Yannick Bestaven, la bonne opération

Par Figaronautisme Vendée Globe

Yannick Bestaven a fait la bonne opération en allant chercher une dépression très au Nord : Maître CoQ IV peut désormais glisser vers le cap Horn en respectant la Zone d’Exclusion Antarctique, ce que ne peut pas faire Charlie Dalin. Apivia sera obligé de virer de bord pour se recaler derrière le leader avec une centaine de milles d’écart tandis que derrière lui, Thomas Ruyant revient fort et va croiser devant le groupe des chasseurs ! Il y a de la rumba dans l’air…

Le poème de Paul Fort (repris par Georges Brassens) convient fort bien à la situation du moment : le petit cheval blanc est cette fois, une machine de 18,24 mètres de long, rouge, verte et noire qui déboule dans le Pacifique avec désormais près de 50 milles de marge sur son plus tenace poursuivant, Charlie Dalin (Apivia). Ce dernier sera en plus obligé de contre-border à l’approche de la Zone d’Exclusion Antarctique vers 08h ce dimanche (heure française), quand Yannick Bestaven (Maître CoQ IV) pourra encore allonger la foulée vers le point extrême de ce « mur des glaces ». Quant au peloton des chasseurs, il pointe à plus de 300 milles en tirant des bords face à un flux d’Est de plus en plus soutenu…

Seul au monde…

Bref le Rochelais a effectué la bonne opération en allant chercher une dépression bien au Nord pour mieux redescendre vers le cap Horn. Certes il reste encore plus de 9 000 milles orthodromiques (route directe) à avaler et surtout, le passage au Sud de l’Amérique du Sud s’annonce particulièrement tendu. Comme ce dimanche sur les côtes atlantiques, un méchant coup de vent est programmé pour samedi prochain 2 janvier dans le détroit de Drake, un coup de chien qui dépasse les 45 nœuds avec des rafales à plus de 60 nœuds et une mer de près de dix mètres de creux ! Or on voit mal comment Yannick Bestaven pourra éviter ce « caramel » si ce n’est en ralentissant dès le milieu de la semaine prochaine pour laisser passer ce phénomène…

 

Certes ses concurrents seront alors suffisamment loin derrière pour que le leader se permette de mettre le frein, mais il y aura tout de même Charlie Dalin et Thomas Ruyant (LinkedOut) dans son sillage. Ce dernier devrait en effet revenir très vite sur la tête de course puisqu’il est aussi allé chercher la dépression au Nord et qu’il va pouvoir « allumer » dès ce dimanche après-midi dans un flux de Sud-Ouest de plus en plus musclé. Ce n’est certes pas le meilleur côté pour son plan Verdier qui manque de puissance en l’absence d’un foil bâbord intègre, mais tout de même : le Nordiste va se glisser devant les étraves du groupe des chasseurs qui devrait se faire couvrir par une bulle sans vent ce dimanche midi, avant d’accrocher une brise portante.

Un dimanche en Pacifique !

Ce retournement de vent (et de situation !) pourrait bien avantager Louis Burton (Bureau Vallée 2) qui ferme la marche de ce « convoi » : il serait le premier à toucher ce nouveau vent portant et le Malouin pourrait ainsi combler encore une partie de son retard sur ce pack compact qui inclut Jean Le Cam, Boris Herrmann, Damien Seguin, Isabelle Joschke, Maxime Sorel et Giancarlo Pedote puisque Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family) a préféré piquer au Nord dès samedi et a connu des problèmes techniques avec ses voiles d’avant… Il y a donc encore bien du suspense en tête de flotte pour savoir qui sera le premier à enrouler le cap Horn, quelle sera la hiérarchie dans le détroit de Drake et surtout quels seront les écarts entre les différents solitaires !

Quant aux autres skippers qui pointent à plus de 900 milles du leader (quasiment trois jours !), il va leur falloir tenir la cadence : Clarisse Crémer (Banque Populaire X) va pouvoir tirer tout droit le long de la ZEA, mais devra surveiller son rétroviseur car Armel Tripon (L’Occitane en Provence) devrait bénéficier de conditions idéales pour son « scow » à foils : du vent de travers medium sur une mer relativement apaisée ! De quoi espérer recoller au groupe des chasseurs avant même de mettre le clignotant à gauche du côté du phare du bout du monde…

Un problème de quille résolu

Pour Alan Roura (La Fabrique), l’alerte à la quille semble être levée : le benjamin du Vendée Globe a réussi à circonscrire le problème (fuite hydraulique) et a repris sa route tout en observant attentivement le comportement de son plan Finot-Conq. Le Suisse a encore quelques jours devant lui avant de percer le cœur du Pacifique… Mais derrière lui, Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artisans Artipôle) et Pip Hare (Medallia) se font sérieusement brasser par une dépression venue de Tasmanie : ils devraient en voir le bout dès le début de la semaine prochaine, mais en attendant, c’est un coup de pied sur l’accélérateur qui leur permet de glisser sous la Nouvelle-Zélande.

Quant au trio Beyou-Le Diraison-Costa au large de la Tasmanie, il subit encore la queue du phénomène avec une mer très croisée qui ne leur permet pas de profiter de ce flux puissant de Nord. Manuel Cousin (Groupe Sétin) sur une voie plus septentrionale est plus à l’aise tout comme le Japonais Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One) derrière cette dépression australe dans un flux de secteur Sud-Ouest. Enfin Miranda Merron (Campagne de France) suivie par Clément Giraud (Compagnie du Lit-Jiliti) a enfin pu en finir avec le plateau AMSA défini par les services de sécurité maritime australien : la voie est désormais plus ouverte pour sortir de l’océan Indien !

La rédaction du Vendée Globe / DBo.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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