Porto Santo en automne : l’île dorée de Madère, entre plage infinie et reliefs volcaniques
Porto Santo mesure environ onze kilomètres de long pour six de large. Sa côte sud contraste totalement avec Madère : au lieu de falaises sombres et de reliefs serrés, une plage continue accompagne Vila Baleira jusqu’à la Ponta da Calheta. Cette ligne claire a valu à l’île son surnom d’« île dorée ». Son sable, d’origine calcaire et très fin, est même réputé pour ses vertus apaisantes, au point que certains visiteurs s’y font ensevelir pour soulager leurs articulations.
La plage n’est jamais tout à fait la même d’un bout à l’autre. Les secteurs proches de Vila Baleira sont pratiques et animés ; vers Calheta, le regard s’ouvre sur l’îlot da Cal et les formes volcaniques deviennent plus présentes. Pour les plaisanciers, le port d’abri se situe à l’est de la plage et constitue une escale appréciée sur la route des Canaries. L’Atlantique reste néanmoins exposé : houle, vent et disponibilité des places doivent être vérifiés avant l’arrivée.
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Le centre de Vila Baleira s’organise autour du Largo do Pelourinho et de l’église Nossa Senhora da Piedade. La Casa Colombo, musée de Porto Santo et des Découvertes portugaises, rappelle les liens de Christophe Colomb avec l’île, où il vécut après son mariage avec Filipa Moniz, fille du premier capitaine-donataire de Porto Santo. Le lieu replace l’île au cœur des routes atlantiques du XVe siècle.
Cette histoire maritime permet de dépasser l’image balnéaire. Porto Santo fut l’une des premières terres découvertes par les navigateurs portugais, dès 1418, puis un point d’observation et d’approvisionnement pour les expéditions suivantes. Le port, les moulins et les terres sèches racontent ensuite la difficulté de vivre sur un territoire pauvre en eau. Une demi-journée suffit pour les monuments, mais les cafés et les rues tranquilles méritent que l’on s’y attarde.
Au centre-ouest, le Pico de Ana Ferreira dévoile des colonnes prismatiques de basalte alignées comme les tuyaux d’un orgue minéral. Cette structure spectaculaire témoigne de l’origine volcanique de l’île. Le sentier et les abords demandent de bonnes chaussures : la roche peut être instable et le soleil reste fort, même lorsque la température paraît douce.
Plus au nord, le Pico do Castelo offre une vue panoramique sur Vila Baleira, le port et les sommets orientaux. Son nom rappelle la forteresse qui servait autrefois de refuge aux habitants contre les attaques de pirates. Ces deux reliefs prouvent que Porto Santo possède un véritable territoire intérieur. Louer une voiture ou un vélo électrique permet de les relier, mais plusieurs itinéraires pédestres rendent la découverte plus intime.
Le miradouro da Portela, entouré de moulins, embrasse la côte sud, le port et l’îlot de Cima. À l’autre extrémité, le miradouro das Flores regarde vers Madère et les îles Desertas lorsque l’air est limpide, ce qui arrive souvent en automne. Ces haltes donnent l’échelle de l’île et montrent combien le relief protège ou expose les rivages.
Zimbralinho, petite crique encaissée de la côte sud-ouest, séduit par la couleur de son eau et ses galets. L’accès et la baignade dépendent toutefois de la houle ; le site ne dispose d’aucun des services d’une plage aménagée. Il faut vérifier les éventuelles restrictions d’accès, ne pas s’approcher des falaises instables et repartir avec ses déchets.
Porto Santo convient particulièrement aux voyageurs actifs. La plage forme un itinéraire naturel, tandis que les pistes et routes secondaires relient les belvédères. Le vélo est agréable, mais le vent et les pentes du nord-est surprennent les moins entraînés. Sur l’eau, kayak, paddle et sorties en bateau permettent d’observer falaises et îlots sous un autre angle.
Les plongeurs y trouvent une eau souvent très claire et deux épaves volontairement immergées pour créer des récifs artificiels : le Madeirense, ancien navire de transport, et la corvette Afonso Cerqueira, coulée en 2016 au large de la côte sud. Les activités nautiques doivent rester adaptées au vent, à la houle et à la température de l’eau. Les plaisanciers évitent de mouiller au hasard près des zones protégées et consultent les informations portuaires locales. Pour les autres, passer par un opérateur déclaré évite de confondre météo marine et météo de plage.
La cuisine de Porto Santo appartient à l’archipel de Madère tout en gardant ses propres habitudes. Poissons grillés, poulpe, thon, sabre noir et fruits de mer partagent les cartes avec l’espetada, ces brochettes de bœuf grillées au feu de bois, et le bolo do caco, petit pain plat servi tiède au beurre à l’ail. L’île produit aussi quelques vins issus de vignes adaptées à son sol sec et sableux.
En automne, les horaires deviennent moins continus qu’en plein été. Il est préférable de réserver le soir et de vérifier les jours de fermeture. Ce ralentissement fait aussi partie du charme : Vila Baleira retrouve une vie plus locale, la plage se vide et les repas ne sont plus soumis à la même pression touristique.
Porto Santo profite d’un climat doux et plutôt sec, plus ensoleillé que celui de Madère. En octobre, les maximales tournent autour de 23 à 25 °C, les nuits restent douces et le soleil brille encore près de dix heures par jour. La mer, qui avoisine les 22 à 23 °C, compte parmi les plus chaudes de l’année et autorise des baignades confortables. Les pluies restent rares, quelques jours seulement dans le mois, mais peuvent être soudaines et soutenues.
Côté mer, l’automne marque le retour des premières houles de nord-ouest et d’un vent plus présent, autour de 20 à 25 km/h en moyenne. Une veste coupe-vent, un vêtement imperméable et un maillot de bain ont donc leur place dans la même valise. Pour les sorties en bateau comme pour la traversée depuis Madère, mieux vaut consulter les bulletins de météo marine, car l’état de la mer peut changer rapidement.
Le voyage passe presque toujours par Madère. Depuis Paris, des vols directs relient Funchal en un peu moins de quatre heures. On rejoint ensuite Porto Santo de deux façons : en avion, avec une liaison d’une vingtaine de minutes depuis l’aéroport de Madère, ou en ferry à bord du Lobo Marinho, qui relie Funchal à Porto Santo en environ deux heures et demie. La traversée offre une véritable approche par la mer et permet d’embarquer un véhicule, mais elle doit être réservée, d’autant que les horaires varient selon la saison et peuvent être modifiés par mer forte. Mieux vaut donc prévoir de la marge avant un vol international, surtout lors d’un séjour court.
Sur place, taxis, excursions et location de vélos peuvent suffire si l’on loge près de Vila Baleira. Une voiture facilite toutefois l’accès aux belvédères, à Zimbralinho et aux départs de randonnée. Porto Santo appartient au Portugal : les voyageurs français n’ont besoin que d’une carte d’identité ou d’un passeport en cours de validité, et l’euro est la monnaie locale. Comptez trois ou quatre jours sur l’île : assez pour faire autre chose que bronzer, sans chercher à remplir chaque heure.



