Porto Santo en automne : l’île dorée de Madère, entre plage infinie et reliefs volcaniques

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Charline David
Par Charline David

À quarante kilomètres au nord-est de Madère, Porto Santo déroule neuf kilomètres de sable blond face à l’Atlantique. L’île est souvent réduite à sa plage, pourtant ses reliefs volcaniques, ses belvédères et son histoire maritime méritent plusieurs jours. En octobre, quand l’été se retire doucement, l’atmosphère s’apaise, les foules repartent vers le continent et la mer, encore proche de 23 °C, garde la porte grande ouverte aux baignades.

Neuf kilomètres de sable doré : la plage qui a fait la réputation de Porto Santo

Porto Santo mesure environ onze kilomètres de long pour six de large. Sa côte sud contraste totalement avec Madère : au lieu de falaises sombres et de reliefs serrés, une plage continue accompagne Vila Baleira jusqu’à la Ponta da Calheta. Cette ligne claire a valu à l’île son surnom d’« île dorée ». Son sable, d’origine calcaire et très fin, est même réputé pour ses vertus apaisantes, au point que certains visiteurs s’y font ensevelir pour soulager leurs articulations.

La plage n’est jamais tout à fait la même d’un bout à l’autre. Les secteurs proches de Vila Baleira sont pratiques et animés ; vers Calheta, le regard s’ouvre sur l’îlot da Cal et les formes volcaniques deviennent plus présentes. Pour les plaisanciers, le port d’abri se situe à l’est de la plage et constitue une escale appréciée sur la route des Canaries. L’Atlantique reste néanmoins exposé : houle, vent et disponibilité des places doivent être vérifiés avant l’arrivée.

Et avant de vous y rendre, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

Vila Baleira, sur les traces de Christophe Colomb

Le centre de Vila Baleira s’organise autour du Largo do Pelourinho et de l’église Nossa Senhora da Piedade. La Casa Colombo, musée de Porto Santo et des Découvertes portugaises, rappelle les liens de Christophe Colomb avec l’île, où il vécut après son mariage avec Filipa Moniz, fille du premier capitaine-donataire de Porto Santo. Le lieu replace l’île au cœur des routes atlantiques du XVe siècle.

Cette histoire maritime permet de dépasser l’image balnéaire. Porto Santo fut l’une des premières terres découvertes par les navigateurs portugais, dès 1418, puis un point d’observation et d’approvisionnement pour les expéditions suivantes. Le port, les moulins et les terres sèches racontent ensuite la difficulté de vivre sur un territoire pauvre en eau. Une demi-journée suffit pour les monuments, mais les cafés et les rues tranquilles méritent que l’on s’y attarde.

 

Pico de Ana Ferreira, l’étonnant orgue de pierre de l’île

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Au centre-ouest, le Pico de Ana Ferreira dévoile des colonnes prismatiques de basalte alignées comme les tuyaux d’un orgue minéral. Cette structure spectaculaire témoigne de l’origine volcanique de l’île. Le sentier et les abords demandent de bonnes chaussures : la roche peut être instable et le soleil reste fort, même lorsque la température paraît douce.

Plus au nord, le Pico do Castelo offre une vue panoramique sur Vila Baleira, le port et les sommets orientaux. Son nom rappelle la forteresse qui servait autrefois de refuge aux habitants contre les attaques de pirates. Ces deux reliefs prouvent que Porto Santo possède un véritable territoire intérieur. Louer une voiture ou un vélo électrique permet de les relier, mais plusieurs itinéraires pédestres rendent la découverte plus intime.

Portela, Zimbralinho et les plus beaux points de vue de Porto Santo

Le miradouro da Portela, entouré de moulins, embrasse la côte sud, le port et l’îlot de Cima. À l’autre extrémité, le miradouro das Flores regarde vers Madère et les îles Desertas lorsque l’air est limpide, ce qui arrive souvent en automne. Ces haltes donnent l’échelle de l’île et montrent combien le relief protège ou expose les rivages.

Zimbralinho, petite crique encaissée de la côte sud-ouest, séduit par la couleur de son eau et ses galets. L’accès et la baignade dépendent toutefois de la houle ; le site ne dispose d’aucun des services d’une plage aménagée. Il faut vérifier les éventuelles restrictions d’accès, ne pas s’approcher des falaises instables et repartir avec ses déchets.

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Kayak, plongée et épaves : Porto Santo vue depuis la mer

Porto Santo convient particulièrement aux voyageurs actifs. La plage forme un itinéraire naturel, tandis que les pistes et routes secondaires relient les belvédères. Le vélo est agréable, mais le vent et les pentes du nord-est surprennent les moins entraînés. Sur l’eau, kayak, paddle et sorties en bateau permettent d’observer falaises et îlots sous un autre angle.

Les plongeurs y trouvent une eau souvent très claire et deux épaves volontairement immergées pour créer des récifs artificiels : le Madeirense, ancien navire de transport, et la corvette Afonso Cerqueira, coulée en 2016 au large de la côte sud. Les activités nautiques doivent rester adaptées au vent, à la houle et à la température de l’eau. Les plaisanciers évitent de mouiller au hasard près des zones protégées et consultent les informations portuaires locales. Pour les autres, passer par un opérateur déclaré évite de confondre météo marine et météo de plage.

Que manger à Porto Santo après une journée au grand air ?

La cuisine de Porto Santo appartient à l’archipel de Madère tout en gardant ses propres habitudes. Poissons grillés, poulpe, thon, sabre noir et fruits de mer partagent les cartes avec l’espetada, ces brochettes de bœuf grillées au feu de bois, et le bolo do caco, petit pain plat servi tiède au beurre à l’ail. L’île produit aussi quelques vins issus de vignes adaptées à son sol sec et sableux.

En automne, les horaires deviennent moins continus qu’en plein été. Il est préférable de réserver le soir et de vérifier les jours de fermeture. Ce ralentissement fait aussi partie du charme : Vila Baleira retrouve une vie plus locale, la plage se vide et les repas ne sont plus soumis à la même pression touristique.

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Quel temps fait-il à Porto Santo en octobre ?

Porto Santo profite d’un climat doux et plutôt sec, plus ensoleillé que celui de Madère. En octobre, les maximales tournent autour de 23 à 25 °C, les nuits restent douces et le soleil brille encore près de dix heures par jour. La mer, qui avoisine les 22 à 23 °C, compte parmi les plus chaudes de l’année et autorise des baignades confortables. Les pluies restent rares, quelques jours seulement dans le mois, mais peuvent être soudaines et soutenues.

Côté mer, l’automne marque le retour des premières houles de nord-ouest et d’un vent plus présent, autour de 20 à 25 km/h en moyenne. Une veste coupe-vent, un vêtement imperméable et un maillot de bain ont donc leur place dans la même valise. Pour les sorties en bateau comme pour la traversée depuis Madère, mieux vaut consulter les bulletins de météo marine, car l’état de la mer peut changer rapidement.

Comment rejoindre Porto Santo et s’organiser sur place ?

Le voyage passe presque toujours par Madère. Depuis Paris, des vols directs relient Funchal en un peu moins de quatre heures. On rejoint ensuite Porto Santo de deux façons : en avion, avec une liaison d’une vingtaine de minutes depuis l’aéroport de Madère, ou en ferry à bord du Lobo Marinho, qui relie Funchal à Porto Santo en environ deux heures et demie. La traversée offre une véritable approche par la mer et permet d’embarquer un véhicule, mais elle doit être réservée, d’autant que les horaires varient selon la saison et peuvent être modifiés par mer forte. Mieux vaut donc prévoir de la marge avant un vol international, surtout lors d’un séjour court.

Sur place, taxis, excursions et location de vélos peuvent suffire si l’on loge près de Vila Baleira. Une voiture facilite toutefois l’accès aux belvédères, à Zimbralinho et aux départs de randonnée. Porto Santo appartient au Portugal : les voyageurs français n’ont besoin que d’une carte d’identité ou d’un passeport en cours de validité, et l’euro est la monnaie locale. Comptez trois ou quatre jours sur l’île : assez pour faire autre chose que bronzer, sans chercher à remplir chaque heure.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.