Vendée Globe : les 33 skippers négatifs au covid, départ ce dimanche !

Par Figaronautisme.com

Dernière nuit au calme dans la tiédeur d’un lit douillet, dernier dîner élaboré, dernière check list, dernière douche longue et chaude, dernier café en famille demain matin. Dimanche 8 novembre, à 13h02, les 33 hommes et femmes de ce 9e Vendée Globe ont rendez-vous avec leur destin.

Demain dimanche, à 8h15, Armel Tripon sera le premier à larguer les amarres du ponton de Port Olona. Toutes les 4 minutes, jusqu’au Finlandais Ari Hussela, les 33 marins vont se détacher de la terre. Ce départ aura un goût particulier. Il se fera à pas feutrés et en petit comité : uniquement le cercle rapproché sur le ponton et sans aucun public le long du chenal. Mais à 13h02, lorsque retentira le signal de départ donné par Yves Auvinet, Président de la SAEM Vendée, les marins entreront pour de bon dans ce pourquoi ils ont si longtemps travaillé : un voyage en solitude qui durera entre 65 et 120 jours.

Partir d’abord, finir ensuite, gagner peut-être

Les 33 hommes et femmes de cet opus - qui restera dans les mémoires comme l’édition « Evadés du confinement » -  covid-19 oblige - savent que le Vendée Globe est une course par élimination. Revenir aux Sables d’Olonne après 24 296 milles de navigation autour de l’Antarctique en passant par les trois caps est une immense gageure : depuis l’édition pionnière de 1989, seuls 53%  des 167 partants ont accompli cet exploit.

Le premier défi est d’être présent au départ. Le second est de finir. Ce qui n’est pas incompatible avec de fortes ambitions sportives. Jérémie Beyou (Charal), Alex Thomson (HUGO BOSS), Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LinkedOut) partent avec une étiquette assumée de favoris. Nicolas Troussel (CORUM L’Epargne), Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) et Armel Tripon (L’Occitane en Provence) ont entre les mains un bateau dessiné pour scorer. Sam Davies (Initiatives-Cœur), Kevin Escoffier (PRB), Yannick Bestaven (Maître-CoQ IV), Isabelle Joschke (MACSF) ou encore Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) ont les armes pour jouer les trouble-fêtes et partout, il y aura une multitude de courses dans la course, une multitude de façons d’exister. La valeur des hommes, la fiabilité des bateaux et la chance seront les trois piliers de la performance. Et il faut s’attendre à ce que rien ne se passe totalement comme prévu.

En cette veille de départ, et face à cet Everest d’incertitudes – notamment pour les 18 concurrents qui s’engagent pour la première fois dans la course -, il y a donc de quoi être stressé. Depuis quelques jours déjà, les nuits sont moins paisibles, les rêves plus agités et les cerveaux préoccupés par les conditions de navigation à venir. D’autant que la météo des premiers jours s’annonce complexe.

Bonnes conditions pour le départ, un premier front dès la première nuit

Le départ devrait être aussi rapide que spectaculaire, avec une quinzaine de nœuds de vent de sud-est qui propulsera rapidement les 33 IMOCA vers une bouée de dégagement située à 7 milles de la ligne. Sous le soleil, cap à l’ouest, ce bord de largue devrait être avalé en une petite trentaine de minutes. La stratégie des premières heures consistera à aller chercher un front au large des côtes françaises, dans un vent refusant et forcissant jusqu’à 25/30 nœuds avant la bascule du flux au nord-ouest, dans la deuxième partie de nuit de dimanche à lundi. Des changements d’allure, de régime et de voiles seront donc au menu de la première nuit de ce 9e Vendée Globe ! Les marins n’auront pas beaucoup de temps de se reposer.

La suite s’annonce très complexe. Une dorsale succèdera à ce premier front avant l’arrivée d’un second front (à la latitude du cap Finisterre) plus costaud que le premier : de la mer croisée (4 mètres de creux) et du vent fort, jusqu’à 40 nœuds au passage du front.

Procédure de départ : tout ce qu'il faut savoir

Longue de 1,3 mille (soit 2,3 km), la ligne de départ, matérialisée par le patrouilleur des douanes Iris (46 m de long) et une bouée cylindrique de 3,50 m de haut, sera franchie à 13h02 par les 33 concurrents. La procédure de départ démarre 8 mn avant le coup de canon avec le signal d’avertissement. A H-4 mn, au signal préparatoire, le skipper doit être seul à bord, suit la minute et le top départ. Si un IMOCA coupe la ligne trop tôt, c’est-à-dire avant 13h02, il encourt une pénalité de 5 heures qu’il devra effectuer en course dans sa descente de l’Atlantique nord. Un concurrent qui ne franchit pas la ligne 60 mn après le signal sera considéré comme « non partant ». Il devra attendre l’heure indiquée par le comité de course pour repartir. Seule ‘dérogation’ à la notion de « sans escale », l’autorisation qui est donnée aux concurrents de revenir aux Sables d’Olonne en cas d’avarie ou de problème physique. Un skipper peut donc revenir au port de départ et pourra repartir dans un délai fixé à 10 jours, soit le 18 novembre 2020 à 13h02.  A cette date et à cette heure, la ligne sera définitivement fermée.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…