Armel Tripon plein d'énergie

"Le bateau est éprouvant physiquement de manière générale, quand il y a de l’air c’est physique, et même dans le petit temps, c’est énergivore. Il faut penser à récupérer, car ça laisse des traces, c’est une vraie gestion.
Je suis par le travers des Canaries, à 110 miles sous le vent, il fait bon, hier j’ai bricolé sur le pont. Je suis en ce moment à la table à cartes, je regarde les vents, cela varie en intensité, on ressent le dévent des îles, même si on est très loin. Je suis aux réglages des voiles et de l’angle du pilote, il faut aussi jouer sur la quille.
Après, le jour va se lever, ce sera le petit-déj, et plus tard dans la journée, je vais profiter que la mer soit bien rangée pour faire une nouvelle ascension dans le mât. En fait, j’ai fait il y a quelques jours une accroche pour mettre un étai de J3 mais je n’ai pas pu enlever un anneau qui était resté en place car il y avait trop de mer. Je vais donc monter aujourd’hui avec une scie à métaux ou une meuleuse pour découper cet anneau. J’en profiterai pour faire un check sur la partie haute du mât. Je n’ai pas le vertige, cela ne me dérange pas, même si en en solo, ça rajoute une appréhension. Il ne faut pas que ça merde ! Cela m’est déjà arrivé sur la Route du Rhum 2014 : j’étais resté coincé en haut, j’avais dû quitter le baudrier et me laisser glisser le long du mât. La vue est unique quand même de là-haut !
Je rêve énormément dans mes périodes de sommeil en ce moment. Comme je dors par tranches de 20 ou 40 mn, et que je suis réveillé par une alarme, je suis en plein rêve souvent. Et parfois, je repars sur le même rêve…
La méditation, c’est du quotidien pour moi, c’est comme prendre mon repas. Cela me permet de rester dans un bon état d’esprit sur cette course ! C’est ma petite routine".