Vendée Globe 2020-2021 : plus qu'une réussite !

Vendée Globe
Mardi 16 mars 2021 à 13h28

Dans un contexte pour le moins inédit qui a jonché la route d’obstacles inattendus, le 9e Vendée Globe a su trouver sa voie, et fédérer et conquérir un public encore plus large !

©Bernard Le Bars/Alea
Dans un contexte pour le moins inédit qui a jonché la route d’obstacles inattendus, le 9e Vendée Globe a su trouver sa voie, et fédérer et conquérir un public encore plus large !

BILAN SPORTIF : UNE ÉDITION SPECTACULAIRE ET DES RECORDS !

Record de participants au départ et à l'arrivée

Si le record de l’épreuve n’a pas été battu, cette édition a enregistré les records de participation, tant au départ avec le plus grand nombre de candidats (37 vs 34 en 2016), de partants (33 vs 30 en 2008) et de partantes (6 femmes vs 2 en 2012), qu’à l’arrivée avec le plus grand nombre d’arrivants : 25 en course et 2 hors-course.

À noter également le record féminin de l’épreuve, battu par Clarisse Crémer en 87j 02h 24m 25s, soit 7 jours de mieux qu’Ellen MacArthur en 2001.

LA MÉTÉO GOMME LES ÉCARTS ENTRE LES GÉNÉRATIONS

Expérimentaux il y a quatre ans, les foils étaient attendus, redoutés, et les derniers-nés de la flotte IMOCA promettaient d’aller encore plus vite qu’il y a quatre ans. La démonstration est faite, mais elle n’a pas été éclatante.

Les foils de dernière génération ont montré une partie de leur efficacité : Charlie Dalin a été le premier sur la ligne d’arrivée, et Thomas Ruyant a terminé 4e, avant que les compensations de temps attribuées aux sauveteurs de Kevin Escoffier soient appliquées. Ces deux skippers d’IMOCA dernière génération ont pourtant eu des problèmes avec leur foil bâbord rapidement inutilisable. Sur les portions de la course où ils ont pu s’appuyer sur leur foil valide, dans des conditions de navigation propices, ces nouveaux foilers ont été très efficaces.

Mais la fiabilisation de tels bateaux est une question de temps : quelques foilers de dernière génération ont abandonné (Nicolas Troussel – Corum L'Epargne, sur le seul démâtage de cette édition, Sébastien Simon - Arkéa Paprec, après un choc avec un OFNI et Alex Thomson - HUGO BOSS, pour divers problèmes de structure) et certains ont connu des problèmes qui les ont éloignés de la course à la victoire (L’Occitane en Provence d’Armel Tripon, DMG Mori de Kojiro Shiraishi et Charal de Jérémie Beyou, qui a été contraint de revenir aux Sables pour réparer et qui est reparti 9 jours après les autres).

La navigation en haute mer avec des foils reste le sujet de beaucoup de développements à venir et d’expérimentations. Le Vendée Globe qui vient de s’achever donnera aux architectes de formidables retours d’expérience.

Les bateaux d’ancienne génération ont quant à eux prouvé qu’ils savaient très bien naviguer, et c’est pourquoi les équipes techniques qui avaient bien préparé leurs bateaux à dérives droites ont pu surnager dans le top 10.

Il y a plus que jamais de la place dans le Vendée Globe pour les projets sportifs moins dotés, mais bien fiabilisés.

Ce qui est notable, c’est que dans le contexte météo, qui a proposé une étonnante succession de phénomènes qui ont ralenti la course (la session de près en tout début de course, la tempête Théta au Cap-Vert, l’anticyclone de Sainte-Hélène décalé dans l’Atlantique Sud, des zones de calmes dans les mers du Sud et des angles au vent inhabituels dans les dépressions), les bateaux d’ancienne génération ont trouvé l’occasion de prouver la valeur d’IMOCA totalement fiabilisés.

Cela se voit par le plus faible taux d’abandons – seulement 24% (vs 37% avec 9 abandons sur 24 partants en 2000) - et par la position des bateaux des générations 2016 et même 2008 au classement final.

Ces bateaux plus anciens dont les skippers ont pu tirer le plein potentiel et ainsi limiter la distance réelle parcourue ont animé la tête de course :

- Sur un bateau à foils de 2016, Yannick Bestaven (Maître CoQ IV) gagne le Vendée Globe.

- Louis Burton, sur Bureau Vallée 2, l’ex-Banque Populaire d’Armel Le Cléac’h vainqueur en 2016, prend la 3e place

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© Jean-Marie Liot/Alea/YES WE CAM

- Jean Le Cam, grâce à son Yes We Cam à dérives droites de 2008, prend la 4e place

- Boris Herrmann, avec SeaExplorer – Yacht Club de Monaco, un bateau de 2016 à foils, aurait terminé sur le podium du Vendée Globe s’il n’avait pas touché un bateau de pêche à l’arrivée

- Enfin Damien Seguin, premier skipper en situation de handicap de l’histoire de la course, avec son IMOCA à dérives droites de 2008, a pris une formidable 7e place, devant le foiler de première génération de Giancarlo Pedote, et les bateaux à dérives droites de Benjamin Dutreux et Maxime Sorel, 10e.

Dans le top 10, on compte 2 foilers de dernière génération, 4 foilers de la génération précédente, et 4 bateaux à dérives droites.

Pour regarder autrement le top 10, on constate que six bizuths y figurent (Charlie Dalin, Benjamin Dutreux, Boris Herrmann, Giancarlo Pedote, Damien Seguin et Maxime Sorel), que le vainqueur et le sixième jouaient leur deuxième Vendée Globe, et qu’ils l’ont terminé pour la première fois ; et que deux marins très expérimentés ont performé : Louis Burton avec son podium après une course très riche en rebondissements, et Jean le Cam, qui termine 4e, à 61 ans, son 5e Vendée Globe.

UN FINISH INCROYABLE, DES VALEURS ET UNE INTERNATIONALISATION CONFIRMÉES

Autre ligne au bilan : le sauvetage de Kevin Escoffier par Jean Le Cam, avec l’assistance de Yannick Bestaven, Boris Herrmann et Sébastien Simon a joué un rôle imposant sur le classement final.

Si celui-ci a contribué à créer un dénouement et un suspense aussi incroyable avec l’arrivée de 8 skippers en 24 heures, dont certains bénéficiaient de temps compensés, il a aussi et surtout démontré l’évident, avec le secours et la solidarité que chacun doit aux autres, en mer comme à terre.

Enfin, le Vendée Globe prouve qu’il peut sourire aux skippers internationaux : Boris Herrmann, 5e, est le premier finisher allemand. Le Japonais Kojiro Shiraishi, 16e, est le premier skipper asiatique à boucler le Vendée Globe ; et le Finlandais Ari Huusela, 25e, est le premier marin nordique à boucler la grande et belle boucle.

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© Olivier Blanchet / Alea

VILLAGE DÉPART : 200 000 VISITEURS RAVIS !

Malgré les mesures sanitaires, notamment les mesures de distanciation physique, le Village a reçu 200 000 visiteurs en 13 jours, du 17 au 29 octobre, date du 2e confinement national.

15 000 visiteurs ont été accueillis chaque jour avec une jauge de 5000 personnes en même temps. Près de 60% d’entre eux sont issus de départements autres que la Vendée.

C’était un protocole strict, avec inscription préalable, et le Village a eu un taux de remplissage de 98%, pour des visites de moins de 3 heures en moyenne.

La bonne nouvelle est que 97% des visiteurs ont été satisfaits par l’E-billetterie.

93% des visiteurs ont estimé que les mesures sanitaires étaient suffisantes, plus de 95% les ont très bien acceptées.

Un grand merci aux 285 bénévoles qui ont accompagné et guidé les visiteurs !

DES SKIPPERS TOUJOURS PLUS ENGAGÉS

Beaucoup de skippers de la Classe IMOCA sont des femmes et des hommes engagés qui, à l'occasion du Vendée Globe, ont eu à cœur de porter des messages sur des thématiques sociétales :

- L’environnement et la protection des océans bien sûr avec Alexia Barrier, Boris Herrmann, Stéphane Le Diraison, Fabrice Amedeo, Benjamin Dutreux, Didac Costa, Armel Tripon, Kevin Escoffier pour ne citer qu’eux ;

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© Sam Davies / Initiatives Coeur

- La santé : Sam Davies avec le projet Initiatives-Cœur qui soutient l’association « Mécénat Chirurgie Cardiaque », Maxime Sorel parrain de « Vaincre la Mucoviscidose », Charlie Dalin qui soutient l’association « Petits Princes » qui réalise les rêves d’enfants et d’adolescents malades ;

- L’inclusion : Damien Seguin avec APICIL et « Des Pieds et des Mains », Thomas Ruyant et son projet LinkedOut ou encore Clarisse Cremer et l’association Lazare ;

- La mixité : Isabelle Joschke qui a créé l'association « Horizon Mixité »

POUR FINIR : RENDEZ-VOUS LE 22 MAI PROCHAIN !

Enfin, la remise des prix sera organisée le 22 mai 2021 aux Sables d’Olonne, et sera fonction des mesures sanitaires applicables à cette date. L’organisation pourrait même se prendre à rêver d’une fête populaire au soir de la remise des prix : les Vendéens le méritent bien !

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.