« L'Indien, c'est pas rien » : un peu de répit à bord pour Arnaud Boissières

Cette trajectoire de la sagesse, légèrement plus longue, s’est tout de même avérée compliquée avec parfois une houle très forte sans le moindre souffle d’air et, à d’autres moments, des rafales à près de 40 nœuds. Cet épisode chaotique est désormais derrière Arnaud qui, ces derniers jours, est tout de même parvenu à grappiller une nouvelle place. Il est maintenant 16ème du classement général et réduit l’écart avec Alan Roura (La Fabrique).
A bord de La Mie Câline – Artisans Artipôle, le moral est toujours au beau fixe. Dans une vidéo envoyée ce matin, il explique les reglages incessants à bord d’un IMOCA dans le grand sud et rappelle le plaisir énorme qu’il éprouve à naviguer dans les mers australes.
"Moi, je ne vois pas ça comme une galère ! On a contourné la dépression. Toute la nuit, c’était un peu tonique avec du vent fort à 40 nœuds. J’ai levé le pied une partie de la nuit, ça m’a valu une bonne douche froide mais il ne fait pas si froid que ça. C’est sûr que les conditions sont un peu toniques. C’est chouette d’être à deux là-dedans avec Stéphane (Le Diraison) qui est un peu plus au Nord. Progressivement, on va vers des conditions un peu plus maniables, avec moins de vent.
La dépression ne nous ménage pas
Hier, c’était un délire complet ! Je crois qu’on était à 600 mètres l’un de l’autre, on ne se voyait pas à cause de l’état de la mer et on n’avait que 2 à 4 nœuds de vent… Le bateau tapait dans tous les sens, j’ai temporisé, pris un ris avec le J2. C’était hyper désagréable, ça déferlait sur le pont, c’était un peu rageant… Mais quand tu es au centre d’une dépression, ça arrive. C’était assez perturbant de se faire rincer alors qu’on n’avait pas une goutte d’air. La dépression ne nous ménage pas mais on vit nos derniers instants avec elle donc on prend notre mal en patience.
Là, je vais aller vers la ZEA où ça va mollir, la dépression va me dépasser, je vais l’accompagner progressivement et ça va me permettre d’avancer. Ensuite, ça va adonner et je vais empanner vers le Nord. Ça fait deux nuits difficiles qu’on enchaîne. Je suis bien content de pouvoir enfin faire un vrai dodo ! Moi, je suis plutôt en forme, le bateau va bien… Je suis dans l’Indien et ce n’est pas rien. Je suis conscient qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir et je suis prêt à tout.
Chaque instant engendre du plaisir
L’objectif, c’est clairement de revenir sur Alan (Roura). Armel (Tripon), on ne peut pas jouer avec lui. Mais je ne serais pas malheureux si je faisais encore avec eux un bout de chemin. Cette nuit, je me suis décidé un peu tard à sortir pour prendre un 3e ris. Je suis allé à l’avant et j’ai pris une sacrée vague. J’étais totalement trempé ! Sur le moment, tu as les boules mais quand tu reviens, tu sais que c’est extraordinaire.
Chaque instant, même les plus durs, engendre du plaisir. Hier, c’était sympa. Là, ça ressemble un peu à un circuit de karting avec plein de cailloux. Mais ce sont des moments extrêmes et encore une fois, ce sont des moments de plaisir. Cet après-midi, je serai content d’en sortir mais je serai aussi content d’avoir vécu ça !"