Vendée Globe : tempête pour cette nuit

Par Figaronautisme.com/Vendée Globe

« Plusieurs tranches de vie en très peu de temps ». Les mots de Yannick Bestaven résument ce qu’ont vécu les 28 marins encore en lice sur la piste planétaire : un premier mois de mer d’une densité et d’une richesse extrêmes. Extrêmes aussi, les conditions endurées en tête de flotte en ce 30e jour de course. Surtout pour Charlie Dalin et Thomas Ruyant qui affrontent leur première tempête.

30 jours, c’est long et c’est court

En ce mardi 8 décembre, 30 jours après leur entrée en scène au large des Sables d’Olonne, la question leur était posée. Que leur inspire ce premier mois de mer ? Qu’ont-ils vécu, ressenti, appris ? Les réponses sont aussi variées que leur position sur la carte. De part et d’autre des 3800 milles qui séparent Charlie Dalin de Jérémie Beyou, et au sein des trois grands groupes répartis entre l’Atlantique Sud et l’océan Indien, les expériences et les sentiments diffèrent.

A 1000 milles du cap de Bonne-Espérance, Clément Giraud, 24e, décrit le plaisir, le stress et l’angoisse qui s’entremêlent pour créer des moments uniques.  A l’entrée de l’Océan Indien, Armel Tripon, 14e, évoque son sentiment de plénitude physique et mentale, les instants de grâce devant la pureté du ciel.

Dans l’océan Indien, Isabelle Joschke, 9e, n’imaginait pas un début aussi difficile. Dans cette immensité hostile, elle se sens « une toute petite chose », fragile.

« Je me demande quand même ce que je fous là au milieu de nulle part sur cette mer démontée » s’interrogeait à son tour Benjamin Dutreux, 5e, malgré la satisfaction d’une course menée aux avant-postes.

38 % du parcours

Un mois, c’est théoriquement un peu moins de la moitié du temps de course. Mais en distance, les premiers n’ont réalisé que 38% du parcours. Ils sont au milieu de l’océan Indien, tandis qu’il y a quatre ans, Armel Le Cléac’h avait déjà passé la longitude du cap Leeuwin (au sud-ouest de l’Australie). Depuis le départ des côtes françaises, la météo n’a jamais vraiment favorisé une course rapide, notamment en Atlantique. Pas de glissades interminables dans les alizés et peu de situations adaptées à l’expression des foilers qui ont rarement profité de leurs grands appendices.  Résultat : pas d’avantage technologique flagrant. En tout cas, pas pour l’instant.

Trois générations au coude à coude

« A ce niveau du Vendée Globe, au bout d’un mois de course, c’est assez incroyable d’avoir onze bateaux en 800 milles dans l’océan Indien, avec autant de disparité dans les générations » analysent les consultants météo Sébastien Josse et Christian Dumard. Entre LinkedOut (2e) et OMIA -Water Family (5e), deux bateaux qui ont 12 ans d’écart, il n’y a que 200 milles. C’est vraiment rien ! C’est moins d’une journée de nav’ ».

Vers une nuit dantesque pour Apivia et LinkedOut

Depuis 48 heures, tout ce groupe fait le dos rond de part et d’autre d’un front qui s’étend au Nord des Kerguelen. Joint ce midi pendant le Vendée Live, Yannick Bestaven, nouveau venu sur le podium, décrivait ses conditions de vie « animales »  à l’intérieur de Maître CoQ IV. « J’ai rentré les foils tellement les chocs sont violents. Je fais des vols planés dans tous les sens. Je fais tout pour ne pas être en avance sur le routage, pour ne pas me jeter dans la gueule du loup ».  La gueule du loup ? C’est cette dépression très creuse qui se forme à même le front. De Bestaven à Sorel (11e), ils sont 9 à avoir ralenti pour laisser cette dépression s’évacuer vers le Sud-Est.

Apivia et LinkedOut, eux, sont déjà trop en avance pour l’éviter. Cet après-midi, Charlie Dalin expérimentait déjà des conditions très dures : 40 nœuds de vent de travers, sous voilure ultra réduite ! Son bateau jaune n’avançait qu’à 10/12 nœuds. Plus au Nord, du côté de la petite île de d’Amsterdam, Thomas Ruyant sera mieux protégé des vents violents, mais il n’échappera pas à une nuit de tourmente.

Pour les deux hommes, ce 30e jour de mer sera sans doute un des plus rudes de ce début de tour du monde.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…