L’île de Ré en août, entre marais salants et ports de charme

En août, l’île de Ré vit au rythme des vélos, des marchés et des retours de plage. Derrière l’animation estivale de Saint-Martin-de-Ré et de La Flotte, les marais salants, les petits ports et les villages blancs conservent une atmosphère bien particulière. Pour en profiter, mieux vaut toutefois accepter de ralentir… et parfois de s’éloigner des itinéraires les plus fréquentés.

Dès le pont franchi, le décor est posé. Des maisons blanches aux volets verts, des roses trémières le long des murs, des pistes cyclables qui disparaissent entre les vignes et, presque partout, cette lumière claire réfléchie par l’océan. En août, l’île de Ré connaît son moment le plus animé. Les terrasses sont pleines, les marchés débordent de produits locaux et les files de vélos s’allongent à l’entrée des villages. Cette fréquentation fait partie de l’ambiance estivale, mais elle impose aussi quelques règles simples : partir tôt, privilégier les déplacements à vélo et ne pas chercher à tout voir en une journée. Longue d’une trentaine de kilomètres, l’île compte dix communes. Chacune possède sa propre atmosphère, du caractère maritime de Rivedoux-Plage aux paysages de marais des Portes-en-Ré, en passant par les ports plus animés de La Flotte et de Saint-Martin-de-Ré.

Saint-Martin-de-Ré, le port le plus animé de l’île

En août, Saint-Martin-de-Ré concentre une grande partie de l’activité touristique. Dès la fin de matinée, les quais se remplissent, les terrasses s’installent autour du bassin et les plaisanciers rejoignent les promeneurs devant les bateaux amarrés. Le port reste pourtant agréable à découvrir, surtout tôt le matin, lorsque les commerces commencent à ouvrir, ou en soirée, après le départ d’une partie des visiteurs à la journée. Les ruelles pavées qui remontent vers l’église permettent également de quitter rapidement l’agitation des quais.
Saint-Martin doit une partie de son caractère à ses fortifications. Conçues par Vauban à la fin du XVIIe siècle, elles entourent toujours la ville et sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une promenade sur les remparts offre un autre regard sur le port, les toits du village et le littoral. En plein mois d’août, cet itinéraire constitue aussi une bonne manière de prendre un peu de recul face à l’animation du centre.

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La Flotte, entre marché et vie portuaire

À quelques kilomètres, La Flotte possède un port plus petit, mais tout aussi vivant. Les bateaux sont entourés de maisons basses, de commerces et de terrasses qui donnent directement sur les quais. Le marché médiéval figure parmi les lieux les plus appréciés du village. Installé dans une cour pavée bordée d’échoppes couvertes, il rassemble en été fruits, légumes, poissons, huîtres, fromages et spécialités locales. En août, il vaut mieux s’y rendre dès l’ouverture pour éviter les heures les plus chargées. La Flotte se prête facilement à une matinée sans programme compliqué : quelques achats au marché, un passage sur le port, puis une promenade jusqu’au front de mer. Les vestiges de l’abbaye des Châteliers, situés à proximité du village, offrent ensuite une halte plus calme dans un paysage largement ouvert.

Ars-en-Ré, le village au clocher noir et blanc

En remontant vers le nord de l’île, les paysages changent progressivement. Les vignes laissent davantage de place aux chenaux, aux prairies humides et aux bassins salicoles.
Ars-en-Ré se reconnaît de loin à son clocher noir et blanc, autrefois utilisé comme repère par les navigateurs. Le village, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, s’organise autour de ruelles étroites, d’une place centrale et d’un port relié au Fier d’Ars. En août, les quais sont animés sans atteindre l’effervescence de Saint-Martin. Le matin, les cyclistes s’arrêtent devant les boulangeries et les cafés avant de repartir vers les marais. En fin de journée, le port retrouve une ambiance plus paisible, surtout lorsque la lumière descend sur les bateaux et les chenaux. Ars-en-Ré constitue surtout un excellent point de départ pour explorer le nord de l’île à vélo.

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Les marais salants au cœur de la saison

Le mois d’août correspond à une période importante pour l’activité salicole. Lorsque les conditions sont favorables, la chaleur, le soleil et le vent accélèrent l’évaporation de l’eau de mer dans les bassins. Les sauniers peuvent alors récolter le gros sel et, à la surface de l’eau, la fleur de sel. Ces paysages occupent une grande partie du nord de l’île, notamment autour de Loix, d’Ars-en-Ré et des Portes-en-Ré. Les bassins peu profonds changent de couleur selon l’heure, la concentration en sel et la luminosité. Ils prennent parfois des nuances grises, bleues, vertes ou légèrement rosées. Les pistes cyclables permettent de les traverser au plus près, mais il faut rester sur les itinéraires aménagés. Les marais sont des espaces de travail et des milieux naturels fragiles, pas seulement des décors touristiques. À Loix, l’Écomusée du Marais salant permet de comprendre le parcours de l’eau, l’organisation des bassins et les gestes du saunier. Une visite particulièrement intéressante en été, lorsque la récolte peut être observée directement sur le terrain.

© AdobeStock - Florian Calvat

Des paysages précieux pour les oiseaux

Les marais rétais jouent également un rôle essentiel pour la faune. À l’extrémité nord de l’île, la réserve naturelle de Lilleau des Niges protège d’anciens marais salants devenus un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux. Aigrettes, avocettes, sternes, échasses blanches et limicoles fréquentent ces zones humides. À partir de la fin de l’été, les premiers mouvements migratoires renforcent encore l’intérêt du site.
La Maison du Fier, installée aux Portes-en-Ré, présente les paysages et les espèces de la réserve. Plusieurs itinéraires permettent ensuite de longer les espaces protégés à pied ou à vélo, en respectant les zones interdites au public. Cette partie de l’île offre un contraste appréciable avec les ports très fréquentés du sud. Même en août, il reste possible d’y trouver des secteurs calmes, notamment en partant tôt le matin.

Le vélo, presque incontournable en août

Avec son relief très faible et son réseau dense de pistes cyclables, l’île de Ré se découvre naturellement à vélo. Au mois d’août, ce choix permet aussi d’éviter les difficultés de circulation et de stationnement à l’entrée des principaux villages. Les distances restent accessibles, mais elles sont parfois trompeuses. Le vent peut rendre le retour plus exigeant, surtout sur les portions exposées des marais. Il est donc préférable de prévoir des étapes raisonnables plutôt qu’une traversée complète de l’île dans la même journée. Les itinéraires les plus agréables relient Ars-en-Ré, Loix, Les Portes-en-Ré et Saint-Clément-des-Baleines. Ils traversent des paysages ouverts, passent le long des bassins et rejoignent régulièrement de petits ports ou des plages.
En haute saison, les pistes peuvent être très fréquentées. La prudence s’impose aux intersections, dans les centres des villages et sur les passages étroits, où vélos, piétons et remorques se croisent parfois difficilement.

© AdobeStock - Keitma

Le phare des Baleines et la côte atlantique

À Saint-Clément-des-Baleines, le phare des Baleines constitue l’un des sites les plus connus de l’île. Du haut de ses 57 mètres, il domine la pointe occidentale et offre une vue étendue sur l’océan, les plages et les terres basses du nord de Ré. En août, le site attire beaucoup de visiteurs. Là encore, une arrivée dès l’ouverture permet de monter dans de meilleures conditions et de profiter plus tranquillement des alentours. À proximité, la côte devient plus exposée. Les longues plages et les secteurs rocheux rappellent que l’île ne se limite pas aux ports abrités. Plus au nord, Trousse-Chemise, la Patache et la forêt des Portes-en-Ré composent une autre facette du territoire, plus végétale et plus sauvage.

Profiter de l’île sans subir la foule

L’île de Ré en août n’est pas une destination confidentielle. Les routes, les marchés et les ports sont très fréquentés, notamment autour du 15 août. Cela n’empêche pas d’en découvrir les paysages, à condition d’adapter son rythme. Les premières heures de la journée sont souvent les plus agréables pour circuler, visiter les marchés ou parcourir les marais. La fin d’après-midi permet ensuite de retrouver les ports sous une lumière plus douce, lorsque la chaleur diminue et que les visiteurs à la journée commencent à repartir.
L’intérêt de l’île réside finalement dans cette succession de paysages très proches les uns des autres : un port animé, quelques kilomètres de vignes, un village blanc, puis l’étendue géométrique des marais salants. En août, il suffit souvent de quitter les grands axes et de pédaler quelques minutes pour retrouver un visage plus calme de Ré.

 

 

 

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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.