
« Nous n’avons pas de regret, c’est le jeu. Nous avons bien navigué. L’ambiance était excellente et l’équipage au top tout le temps. Nous avons vécu, et j’espère partager avec tous ceux qui nous suivent, un superbe moment de mer : c’est ce que nous retiendrons. »
Dans 10 jours, le 5 novembre, ils repartiront pour la 1ère grande étape des mers du Sud, pour laquelle les concurrents de l’Ocean Globe Race souhaitent recevoir un bulletin météo de base, pour des raisons de sécurité.
Marie Tabarly profite aussi de cette escale pour poursuivre sa recherche de partenaires afin d’aller au bout de ce défi hors norme, entamé avec panache !
Une belle et intense bagarre océanique s’est jouée tout du long de cette descente de l’Atlantique entre Southampton et Cape Town. Marie Tabarly et son équipe, en tête dès le début de la course, ont été les premiers à sortir des pièges du pot au noir, creusant alors l’écart avec leurs poursuivants et prenant également le lead en temps compensé… Jusqu’à ce que l’anticyclone de Sainte Hélène, zone de hautes pressions sans vent aux fluctuations anarchiques, décide de bloquer la progression du puissant ketch. Les concurrents directs de Pen Duick VI en ont profité pour fondre sur lui… tout en évitant soigneusement les calmes qui le piégeaient.
Après quelques jours de repos et de rémission pour Marie Tabarly suite à son improbable rencontre avec un lion de mer à peine arrivée à Cape Town, la capitaine de Pen Duick VI revient sur cette superbe première étape menée quasiment de bout en bout, jusqu’à quelques heures de l’arrivée…
C’est comme ça et c’est très bien !
Marie Tabarly : « Nous n’avons pas de regret. Vu le peu d’informations météo que nous avions, nous ne pouvions pas faire mieux. Nous avons bien navigué, avec les éléments dont nous disposions. Les autres auraient fait les mêmes choix. Et, à la place de Spirit of Helsinki j’aurais fait la même chose qu’eux : une plongée dans le sud pour éviter les calmes dans lesquels nous étions empêtrés. On ne va pas refaire le match, c’est comme ça et c’est très bien ! »
Vivre et partager des moments extraordinaires
Marie Tabarly : « Nous avons vécu, et j’espère partagé, avec tous ceux qui nous suivent, un superbe moment de mer, c’est ce que nous retiendrons. C’est pour ça que l’on va chercher ce genre de défi : pour vivre des moments extraordinaires et c’est ce qui s’est passé ! L’équipage était top. L’ambiance à bord a vraiment été excellente tout le temps. »
Step by step et match après match
Marie Tabarly : « C’était très rythmé tout le temps : après la sortie de Manche, tu négocies la pointe Finistère, puis tu vises Madère, les Canaries, le Cap Vert. Ensuite, c’est le pot au noir. Après, c’est un peu différent parce qu’il n’y a plus d’étape géographique (à part Fernando de Noronha dont nous nous serions bien passés). Les matchs de rugby ont pris le relais ! »
Zéro souci technique
Marie Tabarly : « Le bateau s’est très bien comporté, même avec les conditions un peu musclées sur la fin. Nous avons juste cassé une manille (petite pièce d’accastillage) de bastaque : elle était mal orientée, elle a cassé, on l’a remplacé : ça a pris 10 minutes. »
Nous nous préparons pour les mers du sud
Marie Tabarly : « Nous préparons les mers du sud : nous vérifions tout et remplaçons ce qui doit l’être. Nous allons installer un chauffage que nous utiliserons 2 heures par jour, juste pour sécher les bottes et déshumidifier un peu l’intérieur. Il va aussi falloir optimiser les rangements parce que nous allons embarquer les gros cirés et les sous-couches. »
Se reposer et assurer la suite
Marie Tabarly : « La priorité aujourd’hui, c’est de se reposer. Nous sortons quand même de 40 jours de mer. Je n’ai jamais dormi plus de 3h d’affilé… »
La navigatrice va aussi profiter de l’escale pour chercher à embarquer des partenaires complémentaires dans ce défi de longue haleine, afin de réussir à boucler ce tour du monde à l’ancienne, qui a débuté de si belle manière.
Le grand sud sans météo, c’est le casse-pipe assuré
Marie Tabarly : « Pour l’étape à venir, l’ensemble de la flotte souhaite recevoir un bulletin météo de base, le même pour tous. C’est trop dangereux de naviguer à l’aveugle dans le grand sud. Surtout avec le climat qui change, les schémas classiques et stables que l’on connait n’existent plus.
En 1973, on pouvait capter des bulletins météo en BLU. Ça n’existe plus aujourd’hui. Il faut donc, pour des raisons de sécurité, que nous trouvions une solution avec l’organisation de la course. C’est hyper agréable de naviguer uniquement avec les éléments, mais là ce serait trop dangereux. »
Les guerriers arrivent !
Quelques changements d’équipage vont avoir lieu à Cape Town « Les caractères calmes, parfaits pour s’armer de patience dans le petit temps, vont être remplacés par les guerriers ! »
On se raconte nos histoires
Le reste de la flotte va arriver aujourd’hui et cette fin de semaine en Afrique du Sud : « L’ambiance est calme, nous sommes tous un peu fatigués… On se raconte nos histoires. Nous continuons les échanges que nous avions en mer… » Chaque jour, à 7h et 21h l’ensemble des concurrents de l’Ocean Globe Race se connecte en BLU pour parler tous ensemble.

Atterrissage sur les crocs d’un lion de mer
« Il faut toujours une bonne bagarre quand t’arrives au port ! », rigole la capitaine de Pen Duick VI qui, le soir de son arrivée à Cape Town, n’a pas hésité à sauter par-dessus un lion de mer bien installé sur le ponton course, pour attraper les aussières de Translated 9, son grand concurrent en temps compensé qui manœuvrait dans le port par 40 nœuds de vent...
Au passage, l’imposant mammifère marin a planté ses crocs dans la jambe de Marie… Elle est tombée à l’eau, s’est rapidement hissée sur le ponton pour aider l’équipe italienne à amarrer son bateau et s’est alors aperçu que sa jambe était ensanglantée. Sa première nuit d’escale s’est passée à l’hôpital.
Les marins sont comme ça : ils ont beau batailler en mer pendant 40 jours, leur premier réflexe est de s’entraider, quels que soient les obstacles !
Sa blessure est en bonne voie de guérison.
Vidéo de l'arrivée :