Bataille en tête de course

Vendée Globe
Samedi 5 décembre 2020 à 7h45

Ça cavale toujours en tête de course malgré une forte mer de travers limitant la vitesse des bateaux. Louis Burton a perdu de beaucoup de terrain dans la nuit, certainement handicapé par des soucis techniques.

©Pierre Bouras / TR Racing
Ça cavale toujours en tête de course malgré une forte mer de travers limitant la vitesse des bateaux. Louis Burton a perdu de beaucoup de terrain dans la nuit, certainement handicapé par des soucis techniques.

«  Je suis dans la traîne de la dépression, j’ai entre 30 et 40 nœuds de vent et la mer est désordonnée, comme d’habitude. C’est un peu la même péloche depuis plusieurs jours et ce n’est pas près de s’arrêter, mais je commence à prendre mon rythme, ma routine d’océan Indien (…) L’humain a une capacité d’adaptation importante ! » confie Charlie Dalin joint ce matin à 5 heures.

 

En guise de compensation à cette mer déglinguée qui déferle par le travers des grands monocoques et fait planter fort les bateaux après les départs en survitesse, le ciel, au nord de la dépression australe, est d’un bleu peu commun et le soleil enchante ces journées de 17 heures (par ces latitudes, le jour se lève vers 1h du matin).

 

Le skipper d’Apivia ouvre toujours la voie. Son décalage au Nord de ses concurrents directs lui a fait perdre un peu de terrain, mais il n’en a cure : « je suis content d’être en tête, oui, mais je n’y accorde pas plus d’attention que ça. J’essaye de préserver mon bateau au maximum, sachant que l’état de la mer nous empêche d’aller vite et puis il reste tellement de milles à parcourir ! »

 

L’état de la mer est un facteur limitant, autant que les petits ou gros soucis techniques qui empoisonnent la vie des marins au quotidien et anéantissent leurs efforts de progression. Est-ce pour cette raison que Louis Burton qui figurait jusque-là en deuxième position a rétrogradé d’une place après avoir vu sa vitesse chuter ? 6,3 nœuds de moyenne  et 50 milles de perdus cette nuit… il y a fort à papier que Bureau Vallée 2 ne soit pas à 100% de ses capacités.

 

A l’aube de ce 5 décembre, Thomas Ruyant a donc récupéré sa place de dauphin. Ce tiercé de tête, poursuivi par la horde Seguin, Bestaven, Le Cam, Dutreux, Hermann, Pedote, Joschke et Sorel, se dirige, tribord amure vers le nord des Kerguelen. Bientôt, après le passage du front, ils pourront empanner et filer sur l’autre bord quasiment jusqu’au cap Leeuwin, deuxième grand jalon du Vendée Globe.

 

Voyage en mers et terres méconnues

 

Dans leur sud, à l’intérieur de l’infranchissable zone des glaces, défilent les îles lointaines et déshéritées de l’océan Indien : île Marion et du Prince Edward qui appartiennent à l’Afrique du Sud, puis les îles au Cochon et de la Possession dans l’archipel des Crozet, relevant des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAFF).

 

Le Vendée Globe est l’occasion d’un voyage en mers et terres méconnues, d’une redécouverte de la mappemonde et de ses trésors cachés. Ce dont se réjouissait Alexia Barrier (23e), qui profitait d’une mer lisse et d’une vingtaine de nœuds de vent pour faire glisser son IMOCA le long de l’anticyclone de Sainte-Hélène. « Je vais passer pas loin de Tristan da Cunha (territoire britannique d’Outremer situé par 37° Sud, ndr). Il y a plein de contrées sur la route que je ne connais pas. Mon père m’a envoyé des petits textes pour me présenter toutes ces îles. Et c’est génial pour les 5000 enfants qui me suivent. Je vais leur raconter tout cela. Cette course, pour eux, c’est vraiment un vecteur d’apprentissage. En géographie, en math, en histoire… »

 

La navigatrice a passé ces derniers jours à bricoler à fond pour se préparer à son bateau – le plus ancien de la flotte – à son entrée dans le Grand Sud. Aux portes des quarantièmes, le décor est déjà en train de changer pour la queue de flotte. Un plafond gris s’est installé, les températures ont chuté… il y a des signes qui ne trompent pas.

 

Pendant ce temps, Samantha Davies est en approche de Cape Town. Encore 45 milles avant de pouvoir se mettre à l’abri dans la baie pour évaluer les possibilités de réparation d’Initiatives- Cœur.

 

Et puis à 250 milles du cap dans le Sud-Ouest du cap de Bonne Espérance, un nouveau quatuor est en train de se former. En l’espace de 48 heures, Armel Tripon et Arnaud Boissières ont comblé les 300 milles de retard qui les séparaient d’Alan Roura et Stéphane Le Diraison (handicapé par le système de commande de son hook de grand-voile). Voici ces quatre bateaux désormais regroupés, glissant dans une étroite bande de vent le long de la zone d’exclusion antarctique.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.