Marie Tabarly et son équipage remportent la troisième étape du McIntyre Ocean Globe Race !

Course au large
Par Figaronautisme.com

Le magnifique Pen Duick VI FR (14), skippé par l’indomptable Marie Tabarly, a franchi la ligne d’arrivée du Yacht Club Punta del Este à 15:55 UTC le 13 février, prenant la première place de l’étape du Cap Horn de la MCINTYRE Ocean Globe Race. Le soleil et la houle étaient au rendez-vous pour accueillir Marie et son équipage, qui se sont battus avec acharnement pour décrocher la très convoitée première place dans ce que beaucoup considèrent comme l’étape la plus prestigieuse de l’OGR, d’une durée de 8 mois.

Pen Duick VI prend la première place de l'étape 3, réputée la plus difficile ©Rob Havill/ OGR2023
Le magnifique Pen Duick VI FR (14), skippé par l’indomptable Marie Tabarly, a franchi la ligne d’arrivée du Yacht Club Punta del Este à 15:55 UTC le 13 février, prenant la première place de l’étape du Cap Horn de la MCINTYRE Ocean Globe Race. Le soleil et la houle étaient au rendez-vous pour accueillir Marie et son équipage, qui se sont battus avec acharnement pour décrocher la très convoitée première place dans ce que beaucoup considèrent comme l’étape la plus prestigieuse de l’OGR, d’une durée de 8 mois.

Dans des vents de 25 nœuds et une mer de 3 mètres, Pen Duick VI franchit en vainqueur la ligne d’arrivée après 30 jours de course entre Auckland (Nouvelle-Zélande) et Punta del Este (Uruguay).

Avec ses 73 pieds, le ketch des bermudes à coque noire, fleuron du projet Elemen’Terre dont l’objectif est de sensibiliser le public aux grands enjeux environnementaux, est le plus grand voilier de la flotte de l’OGR. Pen Duick VI a une longue relation, que certains pourraient qualifier de compliquée, avec la Whitbread Round the World Race – le père de Marie, Éric Tabarly, a skippé Pen Duick VI pour la première fois lors de la Whitbread de 1973, mais a démâté deux fois avant d’abandonner. Aujourd’hui, Marie a prouvé une nouvelle fois, sans aucun doute, ce dont le ketch emblématique est capable. Marie l’a dit et répété : les vents forts sont le type de temps dans lequel Pen Duick VI excelle, et ils ont finalement obtenu ce qu’ils espéraient dans l’étape 3.

L’équipage a célébré l’événement avec style en sautant à l’eau en uniforme dans la marina du Yacht Club de Punta del Este encouragé par des centaines de supporters enthousiastes, dont beaucoup se souviennent des anciennes Whitbread qui faisaient escale à Punta del Este.

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Pen Duick VI franchit la ligne d?arrivée à Punta del Este le jour de la célébration du 100e anniversaire du Yacht Club Punta del Este© JJ/ OGR2023

Marie, qui a franchi la ligne d’arrivée en souffrant d’une rage de dent, a admis que, bien qu’elle soit ravie d’avoir remporté la première place, il s’agit d’une victoire douce-amère car son plus grand rival, Translated 9, a été contraint de se retirer de la troisième étape en raison d’une avarie à la coque, des fissures étant apparues après avoir été roulé trois fois et subi un violent renversement dans une tempête. Ils ont abandonné l’étape et se sont détournés vers les îles Malouines où ils se préparent maintenant à charger le voilier sur un navire pour le rapatrier à PUNTA afin d’effectuer les réparations avec l’espoir d’être prêts pour prendre le départ de la dernière étape de l’OGR.

Marie Tabarly : 

"Une victoire est une victoire, si vous voulez gagner une course, vous devez d’abord la terminer. Vous gagnerez en gardant votre bateau, votre équipage et tout le reste intacts. J’aurais préféré mettre fin à la rivalité avec Translated d’une autre manière, mais peut-être ont-ils poussé trop fort, il y a beaucoup de possibilités. J’ai gardé mon bateau homogène, j’ai terminé et j’ai gagné. Mais c’est une victoire douce-amère"

Tom Napper, le second de Pen Duick VI, a interrompu sa baignade dans la marina pour dire à quel point l’arrivée sous spi à Punta del Este avait été fantastique.

Tom Napper, premier lientenant de Pen Duick VI : 

"C’est génial, tout ce soutien, les yachts qui sonnent de la corne de brume. C’est fantastique. Oui, cette étape était la plus importante. Le point Nemo et le cap Horn l’ont rendue très spéciale."

Marie a récemment raconté comment elle s’est sentie dans les conditions qu’elle et ses 11 membres d’équipage attendaient juste avant de franchir le fameux passage du Cap Horn. Et ce, après des mois de vents faibles qu’elle avait trouvés si frustrants depuis le début de la course à Southampton en septembre dernier.

Marie Tabarly : 

"À un moment donné, le vent s’est stabilisé entre 40 nœuds, 45 nœuds, 50 nœuds, puis de 50 à 60 nœuds avant de retomber à 50. Il n’a cessé de monter et de descendre, et les vagues, eh bien, il y avait des vagues et de la houle, quelques vagues déferlantes, et le bateau a commencé à surfer. Nous avons atteint une vitesse moyenne d’environ 12 nœuds tout au long de cette zone de basses pressions, ce qui représente environ 270 milles nautiques par jour. Nous avons eu de belles journées de surf régulier entre 20 et 23 nœuds. Il y a même eu une vague de 28,3 nœuds, qui nous a tous effrayés mais le bateau était complètement en feu. La barre était très difficile à tenir ; ceux qui ont froid une fois à la barre se réchauffent généralement en quelques secondes à cause de cela, plus le stress d’être à la barre. Et oui, il y a des moments où l’on se sent tout petit, surtout au sommet d’une vague de 7 à 10 mètres de haut, face à l’immensité de l’océan. C’est vraiment quand on est au sommet de la vague qu’on se rend compte de l’immensité de la mer."

Mais la course n’a pas toujours été à l’avantage de Pen Duick VI jusqu’à présent, avec des pénalités de temps et des vents capricieux qui l’ont fait glisser vers le bas du tableau de classement lors des deux premières étapes. Lors de la première étape, il s’est classé 4e sur la ligne d’honneur et 7e en IRC. Lors de la deuxième étape, il est deuxième sur la ligne d’honneur et cinquième en IRC. Cette victoire, avec deux jours d’avance sur les voiliers les plus proches Spirit of Helsinki FI (71) et Maiden UK (03), et l’abandon forcé du précédent leader de IRC Translated 9 ITL (09), va maintenant modifier radicalement le classement IRC.

L’arrivée de Pen Duick VI à Punta del Este coïncide parfaitement avec la célébration du 100e anniversaire du Yacht Club Punta del Este. Le club a un riche lien historique avec la Whitbread round the world et le club ainsi que les habitants sont ravis de voir un voilier aussi renommé arriver en premier.

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Marie célèbre sa victoire en rejoignant son équipage pour une baignade de célébration après le champagne© Don / OGR2023

Daniel Sielecki, Vice-commodore du yacht club Punta Del Este :

"Nous sommes ravis au Yacht Club Punta del Este d’accueillir l’un des plus célèbres voiliers qui ait marqué l’histoire avec Eric Tabarly à la barre. Et avec Marie, la fille d’Eric, l’héritage Tabarly est à nouveau présent, comme ce fut le cas lors des précédentes escales de la Whitbread dans notre port. Bienvenue à Marie et à l’équipage de Pen Duick VI ! Notre 100e anniversaire brille encore plus avec vous dans notre club."

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L?équipe Pen Duick VI a reçu un accueil chaleureux de la part des Uruguayens dans la marina du Yacht Club Punta del Este© Don / OGR2023

Pendant ce temps, le reste de la flotte progresse rapidement vers Punta del Este. Spirit of Helsinki FI (71) et Maiden UK (03) poursuivent leur bataille épique, si près l’un de l’autre qu’ils peuvent se voir. Neptune FR (56) est leur plus proche challenger 60 milles nautiques derrière eux.

Galiana WithSecure FI (06), le plus à l’est de la flotte, a subi des vents violents cette nuit, ce qui a provoqué quelques dégâts.

Le vent est tombé à 15 noeuds. Perte de la moitié du matériel de sécurité situé à la poupe malgré des arrimages supplémentaires, un pfd gonflé. Cockpit inondé, surf record à plus de 20 noeuds, a tweeté Galiana Withsecure

Les cinq voiliers suivants donnent la nette impression de former une file d’attente ordonnée vers Punta del Este avec le leader IRC actuel Triana FR (66) en tête de la flottille, suivi de l’ancien vainqueur de la Whitbread L’Esprit d’équipe FR (85), White Shadow ESP (17), Outlaw AU (08) et Evrika FR (07).

Les deux derniers voiliers de l’OGR ont vécu de l’action de leur côté. Le sud-africain Sterna SA (42) a passé le Cap Horn à 15:55 UTC, naviguant à 9,5 milles de la côte. Skippé par Jeremy Bagshaw, qui avait franchi le même point il y a un an dans la GGR, le Swan 53 fait maintenant route à bonne allure vers Punta del Este.

Un message spécial de remerciement a été envoyé par un membre de l’équipage au propriétaire de Sterna, lui faisant part de ses sentiments sur le fait de faire partie de l’équipage et d’avoir l’opportunité de passer le Cap Horn.

"Gerrit you don’t know how thankful I am that you let me join your crew. It truly is a happy boat. Much love, live from Cape Horn", tweete de Sterna 

Explorer AU (28) a signalé ce matin à la première heure qu’il avait perdu l’usage de son safran pendant la nuit. Ils se sont déhalés sous voile de tempête dans des vents forts, avec des rafales à 55 nœuds et une mer déferlante de 7 mètres, et ont attendu que le temps soit plus clément avant de commencer les réparations. Ils naviguent sous safran de secours tout en ayant réorganisé les quarts pour commencer à remplacer le câble de commande de safran. A 17h00 UTC, ils ont terminé les travaux et ont annoncé qu’ils progressaient à nouveau vers le Cap Horn, qu’ils espèrent passer mercredi.

Maiden, Spirit of Helsinki et Neptune devraient arriver mercredi 15 en fin de journée.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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