, l’expérience peut vite devenir intense : circulation dense, parkings rares, plages remplies, restaurants pris d’assaut. Pour retrouver un peu d’air sans quitter la magie de la Costiera, il faut regarder plus à l’est, du côté de Salerno. Là, Vietri sul Mare et Cetara racontent une côte amalfitaine moins spectaculaire au premier regard, mais souvent plus agréable à vivre. On y vient pour flâner, déjeuner, se baigner, prendre le bateau, acheter une céramique ou regarder les pêcheurs travailler. Rien d’ostentatoire, rien de figé : simplement deux villages méditerranéens qui ont gardé une vraie personnalité.
Vietri sul Mare est souvent la première porte d’entrée de la côte amalfitaine depuis Salerno. Et dès les premières ruelles, le ton est donné : ici, la céramique est partout. Sur les façades, les bancs, les enseignes, les escaliers, dans les vitrines et jusque sur les coupoles qui brillent au soleil. Bleu profond, jaune citron, vert olive, poissons stylisés, soleils naïfs, motifs marins : Vietri semble avoir été peint pour l’été. C’est un village qui se découvre lentement, sans itinéraire trop rigide. On pousse la porte d’un atelier, on hésite entre deux assiettes, on s’arrête devant un carreau décoré, on repart parfois avec une tasse ou un plat qu’on n’avait pas prévu d’acheter. Mais Vietri n’est pas seulement une halte shopping. Le village possède aussi une vraie douceur balnéaire. Sa marina, plus populaire que chic, permet de profiter de la mer sans mise en scène excessive. En fin d’après-midi, quand la chaleur retombe un peu et que le golfe de Salerno prend des reflets dorés, l’endroit devient particulièrement agréable.
À quelques kilomètres seulement, Cetara change d’ambiance. Plus ramassé, plus maritime, moins décoratif, le village semble organisé autour de son port. Les bateaux de pêche y font partie du paysage quotidien. Les filets, les quais, les petites plages et les ruelles qui descendent vers la mer donnent à Cetara une authenticité rare sur une côte parfois très fréquentée. On ne vient pas ici pour le luxe ni pour les grandes terrasses à selfies. On vient pour manger du poisson, se baigner, sentir l’odeur de la mer et marcher dans un village qui n’a pas totalement cédé à la carte postale. En juillet, c’est une halte précieuse : animée, mais moins étouffante que les destinations les plus célèbres de la côte amalfitaine.
La plage principale, juste en contrebas du village, permet de passer facilement de la baignade au déjeuner. C’est simple, pratique, vivant. Et c’est précisément ce qui fait le charme de Cetara.
Cetara est indissociable de sa grande spécialité : la colatura di alici. Cette sauce ambrée, obtenue à partir d’anchois mis en maturation dans le sel, concentre toute l’identité maritime du village. Quelques gouttes suffisent à parfumer un plat de spaghetti, avec de l’huile d’olive, de l’ail, du persil et parfois une pointe de piment. Le goût est puissant, iodé, presque brut. Il raconte une cuisine de pêcheurs, de conservation, de patience et de transmission. Pour un déjeuner d’été, difficile de faire plus local : une assiette de pâtes à la colatura, un poisson grillé, quelques légumes, un verre de vin blanc bien frais, et la mer à quelques mètres. À Cetara, la gastronomie n’est pas un décor. Elle fait partie du voyage.
Le plus simple est souvent de passer par Salerno, beaucoup plus pratique que Naples pour explorer cette partie orientale de la côte amalfitaine. La ville dispose d’une gare bien desservie, avec des trains depuis Naples, Rome ou d’autres grandes villes italiennes. Depuis Salerno, Vietri sul Mare se rejoint rapidement, y compris en train local ou en bus selon les horaires. En été, l’option la plus agréable reste le bateau. Des liaisons maritimes saisonnières permettent de rejoindre plusieurs villages de la côte amalfitaine depuis Salerno, dont Vietri sul Mare et Cetara selon les périodes et les horaires. C’est souvent le meilleur choix en juillet : on évite une partie du trafic routier, on arrive directement par la mer, et l’approche des villages depuis l’eau est magnifique. La voiture reste possible, mais elle demande de la patience. La route côtière est superbe, avec ses virages, ses falaises et ses vues plongeantes, mais elle peut devenir très chargée en haute saison. Pour une journée d’excursion, mieux vaut privilégier le train jusqu’à Salerno puis le bateau ou les transports locaux.
Pour profiter des deux villages sans courir, l’idéal est de partir tôt. On commence par Vietri sul Mare le matin, quand les ruelles sont encore agréables et que les ateliers de céramique ouvrent leurs portes. On prend le temps de se perdre dans le centre, de monter vers quelques points de vue, puis de redescendre vers la marina. À la mi-journée, direction Cetara pour le déjeuner. C’est le bon moment pour goûter les pâtes à la colatura di alici ou un poisson frais face à la mer. L’après-midi peut ensuite se poursuivre par une baignade, une balade dans les ruelles ou un retour tranquille en bateau vers Salerno.
Parce que ces deux villages offrent une alternative précieuse à la côte amalfitaine la plus connue. Vietri sul Mare séduit par ses couleurs, ses céramiques et sa facilité d’accès. Cetara charme par son port, sa cuisine, son atmosphère de village de pêcheurs et sa relation directe à la mer. En juillet, quand la Costiera attire le monde entier, Cetara et Vietri permettent de retrouver une forme de simplicité. On y retrouve ce que l’on vient chercher en Campanie : la lumière, les façades chaudes, les ruelles en pente, les saveurs franches, les baignades spontanées et cette impression délicieuse que l’été peut encore se vivre sans se presser.
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Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - Andrew Mayovskyy



