Marie Tabarly - Pen Duick VI : 37 jours en tête sur 40 jours de course

Course au large
Par Figaronautisme.com

Le 20 octobre dernier, au large de Cape Town, après 40 jours de course, Pen Duick VI a coupé la ligne d’arrivée de la première étape de l’Ocean Globe Race en 2e position en temps réel et 4e en temps compensé dans sa catégorie « Flyer Class » après avoir mené la course en temps réel pendant 37 jours.

Le 20 octobre dernier, au large de Cape Town, après 40 jours de course, Pen Duick VI a coupé la ligne d’arrivée de la première étape de l’Ocean Globe Race en 2e position en temps réel et 4e en temps compensé dans sa catégorie « Flyer Class » après avoir mené la course en temps réel pendant 37 jours.

« Nous n’avons pas de regret, c’est le jeu. Nous avons bien navigué. L’ambiance était excellente et l’équipage au top tout le temps. Nous avons vécu, et j’espère partager avec tous ceux qui nous suivent, un superbe moment de mer : c’est ce que nous retiendrons. »

Dans 10 jours, le 5 novembre, ils repartiront pour la 1ère grande étape des mers du Sud, pour laquelle les concurrents de l’Ocean Globe Race souhaitent recevoir un bulletin météo de base, pour des raisons de sécurité.

Marie Tabarly profite aussi de cette escale pour poursuivre sa recherche de partenaires afin d’aller au bout de ce défi hors norme, entamé avec panache !

Une belle et intense bagarre océanique s’est jouée tout du long de cette descente de l’Atlantique entre Southampton et Cape Town. Marie Tabarly et son équipe, en tête dès le début de la course, ont été les premiers à sortir des pièges du pot au noir, creusant alors l’écart avec leurs poursuivants et prenant également le lead en temps compensé… Jusqu’à ce que l’anticyclone de Sainte Hélène, zone de hautes pressions sans vent aux fluctuations anarchiques, décide de bloquer la progression du puissant ketch. Les concurrents directs de Pen Duick VI en ont profité pour fondre sur lui… tout en évitant soigneusement les calmes qui le piégeaient.

Après quelques jours de repos et de rémission pour Marie Tabarly suite à son improbable rencontre avec un lion de mer à peine arrivée à Cape Town, la capitaine de Pen Duick VI revient sur cette superbe première étape menée quasiment de bout en bout, jusqu’à quelques heures de l’arrivée…

C’est comme ça et c’est très bien !

Marie Tabarly : « Nous n’avons pas de regret. Vu le peu d’informations météo que nous avions, nous ne pouvions pas faire mieux. Nous avons bien navigué, avec les éléments dont nous disposions. Les autres auraient fait les mêmes choix. Et, à la place de Spirit of Helsinki j’aurais fait la même chose qu’eux : une plongée dans le sud pour éviter les calmes dans lesquels nous étions empêtrés. On ne va pas refaire le match, c’est comme ça et c’est très bien ! »

Vivre et partager des moments extraordinaires

Marie Tabarly : « Nous avons vécu, et j’espère partagé, avec tous ceux qui nous suivent, un superbe moment de mer, c’est ce que nous retiendrons. C’est pour ça que l’on va chercher ce genre de défi : pour vivre des moments extraordinaires et c’est ce qui s’est passé ! L’équipage était top. L’ambiance à bord a vraiment été excellente tout le temps. »

Step by step et match après match

Marie Tabarly : « C’était très rythmé tout le temps : après la sortie de Manche, tu négocies la pointe Finistère, puis tu vises Madère, les Canaries, le Cap Vert. Ensuite, c’est le pot au noir. Après, c’est un peu différent parce qu’il n’y a plus d’étape géographique (à part Fernando de Noronha dont nous nous serions bien passés). Les matchs de rugby ont pris le relais ! »

Zéro souci technique

Marie Tabarly : « Le bateau s’est très bien comporté, même avec les conditions un peu musclées sur la fin. Nous avons juste cassé une manille (petite pièce d’accastillage) de bastaque : elle était mal orientée, elle a cassé, on l’a remplacé : ça a pris 10 minutes. »

Nous nous préparons pour les mers du sud

Marie Tabarly : « Nous préparons les mers du sud : nous vérifions tout et remplaçons ce qui doit l’être. Nous allons installer un chauffage que nous utiliserons 2 heures par jour, juste pour sécher les bottes et déshumidifier un peu l’intérieur. Il va aussi falloir optimiser les rangements parce que nous allons embarquer les gros cirés et les sous-couches. »

Se reposer et assurer la suite

Marie Tabarly : « La priorité aujourd’hui, c’est de se reposer. Nous sortons quand même de 40 jours de mer. Je n’ai jamais dormi plus de 3h d’affilé… »

La navigatrice va aussi profiter de l’escale pour chercher à embarquer des partenaires complémentaires dans ce défi de longue haleine, afin de réussir à boucler ce tour du monde à l’ancienne, qui a débuté de si belle manière.

Le grand sud sans météo, c’est le casse-pipe assuré

Marie Tabarly : « Pour l’étape à venir, l’ensemble de la flotte souhaite recevoir un bulletin météo de base, le même pour tous. C’est trop dangereux de naviguer à l’aveugle dans le grand sud. Surtout avec le climat qui change, les schémas classiques et stables que l’on connait n’existent plus.

En 1973, on pouvait capter des bulletins météo en BLU. Ça n’existe plus aujourd’hui. Il faut donc, pour des raisons de sécurité, que nous trouvions une solution avec l’organisation de la course. C’est hyper agréable de naviguer uniquement avec les éléments, mais là ce serait trop dangereux. »

Les guerriers arrivent !

Quelques changements d’équipage vont avoir lieu à Cape Town « Les caractères calmes, parfaits pour s’armer de patience dans le petit temps, vont être remplacés par les guerriers ! »

On se raconte nos histoires

Le reste de la flotte va arriver aujourd’hui et cette fin de semaine en Afrique du Sud : « L’ambiance est calme, nous sommes tous un peu fatigués… On se raconte nos histoires. Nous continuons les échanges que nous avions en mer… » Chaque jour, à 7h et 21h l’ensemble des concurrents de l’Ocean Globe Race se connecte en BLU pour parler tous ensemble.

Nautisme Article

Atterrissage sur les crocs d’un lion de mer

« Il faut toujours une bonne bagarre quand t’arrives au port ! », rigole la capitaine de Pen Duick VI qui, le soir de son arrivée à Cape Town, n’a pas hésité à sauter par-dessus un lion de mer bien installé sur le ponton course, pour attraper les aussières de Translated 9, son grand concurrent en temps compensé qui manœuvrait dans le port par 40 nœuds de vent...

Au passage, l’imposant mammifère marin a planté ses crocs dans la jambe de Marie… Elle est tombée à l’eau, s’est rapidement hissée sur le ponton pour aider l’équipe italienne à amarrer son bateau et s’est alors aperçu que sa jambe était ensanglantée. Sa première nuit d’escale s’est passée à l’hôpital.

Les marins sont comme ça : ils ont beau batailler en mer pendant 40 jours, leur premier réflexe est de s’entraider, quels que soient les obstacles !

Sa blessure est en bonne voie de guérison.

Vidéo de l'arrivée :

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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